On sait qui a piraté les congélateurs des supermarchés en France, un groupe revendique l’attaque pour le compte de la Russie

On sait enfin qui est derrière le piratage des congélateurs et réfrigérateurs de centaines de supermarchés en France. Ce sont deux groupes de pirates pro-russes appelés NoName057(16) et Z-Pentest Alliance qui revendiquent l’opération.

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E.Leclerc
© ILP
  • Deux groupes de pirates pro-russes, NoName057(16) et Z-Pentest Alliance, revendiquent le piratage de près de 700 supermarchés français.
  • Les hackers ont pris le contrôle des systèmes de froid, provoquant dégivrages, fortes hausses de température, départs de feu et des millions d’euros de pertes.
  • L’attaque exploite des équipements industriels anciens encore accessibles sur Internet et illustre la vulnérabilité de la chaîne du froid face aux cyberattaques.

C’est le mois dernier que le piratage a eu lieu et près de 700 magasins français furent touchés avec des tonnes de produits frais ou surgelés à la poubelle. Finalement, les pirates se sont révélés puisqu’il s’agit de NoName057(16) et Z-Pentest Alliance, des groupes pro-russes.

Des groupes pro-russes revendiquent le piratage des réfrigérateurs

Ces collectifs soutiennent donc Vladimir Poutine et ciblent les pays qui aident l’Ukraine depuis des années. En revanche, notons que Moscou nie toute implication directe avec ces collectifs. Mais les faits sont là, leur activité rejoint les intérêts russes et leurs cibles sont très souvent des membres de l’OTAN ou proches de Kiev.

Rappelons que l’attaque française fut très brutale avec près de 7 % des supermarchés du pays concernés. Les pirates ont pris le contrôle à distance des boîtiers qui gèrent la température des vitrines froides, forçant le dégivrage et poussant certains réglages jusqu’à 50 degrés.

Parmi les victimes, Intermarché, Netto, Carrefour, Monoprix ou encore Coopérative U. Les Mousquetaires furent touchés à hauteur de 300 magasins. Et pour Carrefour et Coopérative U, c’était 80 chacun. Thierry Cotillard, président des Mousquetaires, a parlé d’une perte pour le secteur de plusieurs dizaines de millions d’euros juste sur une seule journée.

Et en plus, le piratage a entraîné des départs de feu. Bref, d’énormes quantités condamnées à finir à la poubelle. Aussi bien de la viande, du poisson, des produits laitiers que des plats surgelés.

Des attaques qui frappent des installations connectées à Internet

Pour mener leur attaque, les pirates sont passés par des équipements connectés à Internet qui facilitent la maintenance à distance qu’importe l’heure. Sauf que voilà, plusieurs d’entre eux utilisaient des logiciels datés sans aucune mise à jour de sécurité. Pourtant, le constructeur Danfoss a recommandé aux enseignes de remplacer certains anciens modèles. Des équipements Copeland et Dixell furent aussi touchés.

Et une nouvelle vague a frappé en ce mois de novembre 2026 avec la Belgique, la Suède, l’Irlande, le Luxembourg ou encore l’Estonie frappés. En Grèce, on a même trouvé des congélateurs dont la température fut montée à 150 degrés. Bref, des tonnes de nourriture jetées à la poubelle dans toute l’Europe.

C’est en 2022 que NoName057(16) s’est fait connaître suite à des attaques contre des administrations et des entreprises de pays qui soutiennent l’Ukraine. Z-Pentest Alliance vise plutôt les équipements industriels et les infrastructures. Reuters a également documenté un partenariat entre NoName057(16) et Z-Pentest Alliance et des hackers iraniens lors d’opérations au Moyen-Orient.

Des équipements qui ne sont pas protégés

Désormais, les cyberattaques ne visent plus seulement des cibles Internet, mais aussi des installations essentielles comme l’eau, l’énergie ou la chaîne du froid. Vous vous en doutez, pas de demande de rançon ou d’une quelconque somme. Le but de ces pirates est de déstabiliser les alliés de l’Ukraine.

Des épisodes qui montrent une grosse faiblesse, celle d’équipements industriels datés qui sont encore accessibles depuis Internet et gèrent des infrastructures sensibles.

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