L’armée française change sa façon de faire la guerre, les robots passent devant les soldats

L’armée de Terre envoie des robots au front à la place de ses soldats. Les élèves officiers apprennent à faire monter le robot en première ligne quand le groupe se met à couvert. À Sissonne, dans l’Aisne, le centre d’entraînement aux actions en zone urbaine sert de terrain d’essai à ces prototypes. La première unité de combat robotisée française arrive dans un an.

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© Capture d’écran LCI (upscale via IA)
  • L’armée de Terre teste des robots terrestres pour envoyer les machines en première ligne à la place des soldats.
  • À Sissonne, les prototypes servent à la reconnaissance, au transport de matériel, à l’évacuation des blessés et à l’appui-feu.
  • Le programme Pendragon doit créer une unité robotisée en 2027, avec une quinzaine de robots et une soixantaine de drones.

Ces robots terrestres restent des prototypes. Les élèves officiers de l’armée de Terre travaillent leur emploi tactique, de la reconnaissance jusqu’au tir de riposte. Nicolas, futur chef de section à l’école de l’infanterie, résume la logique du robot au contact. « Au lieu d’affréter un véhicule avec des personnels et prendre un risque, on envoie un robot », explique-t-il au micro de LCI. On parle charger du matériel sur l’engin et de le faire rouler vers l’unité déjà engagée.

Des robots éclaireurs face aux drones dangereux pour les soldats

Les drones surveillent les troupes au sol en permanence, puis frappent. Résultat, les chances de survie des troupes diminuent fortement dès qu’un groupe est à découvert. Le robot part donc en éclaireur à la place des soldats.

Frédéric, caporal-chef au 94e régiment d’infanterie et à sa section exploratoire robotique, décrit un robot « capable de délivrer un appui-feu vachement plus conséquent ». L’armée des États-Unis a fait le même choix avec les robots envoyés devant les soldats lors d’un exercice au Maroc.

En 2021, l’armée de Terre a créé cette section exploratoire robotique au centre de Sissonne, dans le cadre du projet Vulcain. La section aligne douze militaires, en relation directe avec les fabricants des engins.

Le centre compte un réseau de 400 mètres de galeries sur deux niveaux, où les engins se frottent au combat souterrain. On parle du robot SRMO pour la reconnaissance, et de la Mule, qui porte jusqu’à 700 kilos et extrait les blessés sous le feu.

Romain dirige le bureau entraînement du centre et veut « savoir si ce que développent les industriels correspond au besoin que l’on a en tête ». Ces rotations permettent donc de trier les prototypes autant qu’à former les unités.

La France lancera ses premiers robots dans un an

Il faut dire que l’armée de Terre expérimente depuis des années sans commander de masse. Le défi CoHoMa, organisé depuis 2022 avec le Battle Lab Terre, met entreprises, écoles d’ingénieurs et laboratoires en exercice. Le scénario ? La prise d’un objectif défendu.

En mars 2025, l’armée de Terre a lancé le programme Pendragon. À l’été 2027, cette unité de combat robotisée sera prête. On parle d’une quinzaine de robots terrestres et d’une soixantaine de drones, sous les ordres d’un capitaine.

L’IA répartit ensuite les tâches entre robots et drones, quand la mission est décidée. En janvier 2026, l’armée a testé le robot Hermione à hydrogène, à Saint-Cyr Coëtquidan. Les industriels proposent aussi de vieux chars AMX-30 transformés en robots.

L’Ukraine sert de laboratoire pour les robots terrestres. Depuis janvier 2026, ses robots ont mené plus de 50 000 missions de logistique et d’évacuation. En janvier, le compteur affichait 7 500 missions mensuelles. En mai, il dépassait 14 000 missions.

Des vies sauvées grâce à ces robots en première ligne

Le nombre d’unités équipées a presque doublé sur la même période, de 117 à 230. Les fabricants se regroupent autour de la plateforme ukrainienne Brave1, avec plus de 280 entreprises recensées. Au premier semestre 2026, Kiev a commandé 25 000 robots terrestres, deux fois le total de 2025.

Mais ce n’est pas tout, ces robots changent le rapport au risque. Ils assurent 90 % de la logistique de première ligne dans certains secteurs. L’état-major ukrainien chiffre à 30 % la baisse des pertes humaines grâce à ces robots. Et pour cause, un blessé évacué par des humains mobilise un médecin et deux porteurs sous les drones adverses.

Source : LCI

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