Rafale F4 : l’Inde obtient un transfert de technologie inédit, voici ce que Dassault va lui laisser produire

L’Inde construira 96 des 114 Rafale F4 et la France accepte le transfert de technologie. Les deux pays se sont entendus sur un partage de technologies autour du plus gros contrat d’exportation de Dassault Aviation.

Sommaire
rafale f4 inde dassault
© Dassault Aviation
  • L’Inde va construire 96 des 114 Rafale F4 sur son sol, dans le cadre d’un contrat géant estimé à environ 33 milliards d’euros.
  • Paris accepte un transfert de technologies sur le moteur, la cellule et l’avionique, mais le code source du Rafale reste exclu.
  • Ce contrat renforcerait l’Inde comme premier client Rafale hors de France et aiderait Dassault à financer le Rafale F5.

Sur ces 114 Rafale F4, 96 sortiront de chaînes indiennes avec de la main-d’œuvre locale. Le programme Make in India, porté par Narendra Modi, premier ministre indien, encadre ce montage. La signature entre les deux gouvernements est attendue d’ici la fin de l’été.

L’Inde obtient ce qu’elle voulait, Dassault accepte un transfert de technologie majeur du Rafale F4

Il s’agit du programme MRFA, pour Multi-Role Fighter Aircraft. L’Inde construira 96 des 114 Rafale F4 sur son sol. En février 2026, le Conseil d’acquisition de la défense indien a validé l’achat. Le contrat pèse 3 250 milliards de roupies, environ 33 milliards d’euros.

Certaines révisions gouvernementales indiennes poussent la note à 3 600 milliards de roupies. Dassault Aviation assemblera seulement les 18 premiers Rafale F4 en France. Le dossier bloquait depuis des mois sur l’accès au logiciel du Rafale, une exigence de New Delhi.

New Delhi réclamait le Document de Contrôle d’Interface, connu sous le sigle ICD. Ce document décrit la façon dont le calculateur de mission dialogue avec les capteurs et les points d’emport. Il faut dire que l’Inde a mesuré le coût de sa dépendance.

Chaque ajout d’armement sur ses 36 premiers Rafale passait par Dassault Aviation. On parle de l’Astra, du Rudram antiradar, du BrahMos de croisière. Chaque intégration coûtait cher et traînait en longueur. Un fournisseur étranger garde la main sur l’évolution d’une flotte, comme l’a montré un blocage étasunien sur une vente de Rafale.

Paris se dit à l’aise avec un partage de technologies. Le transfert couvrirait le moteur, la cellule et l’avionique. Rajesh Kumar Singh, secrétaire à la Défense indien, réclame une part locale de 50 %.

Mais le code source ne sera pas partagé avec New Dehli

Sauf que voilà, le code source reste hors de portée. Dassault Aviation tient la même ligne sur l’architecture verrouillée du Rafale F5, pensée pour la mission nucléaire. Une crainte française porte sur le missile BrahMos, conçu avec la Russie. Des ingénieurs russes approcheraient les protocoles de l’avion par ce chemin. Moscou pousse d’ailleurs son Su-57E, avec un accès total au code promis.

Pour rappel, l’Inde exploite déjà 36 Rafale au standard F3R. En 2016, cette commande a coûté 7,87 milliards d’euros. En 2025, la marine indienne a signé pour 26 Rafale Marine. En 2007, un appel d’offres portait déjà sur 126 chasseurs moyens. Ce marché a capoté et a laissé la place à l’achat de 36 avions.

La flotte indienne grimperait à 176 appareils une fois les 114 Rafale F4 réceptionnés. New Delhi discute même de 24 exemplaires du futur standard, détaillé dans les nouveautés du Rafale F5. Cette commande ferait de l’Inde le premier utilisateur du Rafale hors de France.

Mais ce n’est pas tout, l’industrie indienne monte déjà en puissance sur le Rafale. À Hyderabad, Tata Advanced Systems fabrique des tronçons de fuselage. Cette chaîne est la première hors du territoire français.

Et pour cause, New Delhi conditionne chaque grand contrat d’armement à une production locale. Safran Aircraft Engines installe dans la même ville un atelier de révision du moteur M88. En février 2027, ce centre ouvrira ses portes. Le partenaire industriel des 96 avions reste inconnu, entre Hindustan Aeronautics Limited et Tata Advanced Systems.

L’Inde s’arme comme jamais face à la situation géopolitique

Un autre marché circule en parallèle dans la presse indienne, appelé Bridge Support Package. Ce contrat de cinq mois couvre pièces, réparations et assistance technique pour les 36 Rafale en service. Le 18 septembre 2026, le paquet de soutien de dix ans signé en 2016 arrive à échéance.

Résultat, l’Indian Air Force a lancé un appel d’offres pour tenir l’intervalle. En gros, ce relais logistique porte sur 2 250 heures de vol et prépare un accord de soutien à la performance. L’appel d’offres énumère les 36 appareils, ce qui contredit les affirmations pakistanaises sur des Rafale détruits.

L’Indian Air Force aligne 30 à 32 escadrons de chasse pour un besoin officiel de 42. Bref, New Delhi cherche du volume, et vite. À partir de 2030, les premières livraisons sont attendues.

En clair, l’exportation finance le Rafale alors que la France prépare seule son chasseur de sixième génération. Dassault Aviation a besoin de ce contrat pour porter le financement du Rafale F5, abandonné par les Émirats arabes unis. Le carnet de commandes de l’avionneur dépasse déjà 46 milliards d’euros.

Réagissez à cet article !

Un avis, une expérience, un désaccord ? La discussion est ouverte.