Sa déclaration n’est pas passée inaperçue. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, était l’invitée de la matinale sur France Info le vendredi 30 janvier 2026. Dedans, elle revient sur le cas des VPN.

Une sortie qui arrive quelques jours après l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. C’est une première en Europe et forcément, il se pose la question des moyens de contournement comme les VPN.
Quand le gouvernement se penche sur le cas des VPN
La ministre était interrogée sur l’efficacité de certaines interdictions face aux outils pour contourner sa localisation. Elle n’a pas cherché à minimiser le problème et a reconnu sans détour que les VPN sont une énorme faille dans le dispositif. Toutefois, elle relativise leur impact sur les plus jeunes.
« Les VPN, je ne suis pas naïve, on connaît l’environnement numérique dans lequel nous évoluons tous. Évidemment que le VPN existe », a-t-elle déclaré au micro de Serge Cimino. « Mais moi, si j’ai réussi en faisant passer ce texte avec l’aide des députés à protéger 65 à 70 % des enfants, parce que je rappelle que l’âge moyen de création de son premier compte sur un réseau social, c’est 8 ans et demi. À 8 ans et demi, je ne pense pas qu’on sache qu’il existe un VPN à moins d’avoir la complicité d’un adulte », a-t-elle ajouté.
Mais la suite de son intervention a fait réagir. « Si on peut déjà avoir protégé une très large majorité, on continuera. Et les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste« , a précisé la ministre. Une phrase reprise en boucle sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pour certains, c’est l’annonce d’une future législation, voire d’une interdiction pure et simple des VPN.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Sur X, Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la France, s’est montré virulent. « Madame Anne Le Henaf, ministre du numérique, veut maintenant interdire les VPN. Ces outils permettent de chiffrer la connexion internet et de masquer l’adresse IP pour protéger la vie privée en ligne. Voici le pays où les VPN sont illégaux : Corée du Nord, Russie, Chine, Iran. On sait maintenant quel régime inspire la Macronie pour supprimer la liberté d’expression sur les réseaux sociaux », a-t-il écrit.
Vérification de l’identité ou de l’âge pour utiliser un VPN ?
Pour les VPN, le ton est à la prudence mais aussi à la défense de la légalité de leurs outils. CyberGhost rappelle que les VPN sont parfaitement légaux en France et partout en Europe. Des millions de professionnels en télétravail les utilisent : des journalistes qui protègent leurs sources, des lanceurs d’alerte ou tout simplement des citoyens soucieux que leur vie privée le reste. Mais rappelons que Paris doit respecter le cadre européen.
La Cour de justice de l’Union européenne a réaffirmé en janvier 2026 que les VPN sont neutres tant qu’ils ne facilitent pas les activités illégales. Le déploiement de techniques d’analyse des paquets pour identifier les signatures des tunnels chiffrés serait un non-respect du droit à la vie privée selon la jurisprudence européenne.
Le gouvernement français doit donc trouver un équilibre entre protection des mineurs et respect des libertés numériques sous peine de mesures retoquées par Bruxelles. Au lieu d’un blocage total, la France pourrait s’orienter vers une obligation d’identification sur les VPN. En gros, ces outils pourraient nous demander notre identité ou vérifier notre âge sans collecter les données personnelles. Une autre option consisterait à forcer les boutiques d’applications mobiles à retirer certains outils de navigation anonyme de leur catalogue pour les utilisateurs français.
- Le 30 janvier 2026 sur Franceinfo, Anne Le Hénanff a dit que les VPN étaient le prochain sujet sur sa liste après l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
- Elle assume que les VPN sont une faille, mais dit viser une protection de 65 à 70 % des enfants, en estimant qu’à 8 ans et demi on ne connaît généralement pas ces outils sans la complicité d’un adulte.
- Le texte rappelle que les VPN sont légaux en France et dans l’Union europeenne, et évoque plutôt des pistes d’encadrement que l’idée d’un blocage total.
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