Le patron d’Airbus Defence and Space écarte l’effondrement total du SCAF malgré la crise avec Dassault Aviation. Michael Schoellhorn affirme que deux composants du programme franco-allemand survivront, même sans avion de combat commun. Le patron d’Airbus attend une décision politique avant le salon aéronautique ILA de Berlin, qui ouvre le 10 juin 2026.

- Airbus estime que le SCAF peut survivre même si le chasseur commun avec Dassault Aviation échoue, grâce au cloud de combat et aux drones d’accompagnement.
- Le blocage reste total sur le New Generation Fighter, avec Dassault Aviation qui réclame la maîtrise d’œuvre complète et Airbus qui refuse un rôle secondaire.
- Michael Schoellhorn soutient désormais l’idée de deux chasseurs distincts dans un système commun, avec une décision politique attendue avant le salon ILA de Berlin le 10 juin 2026.
Selon Michael Schoellhorn, deux piliers du programme avancent sans accroc. Le premier porte sur le cloud de combat, un réseau numérique qui partage les données du champ de bataille en direct entre les avions, les capteurs et les centres de commandement. Le second concerne les drones d’accompagnement. Des appareils sans pilote qui escortent les chasseurs et démultiplient leurs capacités.
Le SCAF survivra en partie, affirme le patron d’Airbus Defence and Space
« Nous ne parlons pas beaucoup des autres piliers parce qu’ils fonctionnent bien », a reconnu Guillaume Faury, directeur général d’Airbus. Le projet de drone Wingman, présenté au précédent salon de Berlin, montre que cette partie du SCAF qui ne bloque pas.
Le blocage concerne le chasseur lui-même. Michael Schoellhorn parle de divergences « infranchissables pour le moment » entre Airbus et Dassault Aviation sur l’avion de nouvelle génération. Dans le programme SCAF, le New Generation Fighter concentre tout le conflit sur la maîtrise d’œuvre.

Dassault Aviation réclame le contrôle total de la conception. Airbus, qui porte les intérêts allemands et espagnols, refuse ce rôle de second plan. En mars 2026, Éric Trappier avait prévenu que le projet serait mort si Airbus refusait toujours de travailler avec l’avionneur français.
Sauf que voilà, Michael Schoellhorn ne ferme pas la porte à une issue. Le patron d’Airbus se dit prêt à soutenir une solution à deux avions distincts si le chasseur unique est impossible. « Si la solution ne peut pas être un chasseur unique, alors je soutiens une solution à deux chasseurs », a-t-il déclaré. Michael Schoellhorn pose toutefois une limite.
L’Allemagne ne peut pas porter seule un programme aussi lourd. Cette position rejoint celle du syndicat IG Metall, qui pousse Berlin vers un chasseur national mais redoute aussi un projet national trop coûteux.
Le temps presse pour Airbus face aux retards
Il faut dire que le calendrier presse Airbus de clarifier sa position. Les ministères de la défense français et allemand travaillent sur la marche à suivre. Michael Schoellhorn espère une décision politique avant l’ouverture du salon ILA de Berlin, le 10 juin 2026.
Ce rendez-vous réunit les industriels du secteur et fixe une échéance symbolique pour trancher. Pour rappel, Emmanuel Macron continue d’affirmer que le SCAF n’est pas mort, alors que la France a déjà dépensé 1,8 milliard d’euros sans qu’un seul avion n’ait décollé.
La médiation de la dernière chance n’a rien donné. Le 18 avril 2026, la médiation entre Dassault Aviation et Airbus a échoué selon le quotidien allemand Handelsblatt. Les deux médiateurs nommés par Paris et Berlin ont rendu des conclusions séparées. Le médiateur allemand a tranché qu’un avion commun n’est plus possible.
Quelles solutions en cas d’échec du SCAF ?
Quelques semaines avant, Michael Schoellhorn avait accusé Dassault Aviation de sabotage dans une lettre à Emmanuel Macron. « L’avenir du NGF est aujourd’hui difficile à envisager, la confiance s’est évanouie« , écrivait le patron d’Airbus au président de la République.

Michael Schoellhorn relativise pourtant la portée d’un échec sur le chasseur. Selon lui, deux avions distincts dans un système commun ne seraient « pas la fin du monde ». Le patron d’Airbus rappelle que le contexte a changé depuis le lancement du programme. La guerre en Ukraine a transformé les besoins militaires et la cadence des évolutions ne tolère plus les cahiers des charges fixes sur 15 ou 20 ans.
En clair, Airbus défend l’architecture d’ensemble du SCAF mais accepte de revoir la partie avion. Pendant ce temps, Dassault Aviation prépare ses propres réponses, du Rafale F5 attendu pour 2030 au démonstrateur spatial VORTEX bâti avec l’Espagne et l’Italie. La France garde donc une option de repli, loin du cadre franco-allemand qui n’aboutit jamais. Reste à savoir si la décision politique attendue avant le 10 juin 2026 sauvera vraiment les deux piliers défendus par Airbus.
Source : Reuters
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