Les frappes étasuniennes et israéliennes contre l’Iran ont fait exploser le prix du kérosène en Europe. En quelques jours, la tonne a bondi de 50 %. Le carburant d’aviation livré en Europe du Nord-Ouest s’est vendu à 1 230 dollars la tonne, le mardi 3 mars 2026, selon l’agence de cotation Argus.

Le vendredi 27 février, veille des frappes, le tarif était deux fois moins élevé. On parle du niveau le plus haut depuis fin 2022. Les compagnies aériennes tentent de se protéger avec des contrats de couverture. Mais la facture finira par se répercuter sur les billets d’avion.
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Est-ce que le prix des billets d’avion va augmenter suite à la guerre en Iran ?
Il faut dire que la situation au Moyen-Orient a dégénéré très vite. Le samedi 28 février 2026, les États-Unis ont lancé l’opération « Epic Fury » contre l’Iran dont ils ont fait la propagande en utilisant Call of Duty. Washington a frappé près de 2 000 cibles et coulé 16 navires. Israël a suivi avec l’opération « Roaring Lion ».
L’objectif affiché était d’atteindre Ali Khamenei, Guide suprême de la révolution islamique. Mais aussi d’autres figures du pouvoir en place depuis 36 ans. Téhéran a riposté et a fermé le détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le golfe Persique et l’océan Indien. Résultat, le trafic maritime est presque totalement paralysé dans la zone. Plusieurs pétroliers qui transportaient du kérosène sont bloqués. Un navire a même pris feu dans le détroit, selon les autorités d’Oman.
Sauf que voilà, le détroit d’Ormuz n’est pas un passage comme les autres. On parle de 20 % du pétrole consommé dans le monde et d’un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié qui transitent par ce bras de mer large d’une cinquantaine de km. En 2025, 40 % du kérosène importé en Europe provenait du Golfe.
Bref, la dépendance européenne est colossale. Le blocage d’Ormuz touche directement l’approvisionnement des aéroports du continent. Et pour cause, le kérosène ne se fabrique pas d’un claquement de doigts. Les raffineries européennes ne produisent pas assez pour compenser la perte des importations du Golfe. Selon Goldman Sachs, un arrêt d’un mois du trafic maritime dans le détroit provoquerait une hausse de 130 % des prix européens du GNL. Le kérosène suivrait la même trajectoire.
Voici les conséquences pour les compagnies aériennes et voyageurs
Mais alors que risquent les voyageurs ? Le kérosène représente entre 25 % et 30 % des frais de fonctionnement des compagnies aériennes. Chaque variation de 5 % du prix du carburant en 2026 se traduit par un impact de 5 % à 10 % sur les bénéfices de compagnies comme Delta Air Lines ou United Airlines, selon Jefferies. Pour American Airlines, l’impact grimpe à 35 %.
Rappelons que le baril de Brent a bondi de 13 % dès lundi 2 mars pour dépasser les 80 dollars. Le gaz européen a suivi avec une hausse de plus de 50 % dans la journée. En Bourse, les actions des compagnies aériennes se sont effondrées. On parle de -7 % pour Air France-KLM et TUI, -6 % pour Lufthansa et Wizz Air, -3,5 % pour EasyJet et Ryanair.
Sur le papier, la plupart des grandes compagnies se sont couvertes contre la hausse du kérosène. Ryanair a verrouillé 84 % de ses besoins à 77 dollars le baril. EasyJet couvre 84 % du premier semestre 2026. Wizz Air protège 83 % de sa consommation jusqu’en mars 2026 à un prix compris entre 681 et 749 dollars la tonne. Mais cette stratégie ne durera pas éternellement.
Si le conflit se prolonge au-delà de quelques semaines, les contrats exprireront et les compagnies se retrouvent exposées au prix du marché. On estime qu’une hausse de 10 dollars du baril correspond à une augmentation de 7 à 10 centimes par litre à la pompe. Pour les billets d’avion, la logique est la même.
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L’aviation civile est impactée par la situation en Iran
Mais ce n’est pas tout puisque la guerre a aussi fermé les plus grands aéroports du Golfe. Dubaï, le premier aéroport international du monde avec plus de 1 000 vols par jour, est resté fermé pendant quatre jours. Doha, Abou Dhabi et le Koweït aussi. Emirates a suspendu toutes ses opérations. Qatar Airways, Lufthansa et des dizaines d’autres compagnies ont suivi. Des milliers de vols ont été annulés.
Les avions entre l’Asie et l’Europe contournent désormais tout le Moyen-Orient, ce qui allonge les trajets d’une à deux heures. Pour les compagnies, cela représente encore plus de kérosène à consommer. Les billets entre l’Asie et l’Europe ont doublé sur certaines liaisons. Un aller simple Londres-Australie via Singapore Airlines se vendait 3 620 dollars australiens, bien plus que le billet aller-retour avant.
Pourtant, la Commission européenne a déclaré ne pas avoir de « craintes immédiates » pour l’approvisionnement. Les pays de l’OPEP+ ont aussi réagi avec une hausse de production de 206 000 barils par jour dès avril. Reste que si le détroit d’Ormuz reste bloqué plusieurs semaines, les analystes préviennent que le baril pourrait atteindre 100 dollars.
Le dernier précédent remonte à 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le gaz avait explosé avec une inflation comme cerise sur le gâteau. Selon les spécialistes, le même scénario se dessine si le conflit s’enlise. Le prix des billets d’avion ne fera que grimper.
- Le prix du kérosène en Europe a bondi de 50 % en quelques jours après les frappes contre l’Iran.
- La hausse est liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, qui bloque une partie des flux du Golfe vers l’Europe.
- Si le conflit dure, les billets d’avion devraient augmenter malgré les couvertures carburant des compagnies, car le kérosène pèse 25 % à 30 % de leurs coûts.
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