Sony estime que les joueurs « raisonnables » savent qu’un jeu numérique sur PS5 ne leur appartient pas

Quand Sony prend la parole pour parler du tout numérique, ça fait encore grincer des dents. Devant un tribunal californien, l’entreprise derrière PlayStation a expliqué que les joueurs “raisonnables” savent qu’un jeu numérique acheté sur le PS Store ne leur appartient pas.

Sommaire
Jeux PS5
  • Sony affirme devant la justice que les joueurs “raisonnables” savent qu’un jeu numérique acheté sur le PS Store ne leur appartient pas.
  • Quatre joueurs accusent Sony d’utiliser des boutons comme “Buy Now” alors qu’ils n’achètent qu’une licence révocable.
  • Le procès tombe au pire moment, alors que Sony prépare la fin des nouveaux jeux PlayStation en disque physique dès janvier 2028.

Rappelons que dès janvier 2028, les nouveaux jeux PS5 n’auront plus de disque physique, ce qui révolte une bonne partie de la communauté. Car après tout, le support physique permet une longue conservation, mais surtout les titres achetés sous ce format vous appartiennent vraiment. Il suffit de les sortir de la boîte, de les insérer dans la console et c’est parti. Vous ne dépendez pas d’une connexion Internet.

Est-ce qu’un jeu PS5 acheté sur le PS Store nous appartient ?

Et puis surtout, si un jour Sony s’effondre et que ses serveurs ferment (le risque zéro n’existe pas), vous n’aurez plus accès à votre bibliothèque PS Store. Ce n’est pas le cas d’une collection physique qui en plus montre une vraie passion pour le média et cette envie de collectionner ce que l’on aime.

Bref, revenons à nos moutons. Nous sommes en juin 2026 quand quatre joueurs attaquent Sony devant la justice en Californie. Leur grief, ce sont les mots “Buy Now” et “Confirm Purchase” sur le PS Store. Selon eux, ces formulations donnent l’impression d’acheter un jeu alors que Sony accorde juste une licence qui peut être limitée ou révoquée.

Depuis janvier 2025, une loi californienne impose aux boutiques numériques d’expliquer clairement la différence au moment de l’achat. Sony rejette cette accusation. Dans sa réponse, l’entreprise affirme que “les consommateurs raisonnables ne sont pas induits en erreur”. Sony ajoute qu’il “n’est pas plausible d’affirmer que les consommateurs raisonnables pensaient obtenir la propriété d’un jeu numérique”.

Jeux PS5

Le contrat PlayStation précise aussi que “le logiciel vous est concédé sous licence, il ne vous est pas vendu”. Mais le hic, c’est que ces conditions se trouvent derrière des textes juridiques, et soyons honnêtes, la plupart d’entre nous ne lisent pas ces longs pavés. Les quatre joueurs estiment que le bouton d’achat est quand même trompeur si le PS Store ne précise pas ce que le client a au moment de l’achat.

Sony prend Resident Evil Requiem comme exemple, avec deux joueurs qui ont acheté le jeu à 11 jours d’écart. Et attention, c’est alambiqué. Sony explique que le premier joueur d’une copie numérique n’est pas le propriétaire, sinon le constructeur ne pourrait pas vendre le même titre au second joueur, lui aussi en dématérialisé. Selon cette logique, chacun achète le droit d’utiliser sa copie numérique via une licence.

Pourtant, les plaignants ne parlent même pas des droits de Resident Evil Requiem, mais reprochent surtout à Sony d’utiliser le mot “Buy Now”. Pour eux, la finalité est que l’accès au jeu est soumis à une licence qui peut être retirée à tout moment.

Sony assume d’imposer le format numérique à tous les jeux

Mais ce n’est pas tout, puisque Sony demande à ce que l’affaire passe par un arbitrage privé au lieu d’un procès avec jury. Les conditions du PlayStation Network contiennent une clause qui écarte les recours collectifs pour appliquer cette procédure. Le juge tranchera d’abord sur ce point, puis ensuite le fond du dossier sera examiné.

C’est en juillet 2026 que Sony a surpris tous les joueurs avec l’annonce de la fin des nouveaux jeux PlayStation en disque physique. En janvier 2028, les nouveautés PS5 et les futurs jeux PlayStation passeront au 100 % numérique, sans format physique. Exactement ce qu’est en train de faire Take-Two avec GTA 6, de manière assumée.

Les titres sortis d’ici là resteront disponibles en format physique et les éditeurs auront la possibilité de commander de nouveaux tirages pour les anciens jeux PS5. Le procès a donc lieu en plein contexte sensible et rappelons que cet été, le propriétaire d’une PS5 a subi un blocage de licence sur un jeu numérique pendant une demi-heure. Et devinez quoi ? C’est le disque physique qui lui a permis de jouer pendant ce temps.

Et puis rappelons qu’une récente étude montre que les jeux PS5 numériques coûtent 47 % plus cher que le disque physique dans plusieurs cas. Mais Sony s’accroche au tout numérique pour une raison très simple, pour ne pas dire capitaliste. Sur son dernier exercice, environ 80 % des ventes de jeux complets étaient numériques. Le disque est donc minoritaire et sa suppression réduit les coûts de production et de distribution.

Un jeu numérique ne vous appartient pas et dépend des serveurs

Désormais, la majorité des joueurs passent par le PS Store, mais aussi d’autres plateformes comme le Xbox Game Pass, le Microsoft Store ou encore Steam et Epic Games Store. Sony dit donc explicitement que la fin de la période où l’on pouvait prêter, revendre et garder ses jeux est terminée.

Alors oui, le tout numérique est plus pratique, mais ce procès rappelle que ce n’est pas un achat et que le titre ne vous appartient pas, jamais. Vous achetez juste un accès soumis à une licence et pas un exemplaire qui vous appartient. Et quand une panne du PlayStation Network a lieu, vous vous retrouvez bloqué avec l’impossibilité de le jouer même pour un titre solo.

Source : Game File

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