Le Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE) conçoit un logiciel pour le licenciement massif des employés de l’administration fédérale. Elon Musk n’a jamais caché son ambition d’effectuer de grosses coupes dans les effectifs des États-Unis.

Selon Wired, des employés de DOGE, sous l’impulsion d’Elon Musk, travaillent sur un logiciel d’automatisation pour renvoyer les employés fédéraux. Le programme est appelé Automated Reduction in Force (AutoRIF) et existe depuis près de 20 ans. Les ingénieurs planchent donc sur sa refonte.
DOGE lance un logiciel pour licencier automatiquement les employés
Selon des captures d’écran de bases de données internes examinées par WIRED, des collaborateurs de DOGE auraient accès au code source du logiciel pour le modifier. AutoRIF a été identifié dans le système GitHub de l’Office of Personnel Management (OPM) créé pour le bureau du directeur sous l’influence des associés d’Elon Musk, dont la popularité provoque une baisse des ventes de Tesla.
Riccardo Biasini, ancien ingénieur de Tesla et directeur de The Boring Company, aurait hérité de la maintenance d’AutoRIF sur GitHub, puisque son nom apparaît comme auteur de certaines modifications. L’une des descriptions de fichiers rédigée par un utilisateur qui porte son nom mentionne : « Suppression des versions obsolètes d’AutoRIF ». Riccardo Biasini est aussi désigné comme principal contact du système de messagerie gouvernemental créé par l’administration pour recevoir les emails de démission des fonctionnaires fédéraux.
Les licenciements dans les agences fédérales se faisaient manuellement jusqu’ici. Les RH parcouraient les registres d’employés et les listes fournies par les gestionnaires. Parmi les cibles prioritaires : employés en période probatoire, récemment embauchés, promus ou qui ont changé de poste. Pourquoi ? Car ils ne bénéficient pas des protections des fonctionnaires titulaires. Plusieurs millions de postes ont été supprimés ces dernières semaines dans plusieurs agences. Le nouveau logiciel et l’IA font craindre des licenciements à grande échelle.
Selon un ancien responsable RH du gouvernement interrogé, AutoRIF permet de créer des listes automatiques des employés les plus susceptibles d’être licenciés : « Cependant, même avec un système automatisé, les directives de l’OPM stipulent que toutes les données doivent être confirmées manuellement et que les employés (ou leurs représentants) sont autorisés à examiner les registres. »
Les révélations interviennent alors que DOGE prépare une deuxième vague de licenciements. Samedi soir, des fonctionnaires ont reçu un mail, dont l’adresse a fuité, leur demandant de détailler leur utilité de la semaine précédente. Des agences, comme le FBI, conseillent aux employés d’ignorer ce message.
Dans ce mail, les fonctionnaires étaient invités à lister cinq points qui résument leurs accomplissements professionnels. Lundi, NBC News a dévoilé que ces éléments seront ajoutés à une IA pour évaluer l’utilité d’un employé.
Avant la première vague de licenciements, les gestionnaires des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont eu comme mission d’identifier les travailleurs « essentiels à la mission » pour transmettre la liste aux supérieurs hiérarchiques.
« Le CDC a mené un effort très méthodique pour caractériser nos employés en période probatoire comme essentiels ou non à la mission, afin de pouvoir conserver ceux dont le licenciement aurait un impact réel sur nos objectifs », explique cette source. « Rien de tout cela n’a été pris en compte. Ils nous ont simplement envoyé une liste en disant : ‘Licenciez ces employés avec effet immédiat‘. »
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