On aurait pu croire que le pire était passé. Mais le mardi 17 mars 2026, le prix du pétrole est reparti à la hausse. Le Brent dépasse les 103 dollars le baril, soit une progression de 3 % en une seule séance. Son équivalent étasunien, le WTI, frôle les 97 dollars. Et les prévisions ne rassurent personne. La guerre en Iran continue à faire des dégâts.

Il faut dire que la situation a empiré depuis les premières frappes étasuniennes et israéliennes fin février. L’Iran a mis sa menace à exécution. Le détroit d’Ormuz est fermé. C’est le point de passage le plus stratégique du commerce pétrolier mondial. On parle de 20 % de la production mondiale de pétrole qui transite par ce corridor étroit entre l’Iran et Oman.
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La situation en Iran bloque la production mondiale de pétrole
Téhéran mène des attaques de drones et a commencé à poser des mines. Les navires pétroliers sont donc à l’arrêt et aucun armateur ne prend le risque de traverser. Dès les premiers jours du conflit, les prix du pétrole et du gaz avaient déjà flambé avec un Brent qui avait franchi les 80 dollars. Et ce n’est que le début de la crise.
Selon le New York Times, l’administration Donald Trump a sous-estimé la capacité de l’Iran à bloquer le trafic maritime. Le 15 mars, Chris Wright, le secrétaire étasunien à l’Énergie, n’a donné « aucune garantie » sur une baisse des prix. Washington a d’abord comme objectif de neutraliser les capacités militaires iraniennes. La réouverture du détroit viendra après. En clair, le robinet pétrolier restera coupé aussi longtemps que les combats dureront.
Donald Trump a demandé de l’aide à ses alliés pour sécuriser le détroit. Personne n’a répondu. Le président étasunien a promis un « avenir très mauvais » à l’OTAN. L’isolement diplomatique de Washington complique la résolution de la crise. L’Agence internationale de l’énergie a réagi et a débloqué 400 millions de barils de réserves stratégiques. C’est une mesure d’urgence qui montre l’ampleur de la situation.
Les conséquences se font déjà sentir en Europe
Les automobilistes étasuniens paient déjà la facture. Le prix de l’essence a bondi de 27 % depuis le début de la guerre. Un gallon se vend à 3,79 dollars et le diesel a grimpé encore plus vite avec une hausse de 34 %. Chris Wright assume. Il parle d’une « douleur à court terme » pour un « meilleur avenir ». Face à la flambée, les astuces pour économiser quelques centimes par litre ne pèsent pas lourd. Ce genre de déclaration passe très mal quand on remplit son réservoir.
En Europe, les conséquences se font déjà sentir. Le prix du kérosène a bondi de 50 % en Europe en quelques jours et les billets d’avion vont suivre la même trajectoire. Chez nous, le SP95 a dépassé 1,82 euro le litre et le diesel est à 1,86 euro. Certaines stations ont franchi le seuil des 2 euros.
En France, le prix à la pompe risque d’encore grimper
🔴 Hausse des prix des carburants ➡️"Beaucoup d'industriels anticipent que ça va monter, ils prennent alors leur mise le plus rapidement possible […] Géopolitiquement, il y a des gens qui ont intérêt à ce que cette guerre dure", dit Michel-Édouard Leclerc pic.twitter.com/7BUk4M6cr8
— franceinfo (@franceinfo) March 11, 2026
Sauf que voilà, avec un baril à 103 dollars, la baisse temporaire de 30 centimes annoncée par Michel-Édouard Leclerc est déjà caduque. Les raffineurs anticipent la hausse et répercutent les prix avant même que le marché ne le justifie. C’est ce que Michel-Édouard Leclerc a dénoncé. Selon lui, il s’agit d’une « bulle d’anticipation spéculative ».
Bref, le scénario que tout le monde redoutait nous fonce droit dessus. Un baril au-dessus de 100 dollars, un détroit fermé et une guerre qui ne faiblit pas. Trois bombes à retardement qui pèsent sur le portefeuille des automobilistes français. Et les gouvernements sont incapables de donner une date de sortie de crise. Si les combats se prolongent, certains analystes évoquent un baril à 130 dollars. Le pire ? C’est que personne ne sait combien de temps ça durera.
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- Le 17 mars 2026, le Brent dépasse les 103 dollars le baril et le WTI frôle les 97 dollars.
- L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite 20 % du pétrole mondial.
- La hausse se répercute déjà à la pompe, avec un SP95 au-dessus de 1,82 euro le litre.
Source : New York Times
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