La France va-t-elle payer les 16 Rafale promis à l’Ukraine ? Voici ce que prévoit l’accord

Les 16 Rafale promis à l’Ukraine ne sortiront pas du budget des armées françaises. Le 13 juillet 2026, Emmanuel Macron a annoncé cette commande de 16 Rafale à Paris, au terme d’une réunion de la coalition des volontaires. Un prêt européen réglera la facture de ces avions. Le contribuable français n’est pas hors du circuit pour autant.

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Rafale Dassault Aviation Ukraine
© Dassault Aviation
  • Les 16 Rafale promis à l’Ukraine seront financés par un prêt européen, pas par le budget des armées françaises.
  • Le contribuable français ne paie donc pas aujourd’hui, mais il garantit indirectement l’emprunt via le budget de l’Union européenne.
  • La France transfère aussi des capacités rares, avec deux systèmes SAMP-T, des munitions, des radars et une chaîne Rafale déjà saturée.

Les 16 Rafale forment la première partie d’un engagement bien plus large. La déclaration conjointe publiée par l’Élysée fixe le cadre de cette commande. « L’Ukraine annonce la commande de 16 premiers Rafale et de leur armement », indique le texte.

Voici ce que prévoit l’accord des 16 Rafales pour l’Ukraine

En novembre 2025, Paris et Kiev ont prévu l’acquisition de 100 avions, dont ces 16 appareils. Les quatre premiers chasseurs partiront en tête, quand les pilotes et les mécaniciens ukrainiens seront formés. Cette formation « pourra commencer en France dès 2026 », précise la déclaration. En 2028, les premiers Rafale ukrainiens voleront chez eux.

La phrase qui compte pour le portefeuille des Français tient en une ligne. « Les financements afférents seront sollicités au titre des tranches 2026 et 2027 de l’Ukraine Support Loan », écrit l’Élysée. L’Ukraine Support Loan est un prêt de 90 milliards d’euros que l’Union européenne accorde à Kiev.

Le 18 décembre 2025, le Conseil européen a validé cette enveloppe. Sur 2026 et 2027, elle couvre les deux tiers des besoins budgétaires et militaires de l’Ukraine. Le ministère des Armées ne signera aucun chèque pour ces avions. Beaucoup ont pourtant pris l’envoi de 16 Rafale à l’Ukraine pour un don.

Mais alors, d’où vient cet argent ? La Commission européenne l’emprunte sur les marchés financiers. La garantie de cet emprunt repose sur la marge de manœuvre du budget de l’Union européenne. Le remboursement de cet emprunt dépend des réparations réclamées à la Russie. Ce prêt regroupe 24 États membres, dans le cadre d’une coopération renforcée.

La marge de manœuvre du budget européen repose sur les contributions des États membres, et la France est le deuxième contributeur. Si Moscou ne verse jamais ces réparations, la note revient au budget commun et les contribuables européens la paieront. En clair, le contribuable français ne paie pas ces Rafale aujourd’hui mais les garantit pour demain.

Mais la France paiera tout de même pour de l’armement

La France paie tout de suite d’une autre façon. La déclaration conjointe engage la France à « déployer 2 systèmes SAMP-T à l’Ukraine ». Ces batteries « seront retournés après la livraison des nouveaux systèmes SAMP-T NG », ajoute le texte. L’armée de l’Air et de l’Espace aligne huit SAMP/T, dont au moins trois partis au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Roumanie.

Il faut dire que ce système de défense aérienne compte parmi les équipements les plus rares du parc français. Ces deux batteries quittent le territoire pendant des années, le temps que les quatre SAMP/T NG commandés par Kiev sortent d’usine.

Rafale Dassault Aviation Ukraine
© Dassault Aviation

Le calendrier des avions pose une autre question. Un Rafale demande au moins trois ans d’assemblage après le premier acompte. Personne ne sait si ces 16 exemplaires sortiront des stocks français ou d’une chaîne nouvelle. Et pour cause, le carnet de commandes de Dassault Aviation dépasse 220 appareils.

Résultat, ces 16 Rafale prendront place dans une file d’attente pleine. En 2025, l’avionneur a remis 26 Rafale à ses clients. En 2026, sa cible passe à 28 appareils, comme le détaillait la cadence de production de Dassault Aviation. Un client à l’exportation ou l’armée française attendra son tour.

Mais ce n’est pas tout, les Rafale ukrainiens partiront avec leur armement. On parle de bombes AASM, de missiles SCALP et de missiles Aster 30, que Kiev pourra fabriquer sous licence. D’ici octobre 2026, la France et l’Italie accélèrent leurs livraisons d’Aster 30.

La Russie devra rembourser, pas sûr qu’elle le fasse

Le prêt européen paiera ces munitions comme les avions. Avant décembre, un radar GF300 partira pour Kiev. Avant la fin 2027, cinq radars GM400 suivront. La France transfère une capacité complète, pas seulement des avions.

Pour rappel, la loi de programmation militaire prévoit 11,7 milliards d’euros pour le programme Rafale. Sur cette somme, plus de 4 milliards d’euros vont vers le financement du standard F5. Cette enveloppe française ne bouge pas avec l’accord ukrainien.

Rafale Dassault Aviation Ukraine
© Dassault Aviation

Il s’agit de deux budgets séparés, l’un national et l’autre européen. Pour faire simple, les contrats étrangers font tourner la chaîne de production sans toucher au budget des armées. Bref, Paris fournit les avions, Bruxelles avance l’argent et Moscou est… censé rembourser. La même logique vaut pour la commande de 114 Rafale pour l’Inde, que New Delhi financera seule.

Source : Élysée

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