La France pourrait se tourner vers les États-Unis pour remplacer ses lance-roquettes unitaires (LRU). Et cela, alors même que deux industriels français sont en train de développer des systèmes indépendants des Américains. Une décision qui pourrait relancer le débat sur la souveraineté militaire.

- La France pourrait choisir des lance-roquettes américains, malgré deux solutions françaises.
- Les projets français sont encore en développement, tandis que les systèmes américains sont opérationnels et déployés au combat.
- La décision du ministère des Armées est attendue à l’été 2026.
Le remplacement des lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée française s’accélère et devient un enjeu stratégique majeur. Alors même que deux solutions françaises sont toujours en développement, le ministère des Armées pourrait malgré tout se tourner vers l’équipement américain. Si la décision doit être annoncée au cours de l’été 2026, cela pose une nouvelle fois des questions autour de la souveraineté européenne tandis que d’autres projets comme le SCAF sont en grandes difficultés. D’autant plus que beaucoup de projets français ont connu, par la suite, de grands succès commerciaux (comme le Rafale ou le canon Caesar).
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Une capacité critique à remplacer rapidement
Les LRU français, en service depuis plusieurs années, arrivent en fin de cycle. Ils doivent être remplacés à l’horizon 2027, date à laquelle l’équipement actuel risque d’être obsolète. Ce système d’artillerie longue portée est considéré comme essentiel dans les conflits de haute intensité.

Mais comme toujours différents éléments entrent en jeu au moment de la décision, comme le rappelle Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants de France. Il faut que le remplaçant soit efficace et capable de livrer rapidement le matériel. De même, il ne faut pas oublier un facteur essentiel : le prix. C’est pour cela que des solutions étrangères sont envisagées alors que des entreprises françaises développent des projets qui permettraient à la France de rester souveraine.
Deux solutions françaises dans la compétition
Tout d’abord, évoquons les solutions développées par des entreprises françaises. Dans le cadre du projet FLP-T (Frappe Longue Portée Terrestre), on retrouve deux propositions.
- Un système porté par Safran et MBDA
- Un autre développé par ArianeGroup et Thales
Commençons par détailler le projet de Safran et MBDA. Comme nous vous l’avions déjà indiqué dans nos colonnes, le consortium a réussi à développer le système Thundart en seulement 18 mois. Ce modèle est capable d’embarquer huit roquettes et de se déplacer à plus de 80 km/h. L’avantage est de pouvoir frapper rapidement une cible tout en changeant souvent de position. Hugo Coqueret, responsable du combat terrestre chez MBDA, a déclaré : « Thundart est le premier et seul système souverain de frappe dans la profondeur à avoir réalisé un tir de démonstration qui a été une grande réussite ».

Néanmoins, ce n’est plus le seul projet. En effet, ArianeGroup et Thales ont réussi une semaine plus tard le lancement d’un missile balistique d’une portée de 2500 km. Autre avantage de ce système, « la capacité à livrer rapidement et à monter en cadence », comme l’indique Vincent Pery, directeur des programmes chez Ariane. Comme dit précédemment, il s’agit de l’un des critères de sélection pour les armées françaises.
Une option américaine de plus en plus crédible
Malgré tout, la France n’écarte pas la possibilité de se fournir à l’étranger. On évoque, entre autres, les K239 Chunmo sud-coréens, mais la solution qui semble la plus crédible reste les Himars de Lockheed Martin. Ces derniers ont beaucoup fait parler d’eux avec la guerre en Ukraine. Cela leur donne également un avantage : ils ont été utilisés sur le terrain et lors d’un conflit à haute intensité.
C’est clairement un facteur avantageux pour l’offre américaine, mais il y a d’autres éléments à ne pas oublier. En effet, les livraisons d’Himars prennent déjà du retard auprès des pays qui se sont tournés vers ce système. On peut donc clairement se demander si Lockheed Martin serait capable de livrer en temps et en heure ses lance-roquettes unitaires (LRU) à l’armée française.
Rappelons que pour le moment aucune décision n’a été prise. L’armée française doit rendre son verdict au cours de l’été 2026. Néanmoins, on ne peut que souhaiter que cette dernière va se tourner vers une solution nationale. En effet, ce serait le choix le plus logique quand l’on sait que le président de la République et la majorité des politiques prônent pour une souveraineté européenne en matière d’armement. Dernièrement, profitons-en pour rappeler que, par le passé, les États-Unis ont déjà bloqué la vente de Rafale. La souveraineté est un élément essentiel pour la défense d’un pays.
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Source : BFM
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