Le Rafale lâche quatre bombes d’une tonne en une seule mission, une première pour la Marine nationale

La Marine nationale a validé un tir de quatre bombes d’une tonne avec deux Rafale Marine. Chaque chasseur emportait deux Armements Air-Sol Modulaires de 1 000 kg, l’AASM 1000. Les 6 et 7 juillet, les deux appareils ont visé une cible installée au large de Karavia. Ce site grec sert de zone d’entraînement.

Sommaire
Rafale Marine nationale bombe
© Dassault Aviation
  • La Marine nationale a validé un tir inédit de quatre bombes AASM 1000 avec deux Rafale Marine, soit deux bombes d’une tonne par avion.
  • L’essai, mené au large de Karavia en Grèce, confirme une nouvelle capacité lourde pour les Rafale au standard F4.
  • Ce tir clôt une mission de 166 jours du Charles de Gaulle, marquée par plus de 40 000 milles nautiques et 3 400 catapultages.

L’armée française double donc la charge lourde par avion. L’essai a eu lieu pendant le retour du porte-avions Charles de Gaulle. Ce bâtiment rentrait du golfe d’Oman, où son groupe aéronaval a soutenu une mission pour rouvrir le passage maritime d’Ormuz. Ce déploiement prolongeait le rôle des Rafale face aux drones iraniens dans la région.

Une première pour la Marine nationale lors de cette opération

Le champ de tir grec se trouvait presque sur cette route de retour. Le groupe aérien embarqué a saisi cette occasion, épaulé par le Centre d’expérimentations pratiques de l’aéronautique navale. « Une première qui permet de valider une nouvelle capacité opérationnelle », a résumé la Marine nationale. Les deux Rafale Marine portaient chacun deux AASM 1000, une nacelle de désignation Talios, avec deux missiles air-air MICA et deux bidons. Les quatre bombes larguées ont toutes atteint leur objectif.

Le Rafale Marine affiche une masse à vide proche de dix tonnes. Il compte treize points d’emport, dont cinq renforcés pour les charges lourdes ou les réservoirs. Cette double charge d’une tonne montre la marge offerte par la cellule du Rafale, que muscleront encore le radar et le moteur du Rafale F5.

L’AASM 1000 associe un corps de bombe d’environ une tonne à un module de guidage et à un kit d’allonge. Safran a développé cette arme. Elle a été qualifiée sur Rafale en 2023, avant son entrée en service l’an dernier avec le standard F4.

Seul le Rafale porté à ce standard peut la mettre en œuvre. L’avion en emporte jusqu’à trois, une sous chaque aile et une en position ventrale. Cette portée grandira encore avec le calendrier du Rafale F5 attendu pour 2033. Ce tir prolonge un premier essai mené en décembre, lors du stage de mise en condition avant la mission. Le Charles de Gaulle a alors catapulté deux Rafale Marine depuis une zone entre la Provence et la Corse.

Le Rafale fait figure de fierté nationale pour la France

Le premier servait de ravitailleur en vol, le second portait une seule bombe d’une tonne sous le ventre. Ce second appareil a détruit une cible flottante à Karavia, à près de 2 000 kilomètres du porte-avions. Un ravitaillement au-dessus du sud-est de l’Italie a rendu ce raid possible.

Rafale Marine nationale bombe
© Dassault Aviation

Cet armement complète un Rafale déjà éprouvé au combat. Dans le Golfe, des Rafale de l’armée de l’Air ont intercepté des drones iraniens pendant six semaines. Le coût de ces tirs a marqué les esprits, comme l’a montré le prix des missiles lancés contre ces drones.

Ce chasseur cumule les théâtres d’opération, du Proche-Orient à la mer Noire. Cette polyvalence bénéficie aussi l’exportation, pendant que Dassault négocie la vente du Rafale au Vietnam en Asie du Sud-Est. Le succès de juillet clôt une mission hors norme.

Retour sur le porte-avions Charles de Gaulle

Le porte-avions a rallié Toulon le 11 juillet, après 166 jours en mer et plus de 40 000 milles nautiques. Cette mission La Fayette 26 compte parmi les plus longues depuis l’entrée en service du navire en 2001. Une endurance qui illustre les moyens que réclame le futur programme d’avion de combat français.

Le 27 janvier, le porte-avions a quitté Toulon pour l’exercice Orion, puis un déploiement en Atlantique Nord et en Baltique face à la Russie. En mars, il a filé vers la Méditerranée orientale après des tirs de drones iraniens sur Chypre.

Le navire a ensuite franchi le canal de Suez le 6 mai, direction la mer d’Arabie. La trêve du 17 juin entre l’Iran et les États-Unis a permis à Emmanuel Macron d’ordonner le retour du bâtiment. Ces six mois de mer ont donné 3 400 catapultages et environ 5 000 heures de vol. 

Le porte-avions repartira sous dix jours pour qualifier de jeunes pilotes. Cette intensité prépare la flotte à la montée en puissance promise par le plan B du super-Rafale présenté par Dassault.

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