Tesla vs BYD : qui va gagner la bataille de la voiture électrique en Europe ?

Qui l’avait vu venir ? En octobre 2025, Tesla n’a immatriculé que 6 964 véhicules électriques en Europe, soit une chute de 48,5 % par rapport à la même période l’année dernière. Pour BYD, c’est 17 470 ventes, une hausse de 206,8 %. Les chiffres que nous communique l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) montrent que le marché électrique n’est plus le même en Europe et que la domination de Tesla fond comme neige au soleil.

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BYD Tesla
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Même en Chine, Tesla ne se débrouille pas bien en octobre 2025. La concurrence fait aussi rage sur le Vieux continent face à BYD. Pour rappel, le constructeur chinois a été fondé en 1995 comme simple fabricant de batteries avant d’être un leader mondial de l’automobile.

La guerre fait rage en Europe entre BYD et Tesla

La firme a écoulé 4,27 millions de véhicules dans le monde en 2024 et s’est emparée de la première place pour les véhicules électriques avec 15,4 % de parts de marché au troisième trimestre 2025. Pour Tesla, c’est 13,4 %. Une progression pour le moins rapide qui s’explique par l’agressivité de BYD et une maîtrise technologique entre ses batteries, ses puces électroniques ou encore sa conduite assistée.

Bien évidemment, la différence de prix est l’arme la plus redoutable de BYD. Pour la Dolphin Surf, une citadine électrique, le prix de départ est fixé à 19 990 euros et possiblement moins de 15 000 euros en France. Pour la Tesla Model Y, la moins chère, il faut quand même aligner 39 990 euros. Le Model Y standard atteint désormais 44 990 euros contre 31 990 euros pour le SUV compact Atto 2. Une différence de 20 à 30 % sur des marchés similaires qui séduit les consommateurs européens dont le pouvoir d’achat est très fragile. BYD propose aussi une série d’équipements.

Tesla
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BYD conçoit aussi ses batteries Blade, ce qui lui donne un gros avantage en termes de concurrence. Ses cellules au lithium-fer-phosphate garantissent une stabilité thermique bien au-dessus et une durée de vie qui dépasse les 3 000 cycles, soit plus d’un million de kilomètres. Le constructeur chinois fait très fort avec le lancement cette année de la deuxième génération qui améliore la densité énergétique de 30 % et réduit aussi les coûts de fabrication de 15 %.

Encore plus impressionnant, la Super e-Platform présentée en mars 2025 permet de récupérer 400 km d’autonomie en 5 minutes à peine via des bornes de 1 360 kW. Tesla ne peut pas rivaliser quand BYD a déjà en tête d’installer 4 000 stations de recharge ultra-rapide en Chine.

BYD renforce au maximum sa présence en France

BYD cherche aussi à s’emparer de l’Europe où ses concessions ouvrent, notamment en France. C’est en cette fin d’année 2025 que la production de la Dolphin Surf se fait à Szeged en Hongrie. Il s’agira de la première voiture électrique chinoise assemblée sur le Vieux Continent. Le site pourra fabriquer 12 modèles différents.

Mais BYD ne s’est pas arrêté là avec l’ouverture de son siège européen en Hongrie et d’un centre de R&D à Budapest. L’investissement est de 248 millions d’euros. BYD envisage déjà d’installer une seconde usine européenne, possiblement en Turquie. Le constructeur ambitionne aussi d’être présent dans 29 pays avec plus de 1 000 points de vente d’ici la fin de l’année 2025.

BYD
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Mais attention, Tesla a aussi des atouts. Ce sont des centaines de milliers de véhicules électriques qui ont été produits à la Gigafactory de Berlin où travaillent 12 000 personnes. La capacité actuelle atteint quand même 375 000 véhicules par an avec un objectif de 800 000 voire 1 million d’unités à terme. Le réseau Supercharger désormais accessible via Google Maps est une référence pour les longs trajets.

Les mises à jour logicielles à distance permettent aux modèles d’Elon Musk de rester à la pointe de la technologie. N’oublions pas qu’il y a eu récemment le nouveau Model Y Juniper avec 600 km d’autonomie et qui est même éligible au bonus écologique français puisque produit en Europe.

Elon Musk est un handicap majeur pour Tesla

Le principal handicap de Tesla porte un nom et on le connaît tous : il s’agit d’Elon Musk. Selon une étude de l’université de Yale et du National Bureau of Economic Research, les prises de position politiques du PDG auraient coûté au constructeur plus d’un million de ventes entre octobre 2022 et avril 2025.

Et l’effet est dévastateur en Europe où ont eu lieu des actes de vandalisme contre Tesla. Les immatriculations ont chuté de 75 % en Espagne, 63 % en France et 60 % en Allemagne entre 2024 et 2025. Le soutien affiché à Donald Trump et les idées controversées d’Elon Musk ont déclenché d’énormes appels au boycott en Europe. Des entreprises sont même allées jusqu’à exclure Tesla de leur flotte de véhicules.

Tesla
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Bien évidemment, Bruxelles ne se laisse pas faire et tente de protéger les constructeurs européens. Depuis le 31 octobre 2024, des droits de douane s’appliquent en plus sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Des taxes de 17 % pour BYD, en plus des 10 % déjà en vigueur. Pour Tesla, qui produit une partie de ses Model 3 à Shanghai, le taux est de 7,8 %.

Le constructeur chinois a trouvé la parade en misant sur les hybrides rechargeables qui ne sont pas concernés par ces surtaxes. La production locale a aussi été accélérée en Hongrie. Sur les six premiers mois de 2025, le constructeur chinois a immatriculé près de 20 000 hybrides rechargeables en Europe, soit trois fois plus que sur toute l’année 2024.

Les chiffres de 2025 montrent une inversion des courbes. De janvier à octobre, Tesla a vendu 85 673 véhicules électriques en Europe, contre 150 037 sur la même période en 2024, une chute de 43 %. BYD est passé de 19 663 à 67 232 modèles. Pour la première fois en avril 2025, BYD a devancé Tesla en nombre de véhicules 100 % électriques immatriculés en Europe, 7 231 contre 7 165, ça s’est joué dans un mouchoir de poche.

L’affrontement n’est pas terminé entre BYD et Tesla

N’oublions pas non plus que Tesla ne propose que quatre véhicules électriques : le Model 3, le Model Y, le Model S et le Model X. BYD a quant à lui énormément de modèles dans sa besace avec la Dolphin, l’Atto 2 et Atto 3, la Seal, le Seal U, le Sealion 7, le Han et le Tang.

Le constructeur propose des prix entre 19 990 euros et 70 000 euros, il y en a pour tous les budgets. BYD a donc un bel avenir devant lui, mais Tesla n’a pas dit son dernier mot. Le constructeur mise sur le renouvellement de sa gamme, les robotaxis malgré des débuts chaotiques à Austin ou encore les robots humanoïdes Optimus qui ont une grande place dans sa stratégie future. L’entreprise souhaite aussi lancer sa conduite autonome en Europe et propose des tests en France. La sortie du Cybertruck en Europe pourrait aussi booster ses ventes.

Qu’importe, à l’heure actuelle, les investisseurs s’inquiètent puisque l’action de Tesla a perdu près de la moitié de sa valeur. Entre décembre 2024 et mars 2025 l’entreprise est passée de 1 500 à 780 milliards de dollars de capitalisation. L’avenir de Tesla et BYD se jouera sur le prix, la technologie et l’image de marque.

BYD prouve sa capacité à produire énormément de véhicules électriques compétitifs en gardant la main sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Mais Tesla a une longueur d’avance sur l’autonomie logicielle et le réseau de recharge. En Europe, les clients se tournent vers l’électrique mais restent très sensibles au prix. Le constructeur chinois a donc des arguments de poids pour s’imposer durablement.

  • En Europe, Tesla voit ses immatriculations de véhicules électriques chuter de 48,5 % en octobre 2025 avec seulement 6 964 ventes.
  • BYD atteint 17 470 véhicules électriques vendus en Europe en octobre 2025, en hausse de 206,8 % sur un an.
  • Les écarts de prix en faveur de BYD et l’image dégradée d’Elon Musk en Europe fragilisent la position de Tesla sur le marché électrique.

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