Le chancelier allemand Friedrich Merz monte au créneau pour sauver le SCAF. Le 27 mars 2026 lors d’une conférence de presse avec le quotidien FAZ, il a déclaré que « le futur de l’industrie allemande est en jeu ». Deux médiateurs ont été nommés pour faire avancer ce dossier qui coince.

Pour le leader allemand, cette industrie « dépend fortement du secteur de la défense ». Friedrich Merz dit qu’il se battra « jusqu’au dernier moment » pour sauver le SCAF. Et ça commence dès maintenant avec deux médiateurs, un français et un allemand, nommés. Leur mission ? Trouver des solutions d’ici la fin du mois d’avril.
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L’Allemagne croit encore au SCAF et nomme deux médiateurs
Le SCAF est le programme de défense le plus cher de l’histoire européenne. On parle de 100 milliards d’euros de budget pour la défense aérienne du Vieux continent. La France, l’Allemagne et l’Espagne financent la conception d’un avion de combat de sixième génération, de drones collaboratifs et d’un cloud de combat.
Le but est de remplacer le Rafale et l’Eurofighter à l’horizon 2040. Sauf que voilà, le programme est en crise ouverte depuis des mois. Le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, accuse Airbus de torpiller le SCAF. Pire encore, il estime que le programme « mort » si l’avionneur européen refuse de coopérer. Airbus Defence and Space refuse le rôle de simple exécuteur sur ce chantier de chasseur de nouvelle génération. Le dialogue est rompu depuis 2021.

La nomination de deux médiateurs est un aveu d’échec. Plus personne ne croit à la gouvernance normale du programme. Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont lancé une « mission de rapprochement » lors du sommet européen de Bruxelles, le 19 mars. Les deux dirigeants se sont rencontrés la veille en tête-à-tête.
Le résultat, sans surprise, c’est un énième report. En clair, Dassault Aviation et Airbus ont jusqu’à mi-avril 2026 pour trouver un accord. Passé cette date, Berlin boucle son budget fédéral et ne peut plus laisser des milliards gelés sur un programme au point mort.
Le fond du problème est militaire, Friedrich Merz l’a rappelé en février. Berlin « n’a pas besoin du même avion que la France ». La France demande un chasseur capable de porter l’arme nucléaire et d’opérer depuis son nouveau porte-avions. L’Allemagne n’a pas d’arme nucléaire ou de porte-avions.
Bref, ce sont deux cahiers des charges totalement différents. D’où ce blocage franco-allemand qui s’enlise. Quand Emmanuel Macron et Angela Merkel ont lancé le programme en 2017, personne ne s’est concentré sur ce point. Et le bilan financier est déjà lourd. La France a englouti 1,8 milliard d’euros d’argent public sur le SCAF sans qu’un seul avion n’ait volé. Quant à la Phase 2 du démonstrateur en vol, elle n’a toujours pas de contrat.
En Allemagne, plus personne ne croit au SCAF
Friedrich Merz dit se battre pour le SCAF. Mais en Allemagne, tout le monde pousse vers la sortie. Lesyndicat IG Metall et le comité d’entreprise d’Airbus Deutschland rejettent toute médiation avec Dassault Aviation.
Thomas Pretzl, président du comité d’entreprise, exige que Berlin « garantisse la souveraineté aérienne de l’Allemagne sans dépendre d’un constructeur français« . Le PDG d’Airbus Defence and Space Michael Schoellhorn estime que « deux avions séparés seraient une option viable ». Les industriels et les syndicats allemands ont déjà tourné la page.
Friedrich Merz joue sa crédibilité. L’industrie de défense allemande pèse des dizaines de milliards d’euros et emploie des centaines de milliers de personnes. Alors perdre un programme de cette taille aurait des conséquences politiques. C’est aussi une question européenne.
C’est aussi une question européenne puisque l’Allemagne a déjà questionné le programme, la Belgique s’est éloignée et l’Espagne reste prudente. Theo Francken, ministre belge de la Défense, a écrit sur X que « le SCAF est mort ». Si le programme tombe, c’est la coopération de défense franco-allemande qui prend un coup.
Friedrich Merz a aussi confirmé que l’État allemand entre au capital de KNDS. Ce constructeur franco-allemand de chars produit le Leopard 2 et le Leclerc. Berlin investit dans la défense terrestre alors que le volet aérien est au point mort. Par exemple, le char dans le cadre du projet MGCS pour Main Ground Combat System entre dans une phase décisive.
L’Inde, la solution pour sauver le SCAF ?
Et puis il y a le plan B français. L’Inde discute avec Paris pour un partenariat si le SCAF s’effondre, sachant que New Delhi partage les besoins de la France sur un avion nucléaire embarquable. L’Indian Air Force a confirmé son intérêt pour le SCAF ou le GCAP au Parlement indien. Si l’Allemagne sort, la France ne restera pas seule.

Conclusion, les deux médiateurs ont moins d’un mois pour réconcilier Dassault Aviation et Airbus. Personne dans l’industrie n’a l’air d’y croire et il est fort possible que le SCAF soit enterré. Ou alors, il prendra une autre forme. La mi-avril approche et nous dira si le programme le plus cher de la défense européenne restera en place.
- Friedrich Merz a annoncé le 27 mars 2026 la nomination de deux médiateurs, un français et un allemand, pour tenter de débloquer le SCAF d’ici fin avril.
- Le programme est en crise ouverte, avec un affrontement entre Dassault Aviation et Airbus sur la gouvernance et sur les besoins militaires très différents de la France et de l’Allemagne.
- En Allemagne, de plus en plus de voix considèrent le SCAF comme condamné, ce qui met en jeu l’avenir du plus grand programme de défense aérienne européen.
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