La France a acheté aux États-Unis les trois catapultes de son futur porte-avions pour lancer les Rafale. Le France Libre s’équipera avec le dispositif de lancement EMALS de General Atomics qui l’entretiendra pendant toute la vie du navire.

- La France achète aux États-Unis les catapultes EMALS du futur porte-avions France Libre, avec une maintenance assurée par General Atomics.
- Cette dépendance pose un problème de souveraineté, car les pièces, réparations et mises à jour passeront par la réglementation américaine ITAR.
- Des députés demandent une étude pour une catapulte française, mais aucun industriel européen ne produit aujourd’hui de catapulte électromagnétique navale.
Un rapport de l’Assemblée nationale décrit cette dépendance des catapultes en détail, au moment où l’exécutif présente le programme comme une preuve d’autonomie stratégique. Pourtant, les États-Unis sont derrière et prouvent que la souveraineté, ce n’est pas pour aujourd’hui.
France Libre se dotera de catapultes des États-Unis pour ses Rafale
Le 1er avril 2026, les députés François Cormier-Bouligeon et Aurélien Saintoul ont déposé le rapport n° 2617 de l’Assemblée nationale. Le document liste les dépendances militaires de la France, des munitions au spatial. Le 18 mars 2026, Emmanuel Macron a annoncé le nom du France Libre sur le site Naval Group d’Indret, en Loire-Atlantique
Sur certaines capacités critiques, la France tiendrait quelques mois sans livraisons d’un fournisseur étranger. Un autre rapport parlementaire a montré cette dépendance, Washington bloque l’exportation de Rafale égyptiens à cause de composants sous sa réglementation.

L’exportation bloquée des Rafale montre le niveau de contrôle de Washington. Le contrôle des catapultes engage bien plus que des avions. Une catapulte de porte-avions saisit le train avant d’un avion et le lance à une vitesse proche de 250 km/h en deux secondes, depuis un rail d’une centaine de mètres encastré dans le pont.
Alors sans cet équipement, un chasseur de vingt tonnes chargé de carburant et de missiles ne décolle pas d’un porte-avions. Depuis 2001, le Charles-de-Gaulle utilise déjà deux catapultes à vapeur étatsuniennes.
Un prix public qui n’est pas encore connu
Le France Libre en aura trois avec la technologie électromagnétique. Des catapultes qui lanceront les Rafale Marine appelés à tenir jusqu’en 2060 et l’avion radar E-2 Hawkeye, incapable de décoller d’un tremplin. Le Royaume-Uni a renoncé aux catapultes sur ses porte-avions et se contente d’hélicoptères de guet, qui volent moins haut et moins longtemps.
Le Pentagone a publié une notification de vente à la France pour 1,321 milliard de dollars, soit environ 1,15 milliard d’euros. La notification décrit une version EMALS à deux lanceurs et un dispositif AAG de freinage à trois moteurs pour l’appontage. On trouve dans la vente l’installation à bord, la documentation, les essais, la formation des équipages et le soutien une fois en service.

Sauf que voilà, le France Libre aura trois catapultes et le prix de la troisième n’est dans aucun document public. Au départ, l’estimation du programme complet atteignait 4,5 milliards d’euros. Les documents budgétaires affichent 12,221 milliards d’euros, sans le prix des avions. Le budget des armées finance en plus un programme à 100 milliards d’euros pour remplacer le Rafale.
En 2003, le refus français de la guerre en Irak a dégradé la relation avec Washington. Henri Bentégeat, chef d’état-major des armées à cette période, s’est exprimé dans le magazine Marianne. Selon le général, cette crise diplomatique a menacé la disponibilité du Charles-de-Gaulle à cause de composants étatsuniens dans des capacités critiques.
France Libre sera en mer pendant plusieurs décennies
Le France Libre naviguera jusque dans les années 2080. La France parie sur six décennies de relation stable avec les États-Unis. En 2026, Paris a rompu une coopération majeure avec la fin du programme d’avion de combat commun avec l’Allemagne.
Il n’y a malheureusement aucun industriel européen pour produire une catapulte électromagnétique navale, à la différence de la Chine et de General Atomics. En septembre 2025, la télévision d’État chinoise a montré des catapultages complets depuis le porte-avions Fujian. Ce navire de 316 mètres emploie trois catapultes électromagnétiques de conception chinoise.
Le 17 avril 2026, deux députés français, Yannick Chenevard et Jean-Louis Thiériot, ont réagi par un amendement sur ces catapultes. Le texte demande une étude de faisabilité pour une catapulte française. Alstom, Schneider Electric et Cegelec reviennent dans le débat pour leurs compétences en moteurs linéaires et en fortes puissances électriques. Il n’y a toutefois aucune commande et General Atomics évoque une production partielle en France.
Washington peut autoriser ou refuser chaque transfert

Le contrat engage la France au-delà du matériel. Chaque réparation lourde, pièce et mise à jour du logiciel de commande passeront par la réglementation ITAR. Il s’agit d’une réglementation étatsunienne qui autorise ou refuse chaque transfert de matériel militaire.
Les industriels français de la défense déposent près de mille demandes de licences par an auprès de Washington. L’adaptation des catapultes à des drones demandera une coopération avec General Atomics, sans accès français aux programmes informatiques.
En 2038, le France Libre entrera au service avec un déplacement de 78 000 tonnes et une propulsion nucléaire. Environ 800 entreprises travaillent sur le programme, dont plus de 600 petites et moyennes entreprises françaises.
La suite se jouera sur la signature du contrat des trois catapultes avec son prix public. La réponse à la demande d’étude de faisabilité et la place des dépendances dans la prochaine loi de programmation militaire suivront.
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