L’armée française a réussi à abattre un drone avec le canon de 120 mm d’un char Leclerc. La gouverneur militaire de Strasbourg, commandant de la 2e brigade blindée, a confirmé que l’essai s’est déroulé à Abou Dabi lors de tirs réels.

- L’armée française a réussi à abattre un drone avec le canon de 120 mm d’un char Leclerc lors d’un essai à Abou Dabi.
- Le char a utilisé un obus OEFC F1 de KNDS France, capable de projeter 1 100 billes de tungstène pour créer un cône de projectiles contre la cible.
- L’armée parle d’une capacité anti-drone opportuniste, utile en urgence contre les drones FPV, quadricoptères et munitions rôdeuses, mais pas d’un remplacement à une vraie défense sol-air.
Le char a utilisé un obus de 120 mm qui projette un nuage de billes de tungstène contre la cible aérienne. Cette manœuvre répond à une menace centrale depuis la guerre en Ukraine. Celle des drones bon marché qui détruisent des blindés qui coûtent des millions d’euros.
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Le char Leclerc tire 1 100 billes de tungstène pour détruire un drone en plein vol
Pour rappel, le char engagé appartient au 5e régiment de cuirassiers. Depuis juin 2016, cette unité est stationnée à Zayed Military City, aux Émirats arabes unis. L’essai utilise l’obus OEFC F1, un obus à effet canalisé développé par KNDS France. On parle de 1 100 billes de tungstène libérées à 1 410 mètres par seconde dès la sortie du canon.
Au lieu de viser le drone avec une précision parfaite, le char crée un cône de projectiles qui balaie la trajectoire prévue de l’engin. La portée pratique atteint 500 mètres. Le principe ressemble à celui d’un énorme fusil à pompe.
Il faut dire que cette capacité ne sort pas de nulle part. L’essai relève du Commandement du combat futur. Cette structure a été créée le 1er août 2023 pour accélérer l’adaptation de l’armée de terre aux nouvelles menaces. Elle rend compte directement au chef d’état-major de l’armée de terre et est placée sous le commandement du général de corps d’armée Bruno Baratz.
Elle a fusionné plusieurs entités, dont le Battle Lab Terre et la section technique de l’armée de terre, en une seule organisation chargée de l’expérimentation et de l’adaptation doctrinale. L’objectif consiste à déterminer si des chars et des munitions déjà en service ont un rôle secondaire contre les drones sans modification.
Le char Leclerc est capable de se défaire des drones
Et pour cause, les conditions de tir à Abou Dabi ont volontairement dépassé ce que l’armée française a observé en Ukraine et au Proche-Orient. Les essais ont intégré des trajectoires perpendiculaires, des approches erratiques, des cibles plus petites et des altitudes d’engagement plus élevées.
Une approche perpendiculaire complique fortement le tir, car la vitesse angulaire de la cible par rapport à la ligne de visée stresse la rotation de la tourelle, la stabilisation et le calcul d’anticipation. Une approche frontale reste bien plus simple, puisque le drone entre naturellement dans le cône de projectiles après la sortie du canon.
Mais ce n’est pas tout puisque le Leclerc a déjà les caractéristiques utiles à ce type de tir. La rotation rapide de la tourelle, la stabilisation complète du canon et l’architecture de conduite de tir avancée donnent au char une bonne précision au premier coup.

Le facteur décisif reste la dispersion de l’obus, qui tolère une erreur de visée importante et conserve une probabilité de toucher correcte contre une cible qui manœuvre. Résultat, l’OEFC F1 augmente nettement les chances d’interception face à une mitrailleuse de 7,62 mm ou de 12,7 mm, car le nuage de projectiles compense le temps de réaction de l’équipage.
En 2016, le 5e régiment de cuirassiers a remplacé la 13e demi-brigade de Légion étrangère comme formation française permanente aux Émirats arabes unis. Depuis 2024, le régiment relève de la 2e brigade blindée, dont l’état-major se trouve à Strasbourg. Son parc compte 16 chars Leclerc, 14 VBL, 14 VBCI et cinq canons CAESAr de 155 mm.
Mais un char moins efficace qu’un système anti-aérien dédié
L’unité sert aussi de centre d’entraînement au combat en zone désertique pour les déploiements français dans le Golfe. En août 2021, lors de l’opération Apagan, le régiment a participé à l’évacuation de 2 834 personnes depuis l’aéroport de Kaboul. Son implantation au Proche-Orient l’a exposé aux menaces de drones plus tôt que la plupart des formations métropolitaines.
Sauf que voilà, ce concept ne remplace pas un système anti-aérien dédié. L’élévation du canon reste limitée, car le char a été conçu pour le combat horizontal et pas pour le tir vertical comme le Gepard allemand. La quantité de munitions est faible face à un système à canon automatique. Et le rechargement reste plus lent qu’une arme antiaérienne automatique. Chaque obus OEFC F1 coûte aussi bien plus cher qu’une munition anti-drone classique.
L’armée française parle d’une « capacité anti-drone opportuniste ». Il s’agit d’une mesure d’autodéfense d’urgence et pas d’un substitut à une vraie défense sol-air rapprochée. Les cibles concernées restent les drones FPV, les quadricoptères et les munitions rôdeuses qui opèrent près du véhicule.
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