Alors que l’Europe tente de sortir de la dépendance aux États-Unis, c’est un nouveau réseau social qui tente sa chance face à Facebook, Instagram ou encore TikTok. Epsilon ouvre ses portes en France et promet que les données resteront sur le Vieux Continent. Exit aussi le doomscrolling et tous les autres mécanismes pour pousser à l’engagement.

- Epsilon, nouveau réseau social français, veut proposer une alternative européenne à Facebook, Instagram et TikTok avec des données hébergées en Europe et sans profilage publicitaire.
- Basé sur Mastodon, le service promet de limiter le doomscrolling et les contenus poussés uniquement pour maximiser l’engagement, avec une modération mêlant IA et intervention humaine.
- 1. Lancé le 29 septembre, Epsilon est gratuit et sans publicité au départ, avant l’arrivée fin 2026 d’offres payantes pour les entreprises, collectivités et personnalités publiques.
On le sait, les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou TikTok poussent au maximum à l’engagement avec des mécanismes notamment très néfastes en termes de santé mentale, ou encore le doomscrolling qui consiste à défiler son fil d’actualité sans réussir à s’arrêter.
Tout savoir sur Epsilon, le réseau social européen et souverain
Le pari d’Epsilon est donc ambitieux puisque le réseau social se présente comme une alternative européenne crédible sans reproduire les méthodes délétères des GAFAM qui leur remplissent les poches depuis bien trop longtemps.
C’est donc ce 29 septembre qu’Epsilon est lancé à cette adresse après plusieurs mois de préparation. Stéphane Dubreuil et Thomas Rocafull ont créé ce projet en réponse au fait que les Européens utilisent surtout des plateformes étatsuniennes.
« Nous avons délégué à ces puissances étrangères la gestion de notre démocratie », explique Stéphane Dubreuil, qui évoque toutes les plateformes étrangères, pas forcément que les États-Unis. Le projet a commencé sur les fonds propres des deux cofondateurs.
Sur le papier, Epsilon ressemble à X. Il est possible de publier des messages, de suivre des comptes et de choisir les thèmes qui nous intéressent pour notre fil d’actualité. La différence, c’est au niveau du choix de ce qui apparaît à l’écran.
Un réseau social qui ne repose pas sur le contenu violent
Epsilon promet de ne pas dresser de profil publicitaire et de ne pas revendre les données personnelles. Les informations restent toujours en Europe et le respect du RGPD est aussi au rendez-vous. Le réseau social est réservé aux 16 ans et plus. Impossible en dessous de cet âge d’y accéder.
La plateforme repose sur Mastodon, une technologie ouverte qui permet à un compte Epsilon de suivre des profils sur d’autres services compatibles. Ici, il n’est donc pas question d’être enfermé dans un seul écosystème. Epsilon laisse aussi chacun choisir ses thèmes et ne pousse pas vers les publications qui provoquent le plus de réactions. « Votre attention n’est pas à vendre », promet la plateforme.
Il y a aussi la modération qui se veut bien moins laxiste que Meta ou X qui autorisent les publications haineuses et ne sanctionnent que rarement. À chaque publication, un premier contrôle par IA a lieu, ensuite un humain prend le relais si le contenu a l’air sensible ou que l’algorithme hésite. Stéphane Dubreuil estime que les autres plateformes ont monétisé la violence car les contenus agressifs attirent le clic. Epsilon cherche donc à casser cette logique.
Un modèle économique repensé
Le modèle économique est aussi différent. Epsilon n’affichera pas de publicité et pas d’abonnement dans un premier temps. Mais en fin d’année 2026, la plateforme prévoit une ouverture plus large en Europe et des formules payantes pour les personnalités publiques, les entreprises et les collectivités.
Stéphane Dubreuil évoque aussi une publicité éthique et responsable avec des revenus plus faibles par utilisateur que chez Meta ou X. L’équipe planche aussi sur des outils pour permettre aux créateurs de retrouver leur communauté sur Epsilon.
Toutefois, les fondateurs ne sont pas dupes et savent qu’il n’est pas facile de convaincre de migrer vers un nouveau réseau social. Stéphane Dubreuil admet qu’Epsilon ne pourra pas forcément rivaliser avec les grandes plateformes sur le terrain économique. L’objectif immédiat est plus modeste, celui de créer un espace européen assez attractif pour bâtir une communauté dans le temps.















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