La marine US tient un nouveau record moderne peu enviable pour les va-en-guerre que sont les États-Unis. L’USS Gerald R. Ford a passé 296 jours en mer sur son déploiement en cours. Ça n’était pas arrivé depuis la guerre du Vietnam. Il s’agit du plus grand porte-avions au monde.

- L’USS Gerald R. Ford a passé 296 jours en mer, un record pour un porte-avions étasunien en déploiement depuis la guerre du Vietnam.
- Depuis juin 2025, le navire a enchaîné la Méditerranée, la mer des Caraïbes puis la mer Rouge dans plusieurs zones de tension.
- Ce déploiement à rallonge use le bâtiment et l’équipage, avec un incendie en mars 2026 et des alertes sur la santé mentale des marins.
Il faut remonter à la guerre du Vietnam pour trouver plus long. Entre 1972 et 1973, l’USS Midway est resté 332 jours d’affilée loin de son port d’attache. En 2020, l’USS Abraham Lincoln a signé le précédent record avec 295 jours, en pleine pandémie. L’USS Nimitz a bien aligné 341 jours la même année, mais une grande partie à quai en quarantaine. Son temps en mer tombe à 263 jours.
Un record moderne battu par le porte-avions étasunien
En juin 2025, le Gerald R. Ford a quitté Norfolk, en Virginie. Le premier cap visait la Méditerranée. En octobre 2025, il bascule en mer des Caraïbes pour le plus gros déploiement naval de Washington dans la région depuis des décennies.

Le porte-avions participe à l’opération militaire qui aboutit à la capture de Nicolás Maduro, l’ancien président vénézuélien. Nouveau virage ensuite vers le Moyen-Orient, où les tensions avec l’Iran montent d’un cran. Le bâtiment appuie Israël depuis la Méditerranée. Début mars 2026, il traverse le canal de Suez et se déploie en mer Rouge.
Sauf que voilà, ce marathon n’a pas été un long fleuve tranquille. Le 12 mars 2026, un incendie éclate dans la buanderie principale du navire. Trois marins sont blessés et 200 autres sont soignés pour inhalation de fumée. Près de 100 couchettes sont hors d’usage, et 600 marins se retrouvent sans dortoir. Le Ford fait escale en Croatie pour réparer.
Et pour cause, les galères s’enchaînent à bord. Les 650 toilettes du bord font des siennes en continu. En 2025, pas moins de 32 demandes d’assistance technique ont été déposées sur ce seul poste.
Un porte-avions qui pèse sur la santé mentale des soldats

Pour rappel, le Gerald R. Ford n’est pas un navire ordinaire. Il mesure 337 mètres de long pour près de 80 mètres de large. Il déplace plus de 100 000 tonnes avec deux réacteurs nucléaires A1B qui produisent 600 mégawatts. Le bord embarque plus de 75 aéronefs et génère jusqu’à 220 sorties par jour. La facture atteint 13 milliards de dollars.
Pour faire tourner cette ville en mer, 4500 hommes et femmes vivent loin de leurs proches depuis près de dix mois. Le sénateur démocrate Tim Kaine a alerté sur le grave tribut que le déploiement fait peser sur leur santé mentale. L’amiral Daryl Caudle dirige les opérations navales. Il pousse pour un recours accru à des navires plus petits et modernes, au lieu d’une sollicitation permanente des porte-avions.
Les États-Unis jouent aux gendarmes du monde
Ce record intervient dans un contexte stratégique tendu. Les États-Unis multiplient les points de friction simultanés. Le Venezuela au sud, Israël et l’Iran au Moyen-Orient, sans oublier la Chine en mer de Chine méridionale. Un seul porte-avions, même géant, ne peut pas couvrir trois théâtres d’opérations à la fois.
Résultat, la marine pousse ses équipages jusqu’à l’épuisement. Le cas Gerald R. Ford montrent le problème. Les jours en mer s’accumulent, les équipements s’usent, et le moral des équipages s’écroule.La menace évolue aussi autour de ces géants des mers. Les drones kamikazes à bas coût redéfinissent la défense aérienne.

En mars, Airbus a répondu avec un système capable de détecter et d’abattre seul les drones ennemis, appelé Bird of Prey. Les porte-avions de demain auront à composer avec ces nouvelles menaces asymétriques À la fin du mois de mai 2026, le retour du Gerald R. Ford à Norfolk est prévu. Sauf prolongation, évidemment.
Réagissez à cet article !