Thomas Pesquet estime être le mieux placé pour marcher sur la Lune. L’astronaute l’a déclaré sur France24 alors que l’équipage d’Artemis II rentre sur Terre après dix jours autour de la Lune. Sauf que voilà, la NASA a annulé la station Gateway et l’Europe a perdu la base juridique de ses trois sièges dans le programme Artemis.

- Thomas Pesquet estime être le candidat européen le mieux placé pour une future mission lunaire.
- L’annulation de Gateway par la NASA fragilise la base des trois sièges européens dans le programme Artemis.
- L’Europe doit désormais renégocier avec la NASA pour savoir si elle participera encore au retour sur la Lune.
« Ça pourrait être bien parti pour que ce soit moi. », Thomas Pesquet n’a pas tourné autour du pot sur France24. L’astronaute a cité ses concurrents européens : « Il y a Arnaud Prost qui est en réserve, Sophie Adenot qui est dans l’espace. Mais pour les gens qui sont expérimentés, qui ont plusieurs missions à leur ceinture, ce serait plutôt moi. »
Thomas Pesquet se voit bien fouler le sol de la Lune

À 48 ans, Thomas Pesquet reste l’astronaute européen le plus aguerri de sa génération. L’homme a passé deux séjours de longue durée à bord de l’ISS. Il s’est formé à la géologie aux îles Lofoten pour apprendre à lire un sol extraterrestre et s’entraîne déjà dans un simulateur de surface lunaire. Il faut dire que personne en Europe ne cumule autant d’expérience que lui.
Le timing de cette déclaration n’est pas anodin puisque les quatre astronautes d’Artemis II sont en train de revenir vers la Terre après avoir fait le tour de la Lune. Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen ont survolé la face cachée à plus de 406 840 km de la Terre. C’est le premier vol habité au-delà de l’orbite basse depuis Apollo 17 en 1972.
Thomas Pesquet a regardé les images transmises depuis Orion et n’a pas caché sa frustration (saine) : « Je suis complètement jaloux. Ce qu’ils ont l’air de vivre a l’air incroyable. » L’astronaute s’est attardé sur un cliché du soleil qui illumine le halo derrière la Lune, qu’il a décrit comme « une espèce de boule noire en suspension dans le vide total ».
La NASA est un obstacle à son envie d’aller sur la Lune
Sauf que voilà, le problème n’est pas le CV de Thomas Pesquet mais de la NASA. En novembre 2025, le directeur de l’ESA, Josef Aschbacher, a confirmé à Brême que trois astronautes européens participeraient aux missions Artemis. Un Allemand sur la première mission et un Français et un Italien sur les suivantes.
L’ESA fournit les modules de service d’Orion puisque la capsule ne vole pas sans eux. Thales Alenia Space dépose construire le module d’habitation I-Hab en Italie et le module de ravitaillement Esprit en France pour la station Gateway.

Mais la NASA a restructuré le programme Artemis et repoussé l’alunissage en mars 2026. Jared Isaacman, l’administrateur de l’agence, a annulé Gateway pour se concentrer sur une base lunaire au sol. Les modules européens n’ont plus de destination. Et les accords ESA-NASA négociés dans le cadre de Gateway n’existent plus. La NASA n’a pas précisé si les astronautes européens garderaient leurs places.
Le directeur de l’ESA a assuré début avril que l’Europe allait « négocier » avec la NASA. En clair, la position européenne est fragilisée. L’ESA fournit toujours les modules de service d’Orion mais la NASA estime cette contribution comme acquise. Le programme Artemis a coûté près de 100 milliards de dollars sur vingt ans et les Etats-Unis ne sont pas pressés de partager la gloire du retour sur la Lune.
Est-ce que l’Europe participera à la conquête lunaire ?
Le plan de l’ESA prévoyait que Thomas Pesquet vole sur Artemis IV ou V, les premières missions avec alunissage. Artemis III a été repoussée et transformée en vol d’essai en orbite basse. Le premier alunissage habité est repoussé à 2028 avec Artemis IV. La pression géopolitique est énorme puisque la Chine prépare sa propre mission lunaire habitée pour 2030 avec Chang’e-8. La NASA a peur de se faire doubler. Et dans cette course, les sièges européens passent au second plan.

Bref, Thomas Pesquet a raison sur un point. Parmi les candidats français, il est le mieux armé. Thomas Pesquet est prêt. La question est de savoir si l’Europe aura encore un siège quand la NASA lancera le retour sur la Lune. Artemis II prouve que le programme fonctionne mais l’Europe risque d’être juste témoin depuis la Terre.
Source : France24
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