La France pourrait éviter la casse à ses vieux chars AMX-30 et les transformer en machines de guerre sans équipage. En juin 2026, les sociétés françaises S2M Equipment et KNDS France ont dévoilé le Refurbot au salon Eurosatory, à Paris. Il s’agit d’un blindé lourd téléopéré, monté sur le châssis d’un char retiré du service. L’engin garde sa mobilité sans exposer le moindre soldat.

- S2M Equipment et KNDS France ont dévoilé le Refurbot, un vieux châssis d’AMX-30 transformé en blindé lourd téléopéré sans équipage.
- L’engin remplace la tourelle par un canon automatique de 25 mm, avec capteurs, pilotage à distance et missions partiellement autonomes.
- L’idée est d’envoyer ces chars recyclés dans les zones les plus dangereuses, notamment face aux drones, mines et missiles antichars.
Le principe part d’un constat simple. Des milliers de châssis datés dorment dans les stocks européens sans utilité. Entre 1966 et 1994, la France a produit 3 571 AMX-30 pour son armée de terre. Beaucoup de ces coques existent aussi hors de France, ce qui élargit le vivier disponible.
Des chars recyclés pour s’adapter à la guerre moderne
Ces chars ont quitté la première ligne, mais leur base mécanique reste solide. Le démonstrateur montré à Eurosatory reposait sur une coque de prototype AMX-32, proche parent de l’AMX-30. Pour rappel, ce char pesait déjà 36 tonnes et filait à près de 65 km/h.
Les ingénieurs retirent la tourelle et le canon de 105 mm du char. À la place, le Refurbot a le droit à un tourelleau téléopéré ARX-25, signé KNDS. On parle d’un canon automatique de 25 mm alimenté par deux circuits de munitions et épaulé par une mitrailleuse de 7,62 mm.
L’opérateur bascule entre obus antiblindage et obus explosifs selon la cible. Le tourelleau reste monté à l’extérieur, ce qui libère tout le volume interne pour l’électronique. Il embarque 280 obus prêts au tir et frappe au-delà de 2 500 mètres.
Le canon vise aussi les drones et les hélicoptères à basse altitude. Une menace que l’armée française traite déjà avec le canon du char Leclerc. Ce même ARX-25 arme déjà des versions du VBCI, le blindé d’infanterie de l’armée française, gage de fiabilité.
La robotisation s’invite dans ce char disponible en quantité
Mais ce n’est pas tout, puisqu’il y a aussi l’aspect robotisation. Le kit Toxo de KNDS pilote le véhicule à distance et gère des missions en autonomie. Des capteurs placés à l’avant et à l’arrière assurent la navigation et repèrent les obstacles.
En retrait, un opérateur suit l’action grâce à ces capteurs. Le kit transforme un blindé chenillé en robot sans repartir à zéro. Le châssis de 36 tonnes garde sa vitesse et son blindage d’acier. Sauf que voilà, ses 80 millimètres de blindage frontal ne suffisent plus face aux missiles antichars modernes. Sans équipage à bord, cette faiblesse pèse toutefois beaucoup moins lourd.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Les drones kamikazes, les mines, l’artillerie et les missiles antichars rendent le combat blindé très risqué pour les équipages. Ces menaces se sont multipliées avec la guerre en Ukraine.
Et pour cause, un char touché signifie souvent des morts. Le Refurbot entre à leur place dans les zones dangereuses. Il ouvre des brèches, éclaire un itinéraire, escorte un convoi ou évacue des blessés sous le feu. L’armée américaine teste la même logique avec des robots envoyés en première ligne.
La plupart des drones terrestres actuels tiennent du petit robot à roues ou à chenilles. Ces engins légers se coincent vite sur un sol labouré par les obus. Faute de gabarit, ils portent mal un canon et un blindage sérieux. À 36 tonnes, ce blindé chenillé passe les cratères sans peine et transporte une vraie puissance de feu.
Un engin qui a de solides arguments
Ce format lourd distingue le Refurbot des robots de la taille d’un quad. Résultat, l’engin comble un vide entre les petits robots fragiles et les chars pilotés. Le concept complète les grands programmes lourds, comme le char du futur franco-allemand.
L’AMX-30 présente un dernier atout, sa facilité d’entretien. De nouveaux fournisseurs savent reproduire ses pièces d’origine, ce qui limite les coûts. Il faut dire que recycler un vieux châssis est bien moins cher que concevoir un blindé neuf.
Le même kit Toxo peut équiper d’autres chars sortis du service. S2M Equipment et KNDS veulent maintenant tester l’engin avec l’armée française. Pour le moment, aucun contrat ou client ne figurent encore au tableau.
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