Le « refund » explose chez les jeunes et les plateformes de e-commerce ne savent plus quoi faire. Le principe est simple. Un acheteur commande un article en ligne, le reçoit, déclare ne jamais l’avoir eu, se fait rembourser et revend la marchandise.

On parle de remboursements frauduleux qui rapportent jusqu’à 30 000 euros en six mois selon certains témoignages. Et pour cause, la pratique se répand comme une traînée de poudre sur TikTok et Telegram où des réseaux entiers s’organisent.
C’est quoi le « refund », cette nouvelle arnaque à la mode ?
Il faut dire que le « refund » n’est pas une arnaque nouvelle. La technique existe depuis des années sur les plateformes de e-commerce. Sauf que voilà, les réseaux sociaux ont changé la donne. Des vidéos qui expliquent comment frauder circulent librement. Des prestataires proposent même de gérer le processus de remboursement contre une commission. Bref, c’est devenu un business.
Certains jeunes interrogés en 2024 expliquaient revendre des chaussures pour des bénéfices qui atteignent 1 000 euros par semaine. L’avocat Antoine Chéron, spécialisé dans le numérique, décrit le « refund » comme le fait de se faire rembourser des produits achetés en ligne sans les retourner. Certains renvoient aussi des articles factices ou abîmés volontairement. Le « refund » va au-delà du simple retour abusif. C’est une escroquerie organisée.
Mais alors comment ça fonctionne dans le détail ? Les fraudeurs utilisent de fausses identités pour créer des comptes sur des sites connus. La logique est mathématique. Un compte avec un historique de commandes propre qui signale un problème pour la première fois a toutes les chances d’être remboursé sans vérification. Les plateformes préfèrent rembourser que de perdre un client.
Les « refunders » exploitent cette faiblesse à fond. Certains fraudeurs commandent sur des sites où le taux de litige est très bas, autour de 1 %. Le remboursement passe comme une arnaque au phishing bien ficelée qui mise sur la confiance de la cible.
Les plateformes tentent de réagir face au phénomène
Résultat, les grandes plateformes réagissent. Amazon a renforcé ses algorithmes pour détecter les remboursement suspects. Les retours sont analysés de plus en plus finement. Mais le problème reste profond. Les « refunders » s’adaptent en permanence et changent de comptes, de méthodes et de plateformes. C’est le même jeu du chat et de la souris que celui des pirates qui volent des identifiants en masse pour les revendre sur le darknet. Les fraudeurs ont toujours un temps d’avance.
Pourtant, les risques sont très concrets. Le « refund » est une escroquerie au sens du Code pénal. Les fraudeurs risquent tout simplement 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende. Les personnes qui font la promotion de cette technique sur TikTok ou YouTube risquent d’être poursuivis pour complicité. Rappelons que les autorités ne plaisantent pas avec les escroqueries en ligne et que les sanctions tombent de plus en plus souvent. Des « refunders » se sont déjà fait rattraper avec des amendes très salées.
Sur le papier, ces risques ont de quoi freiner les escrocs. Mais en vrai, les jeunes qui pratiquent le « refund » ne sont pas impressionnés. Certains se cachent derrière de fausses identités et expliquent que les plateformes ne prennent pas la peine de vérifier les retours.
Des risques judicaires pourtant réels pour les escrocs
D’autres ne vivent pas en France et se sentent hors de portée de la justice française. Le sentiment d’impunité est total. Les arnaques par IA qui trompent la modération de Vinted montrent que les plateformes ne sont pas prêtes à lutter contre des fraudeurs qui utilisent des outils de plus en plus sophistiqués.
Bref, le « refund » est un symptôme d’un problème bien plus large. Les fuites de données qui frappent la France fournissent aux fraudeurs des identités toutes faites pour créer de faux comptes. Les réseaux sociaux leur offrent une vitrine pour recruter de nouveaux complices. Les plateformes de e-commerce préfèrent rembourser que perdre du chiffre d’affaires. Et la justice met du temps à rattraper des fraudeurs qui opèrent derrière des écrans.
Le cercle vicieux est en place. Le « refund » n’est pas un petit délit. C’est une escroquerie passible de prison. Les plateformes ont la responsabilité de durcir leurs contrôles et les réseaux sociaux de supprimer les contenus qui font la promotion de ces pratiques. En attendant, les arnaques ne s’arrêtent pas.
- Le « refund » consiste à se faire rembourser un achat en ligne sans retourner le produit, puis à revendre la marchandise.
- La pratique explose sur TikTok et Telegram, avec des réseaux et des prestataires qui gèrent les remboursements contre commission.
- Le « refund » est une escroquerie, avec jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende.
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