BYD recrute l’ancien ministre hongrois qui lui a permis de toucher 450 millions d’euros d’argent public. Il s’agit de Peter Szijjarto qui a dirigé la diplomatie hongroise sous Viktor Orban avant de rejoindre le constructeur chinois. Peter Magyar, le nouveau Premier ministre, dénonce un conflit d’intérêts.

- BYD recrute Peter Szijjarto, l’ex-ministre hongrois qui a aidé le constructeur chinois à s’implanter en Hongrie.
- La polémique vient des 450 millions d’euros d’aides publiques liées aux projets de BYD, dont l’usine de Szeged.
- Peter Magyar dénonce un conflit d’intérêts, mais aucune règle hongroise n’impose de délai avant de rejoindre une entreprise privée.
Le 15 juillet 2026, Peter Szijjarto a annoncé sa démission de député sur Facebook. Il s’agit du départ d’un homme installé au Parlement hongrois pendant 24 ans. De septembre 2014 à mai 2026, cet ancien ministre a tenu les Affaires étrangères sous Viktor Orban. Peter Szijjarto a bâti toute sa carrière dans le parti Fidesz.
Un conflit d’intérêt autour de BYD en Europe ?
À 47 ans, Peter Szijjarto prend un poste de cadre chargé des contacts extérieurs du groupe et de ses nouveaux métiers chez BYD. Ce poste dépend de la direction internationale de BYD. La filiale hongroise reste à l’écart de cette nomination. L’ancien ministre parle d’une « offre très prestigieuse » d’une entreprise qui compte dans l’économie mondiale.
Le passé de Peter Szijjarto rend ce recrutement sensible. Il faut dire que cet ancien ministre a passé des années à faire venir BYD en Hongrie. En décembre 2023, BYD a choisi Szeged pour sa première usine automobile européenne.
Cet ancien ministre a expliqué que ce choix a demandé 224 tours de négociations. On parle de ce site qui produira aussi sa nouvelle BYD Dolphin à 10 000 euros pour le marché européen. La production commencera au quatrième trimestre 2026.
Les sommes publiques versées expliquent la polémique. Le gouvernement Orban a promis 20 milliards de forints à BYD, environ 64 millions d’euros. Cette enveloppe finance le siège européen et le centre de recherche du constructeur chinois à Budapest. Ce projet pèse près de 100 milliards de forints et 2 000 emplois.
Le montant versé pour l’usine de Szeged est secret. Mais le média d’investigation Atlatszo l’estime entre 120 et 130 milliards de forints. Résultat, le soutien public total tourne autour de 450 millions de d’euros. Peter Magyar n’a pas attendu pour réagir. Le Premier ministre accuse son prédécesseur d’avoir « longtemps représenté des intérêts étrangers » et d’avoir « obtenu d’énormes subventions publiques hongroises » pour BYD.
Le nouveau premier Ministre hongrois dénonce la situation
Sur Facebook, Peter Magyar a résumé la situation d’une phrase. « Le peuple hongrois ne paiera plus Peter Szijjarto pour le même travail, son vrai employeur s’en chargera », écrit le nouveau Premier ministre. Peter Magyar dénonce une carrière publique menée pour un intérêt privé.
Sauf que voilà, aucune règle hongroise ne bloque ce transfert. Le pays n’impose aucun délai de carence entre un poste ministériel et une entreprise privée. Aucune déclaration ou autorité de déontologie n’encadre ce passage. Un ministre peut quitter son bureau le matin et travailler le soir même pour l’entreprise qu’il a courtisée pendant dix ans au nom de l’État.
Mais ce n’est pas tout, la Commission européenne a ouvert un examen des subventions perçues par BYD en Europe. Cette sensibilité politique se retrouve ailleurs en Europe, comme l’ont montré ses tentatives d’entrée au capital de Renault.
Bruxelles se penche aussi sur le dossier
Cette affaire dépasse le cas hongrois et remonte jusqu’à Bruxelles. En octobre 2024, la Commission a taxé les voitures électriques chinoises, une décision que Peter Szijjarto combattait déjà. Et pour cause, l’usine de Szeged échappe à ces droits de douane. Un avantage qui explique le prix de la BYD Dolphin Surf en Europe. La Hongrie a capté un quart des investissements chinois du continent.
Bref, BYD s’offre l’homme qui a bâti son entrée en Europe. Ce marché porte son objectif de dépasser Toyota en cinq ans. Pour rappel, la progression de BYD dans l’Union européenne a atteint 175 % sur un an. Le constructeur chinois avance donc sur deux terrains, son usine et les capitales européennes.
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