Adieu GPS ? L’Europe impose discrètement Galileo dans votre smartphone

L’Europe veut se passer du GPS étasunien. Le 28 mars 2026, deux premiers satellites de la mission Celeste ont décollé depuis la Nouvelle-Zélande. Il s’agit d’un pas décisif vers une indépendance européenne en termes de navigation par satellite.

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Sommaire
Celeste GPS Galileo
© ESA
  • L’Europe a lancé le 28 mars 2026 les deux premiers satellites de la mission Celeste pour renforcer son indépendance face au GPS étasunien.
  • Celeste ajoute une couche de satellites en orbite basse à 510 kilomètres pour améliorer la couverture et la puissance du signal Galileo.
  • La constellation complète doit compter onze satellites en orbite basse d’ici 2027.

On parle de 5 milliards d’utilisateurs Galileo dans le monde. Les smartphones, les voitures et les transports européens dépendent encore d’un signal contrôlé par les États-Unis. La nouvelle constellation Celeste a pour ambition d’y mettre un terme.

Galileo, le pari européen pour contrer le GPS des américains

Pour rappel, Galileo est opérationnel depuis 2016 en orbite moyenne à 23 222 kilomètres d’altitude. Le système assure aujourd’hui la navigation des smartphones, des voitures, de l’aviation civile et des infrastructures critiques européennes. Celeste ajoute une seconde couche en orbite basse à 510 kilomètres.

Cette proximité avec la Terre renforce la puissance des signaux et étend leur couverture aux zones difficiles. Les canyons urbains entre les gratte-ciel, les régions polaires, les forêts denses et l’intérieur des bâtiments sont couverts

Celeste GPS Galileo
© ESA

Le 28 mars 2026, à 10h14 à Paris, la fusée Electron de Rocket Lab a décollé depuis le complexe de Māhia. Il s’agit du premier vol de Rocket Lab pour le compte de l’ESA. Les deux satellites IOD-1 et IOD-2 se sont séparés du lanceur environ une heure plus tard. On parle de deux CubeSats de tailles 12U et 16U construits par deux consortiums concurrents. Le premier rassemble plus de 50 entités européennes autour de GMV avec OHB comme partenaire principal.

Le second est mené par Thales Alenia Space France comme maître d’œuvre et Thales Alenia Space Italie pour le segment spatial. On parle de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique, de la Finlande, de l’Autriche et du Royaume-Uni pour les principaux soutiens financiers.

Il faut dire que l’urgence presse Bruxelles. L’ESA mettra en service les fréquences L et S auprès de l’Union internationale des télécommunications avant mai 2026 sous peine de les perdre. En 2023, la Commission européenne avait identifié les constellations en orbite basse comme vitales pour renforcer la résilience de la navigation par satellite. Celeste a été désignée comme « le bon précurseur d’un futur système LEO-PNT de l’Union européenne pour renforcer Galileo ».

L’Europe doit rapidement réagir pour sa souveraineté

Thales Alenia Space, l’un des deux maîtres d’œuvre, vise une précision centimétrique pour Celeste. Le constructeur français a aussi confirmé l’enjeu de souveraineté civile autour du projet. « Les programmes comme Iris² et Celeste sont essentiels pour garantir l’indépendance et la sécurité de l’Europe », a déclaré le groupe lors du salon SATShow 2026.

Pour rappel, Iris² est la constellation européenne à six milliards d’euros qui concurrencera Starlink. La bande L renforcera les signaux des 5 milliards d’utilisateurs Galileo . La bande S permettra une intégration avec les puces 5G et 6G dans les smartphones, sans consommation supplémentaire d’énergie.

Une bande UHF est aussi à l’étude pour la navigation intérieure. À noter que les opérateurs français se mobilisent aussi sur la souveraineté satellitaire face à Starlink.

Mais ce n’est pas tout puisque Francisco-Javier Benedicto Ruiz, directeur de la navigation à l’ESA, place Celeste au cœur de la souveraineté européenne. « Galileo et EGNOS sont aujourd’hui un succès européen, dynamisant notre société, générant de la croissance économique tout en garantissant notre indépendance et notre sécurité », a expliqué Francisco-Javier Benedicto Ruiz. Le dirigeant a précisé que Celeste rendra les systèmes européens « plus résilients, plus robustes et capables de fournir des services entièrement nouveaux ».

Beaucoup de possibilités ouvertes grâce à ces satellites

Les possibilités offertes sont nombreuses. Les voitures autonomes recevront une localisation continue même en ville. Les voitures autonomes recevront une localisation continue même en ville. Le ferroviaire, le maritime et l’aviation gagneront en sécurité grâce à des signaux plus stables. Les services de secours pourront échanger des messages brefs avec un véhicule en détresse même sans réseau terrestre. Les objets connectés et les capteurs urbains profiteront de signaux faible consommation pour la traçabilité.

En clair, l’Europe prépare l’après-GPS. La constellation complète prévoit onze satellites en orbite basse à l’horizon 2027. Le 8 avril 2026, le centre ESTEC de l’ESA a reçu le premier signal de navigation envoyé par Celeste. La phase préparatoire en orbite prendra ensuite le relais avec l’industrie européenne.

Celeste s’inscrit dans le programme European Resilience from Space, validé lors du Conseil ministériel de l’ESA de 2025. Reste à voir si Bruxelles confirmera l’investissement au déploiement opérationnel d’une couche LEO. La même question se pose pour Eutelsat, l’autre pilier de la souveraineté spatiale européenne face aux États-Unis.

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