Mars : un scientifique français a calculé le nombre exact de personnes pour y vivre totalement isolé

Combien de personnes faut-il pour vivre sur Mars sans dépendre de la Terre ? La science a une réponse précise : 110. Mais pas de calendrier pour la conquête martielle puisque la première mission habitée est soumise à une décision politique qui n’existe pas encore.

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Mars colonisation habitation
© Unsplash / Image modifiée par ChatGPT
  • Selon Jean-Marc Salotti, 110 personnes préparées pourraient survivre sur Mars et atteindre l’autarcie.
  • Ce chiffre repose sur un modèle mathématique qui répartit les tâches vitales entre gestion de l’écosystème, énergie, industrie, construction et vie sociale.
  • Le calendrier reste flou, car aucune décision politique ni budget n’existent encore pour lancer une mission habitée vers Mars.

Le 11 août, Jean-Marc Salotti, enseignant-chercheur à Bordeaux INP et président de l’association Planète Mars, a donné ce chiffre lors d’une interview exclusive pour Corse Matin, à l’occasion d’une conférence tenue à Ajaccio.

Combien de personnes faut-il pour vivre sur Mars ?

Le scientifique a publié son étude dans Scientific Reports, un journal affilié à Nature. « Il y est suggéré qu’un groupe de 110 personnes pourrait survivre sur Mars et atteindre l’autarcie si elles y sont préparées », explique le chercheur à Corse Matin.

Le calcul de Jean-Marc Salotti repose sur un modèle mathématique publié en 2020. Le chercheur a comparé le temps pour accomplir toutes les activités humaines de survie au temps vraiment disponible des colons. Un paramètre appelé facteur de partage réduit la charge individuelle puisqu’une tâche collective, comme la construction d’un objet, se répartit entre plusieurs personnes à la fois.

Le modèle retient cinq activités essentielles à organiser sur Mars : la gestion de l’écosystème, la production d’énergie, l’industrie, la construction et la vie sociale. Le résultat final tombe sur 110 individus sous un dôme rempli d’oxygène, avec leur propre agriculture pour tenir sur la durée.

Mais ce chiffre ne fait pourtant pas l’unanimité chez les chercheurs. D’autres études avancent des nombres très différents, 500 personnes selon un papier de 2001 et 100 selon une étude de 2003. Une équipe de l’université George Mason a même abaissé l’estimation à 22 personnes en 2025, avec les facteurs psychologiques et sociaux d’une colonie isolée prise en compte . Jean-Marc Salotti reste toutefois la référence la plus citée sur le sujet.

Dans combien de temps pourrait-on se rendre sur Mars ?

Toutefois, le calendrier est totalement flou. « Il faudrait selon moi 10 à 15 ans de préparation à partir du moment où on a décidé qu’on y va et qu’on y met les moyens. Mais pour l’instant, rien n’est décidé », précise le chercheur. L’obstacle principal est l’atterrissage d’un vaisseau très lourd et à la complexité de la mission. Pour rappel, le voyage vers Mars prendrait environ 260 jours lors des périodes de rapprochement optimal entre les deux planètes, qui n’a lieu que tous les 26 mois.

SpaceX a même revu ses priorités puisque l’entreprise a délaissé Mars au profit de la Lune avec son programme Artemis, ce qui repousse d’autant l’échéance martienne. Bref, la conquête martienne, ce n’est pas pour demain.

Jean-Marc Salotti tient aussi à corriger une idée reçue. « La principale idée reçue est que si on va sur Mars, ce sera au détriment de la Terre. C’est totalement faux. C’est même le contraire », affirme-t-il.

Reste à lancer la mission pour conquérir Mars

Une colonie martienne recyclerait absolument tout pour survivre, sans pétrole et avec très peu de ressources minières sur place. « Les Martiens pourront montrer aux Terriens ce qu’ils seront bientôt obligés de faire, car sur Terre aussi, les ressources vont finir par devenir rares », ajoute le chercheur.

Bref, le nombre d’habitants est connu mais ne manque plus que la décision politique et le budget pour lancer le projet. Jean-Marc Salotti espère que Mars sera un jour « la première pierre de la conquête spatiale » vers les lunes de Jupiter et de Saturne, les astéroïdes et, pourquoi pas, d’autres systèmes solaires.

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