Regarder une IPTV illégale en toute impunité ne sera plus aussi facile en France

La guerre contre le piratage sportif en France se poursuit. Le 18 décembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a rendu une ordonnance qui oblige cinq des plus grands fournisseurs de VPN au monde à bloquer l’accès à des sites, plus exactement ceux qui diffusent illégalement des matchs de football.

IPTV illégale

On parle de NordVPN, ProtonVPN, CyberGhost, Surfshark et ExpressVPN qui ont désormais l’obligation d’empêcher les utilisateurs français d’accéder à ces domaines pirates. La décision a été obtenue par la Ligue de football professionnel et sa branche commerciale. C’est un tournant dans la stratégie des ayants droit contre le streaming illégal.

Voici les IPTV illégales désormais bloquées par la justice française

Jusqu’à présent, les fournisseurs de VPN passaient entre les mailles du filet. Les blocages imposés aux fournisseurs d’accès comme Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR étaient facilement contournables. Il suffit aux internautes de modifier leurs paramètres DNS ou d’activer un VPN pour accéder aux contenus bloqués. Mais c’est terminé, les ayants droit ont élargi leur champ d’action depuis 2024. Désormais, ils s’attaquent aux DNS publics comme Google DNS et Cloudflare, puis aux VPN eux-mêmes.

L’ordonnance du tribunal parisien a bloqué plusieurs sites avec sa décision :

  • antenashop.site
  • antenawest.store
  • daddylive3.com
  • hesgoal-tv.me
  • livetv860.me
  • streamysport.org
  • vavoo.to
  • witv.soccer
  • veplay.top
  • jxoxkplay.xyz
  • andrenalynrushplay.cfd
  • marbleagree.net
  • emb.apl375.me
  • hornpot.net
  • td3wb1bchdvsahp.ngolpdkyoctjcddxshli469r.org
  • ott-premium.com
  • rex43.premium-ott.xyz
  • smartersiptvpro.fr
  • eta.play-cdn.vip:80

À noter qu’il s’agit d’une ordonnance dite dynamique qui permet à l’ARCOM d’ajouter de nouveaux domaines à la liste sans repasser devant un juge. Si des sites miroirs apparaissent après le blocage, ils seront immédiatement bloqués.

Ces mesures restent en vigueur jusqu’à la fin de la saison 2025-2026 de la Ligue 1, soit le 24 mai 2026. Une autre décision a été rendue quelques jours plus tôt, le 19 décembre. Google a aussi été contraint de bloquer 19 domaines via son DNS public dans le cadre de cette offensive.

Désormais, les solutions de contournement les plus populaires ne fonctionnent plus puisque Canal+, la LFP, beIN Sports et les détenteurs de droits de la Formule 1 et du MotoGP leur ont fait la guerre.

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Les VPN se défendent contre cette décision

Face au tribunal, les VPN tentent de se défendre alors que seul ProtonVPN n’a pas comparu à l’audience. NordVPN et Surfshark ont invoqué leur politique de non-conservation des journaux de connexion. Ils expliquent que cela les empêche d’identifier les utilisateurs en France. Selon eux, un blocage géographique pareil implique de collecter des données de localisation, ce qui ne respecte pas leur engagement envers leur clientèle qui paie pour garder son anonymat.

Le tribunal balaie cet argument d’un revers de main. Les juges estiment que ces engagements ne prévalent pas sur la protection des droits des ayants droit. La décision précise que bloquer l’accès à des domaines précis depuis un territoire ne demande pas de garder les informations de tentative de connexion. En d’autres termes, les VPN ont la possibilité d’empêcher l’accès à ces sites pirates sans pour autant identifier et surveiller leurs utilisateurs.

Quant à l’argument selon lequel ces mesures sont une surveillance généralisée interdite par le règlement européen sur les services numériques, le tribunal le rejette aussi. La justice estime que les blocages sont limités dans la durée, tout comme leur territoire d’application et les sites concernés.

NordVPN a fait appel de cette décision de justice

NordVPN n’entend pas en rester là. Un porte-parole de l’entreprise a confirmé à TorrentFreak que l’entreprise a déjà fait appel. Pour NordVPN, les mesures de blocage sont tout simplement futiles. Les pirates ont facilement la capacité de les éviter avec des sous-domaines et de nouvelles adresses. Le blocage n’élimine pas le contenu, selon l’entreprise.

Pour NordVPN, il faut donc cibler la source du contenu en visant les fournisseurs d’hébergement, couper les financements des opérations illégales. Mais aussi proposer beaucoup plus de contenus légaux à des prix accessibles. L’ordonnance n’impose aucune méthode de blocage pour les VPN. Toutes les entreprises sont libres de la manière d’appliquer cette décision tant qu’il est impossible d’accéder à ces sites depuis la France.

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  • Le 18 décembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris oblige NordVPN, ProtonVPN, CyberGhost, Surfshark et ExpressVPN à bloquer en France des sites diffusant illégalement des matchs de football.
  • L’ordonnance est dynamique, l’ARCOM peut ajouter de nouveaux domaines sans repasser devant un juge, et la mesure court jusqu’au 24 mai 2026.
  • NordVPN a déjà fait appel, et le tribunal juge que ces blocages peuvent être appliqués sans identifier ni surveiller les utilisateurs.

Source : Cour de cassation

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