Ce radar risque de vous infliger une amende par erreur si vous avez votre enfant à bord

Des parents flashés alors qu’ils ont leur bébé à bord ? Oui, car les nouveaux radars covoiturage du périphérique parisien ont un gros problème. En seulement trois semaines, ils ont collé plus de 4000 amendes. Un démarrage triomphal qui aurait de quoi rassurer la mairie de Paris si une partie de ces amendes n’était pas tout simplement une erreur.

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radar covoiturage
© Unsplash

Pour rappel, le périphérique parisien a des voies réservées au covoiturage. Pour les emprunter légalement, il faut être au moins deux à bord, conduire un taxi, être un véhicule prioritaire ou se trouver en situation de handicap. Rouler seul sur ces voies, c’est 135 euros d’amende. Pas de quoi rigoler alors que les radars deviennent aussi invisibles.

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Un radar de covoiturage qui ne repère pas les enfants

Ces radars ne sont pas de simples appareils photo. Ils s’appuient sur des caméras thermiques et l’IA pour repérer les infractions. Quand une infraction possible est détectée, un agent humain prend le relais pour confirmer qu’il n’y avait bien qu’une seule personne à bord. Un double contrôle pour limiter les erreurs. Sauf que voilà, ça ne suffit pas.

Depuis quelques mois, des témoignages s’accumulent. Des parents se retrouve avec 135 euros d’amende que leur bébé était à bord. Un enfant en siège auto n’est pas détecté et qu’il soit à l’avant ou à l’arrière, le problème est le même. Résultat, des parents se font flasher alors qu’ils respectaient parfaitement les conditions d’utilisation des voies. Et 135 euros quand on a un enfant à charge, ça picote.

C’est le cas de Souhaila, dont le témoignage a été recueilli par Le Parisien. Elle a reçu deux amendes en l’espace d’un mois, à chaque fois en emmenant sa fille chez la nourrice. Deux fois 135 euros pour une infraction qu’elle n’a pas commise. Et elle est loin d’être la seule dans cette situation.

La Ville de Paris est pourtant claire sur le sujet. Un bébé est un passager à part entière. Sa présence dans le véhicule suffit à justifier l’utilisation de la voie de covoiturage. Un nourrisson dans un siège auto, c’est une personne à bord, il ne faut pas attendre ses 18 ans pour que ce soit le cas. Ce n’est pas une zone grise. La règle est écrite noir sur blanc mais rien à faire, les sanctions tombent.

Pourquoi ces erreurs dans la détection des enfants ?

Le problème vient de ces radars. Les caméras thermiques détectent la chaleur corporelle. Mais un bébé sanglé dans son siège, couvert, souvent face à la route à l’arrière, a un signal thermique bien plus faible qu’un adulte. L’IA ne le détecte pas. L’agent humain qui valide derrière commet la même erreur. L’erreur humaine s’ajoute à la limite technologique, et c’est le conducteur qui en fait les frais.

Ce qui rend la situation encore plus frustrante, c’est que ces automobilistes ont raison. Ils est possible de contester l’amende et d’obtenir réparation. Mais la procédure prend du temps. Il faut rassembler des preuves, photographies, témoignages, parfois même des captures de caméra embarquée, envoyer un courrier recommandé, attendre une réponse qui peut tarder plusieurs semaines. Pour 135 euros, beaucoup préfèrent payer au lieu d’entrer en guerre contre le contribuable.

Et puis n’oublions pas ceux qui ne savent pas qu’il est possible de contester. Des personnes qui pensent à tort qu’elles ont commis une erreur et paient sans broncher. Pour eux, le préjudice est total.

Pourquoi les voies de covoiturage ont été lancées ?

Ce n’est pas la première fois qu’une technologie lancée sur la voie publique montre des angles morts après quelques mois. Les radars habituels ont aussi traversé des débuts douloureux pour les conducteurs. Mais dans ces cas-là, c’est rarement la mairie qui présente des excuses. C’est le conducteur qui doit prouver son innocence. Et ça, ça agace en ligne.

Rappelons aussi que le covoiturage sur le périphérique est une mesure récente. Elle a été mise en place pour réduire le trafic et les émissions de CO2 sur l’un des axes les plus encombrés d’Europe. L’idée est bonne, disons-le, avec plus de voitures avec un seul occupant donc plus de partage et moins d’embouteillages. Oui, il y a le raté du radar mais espérons quand même que les autorités réagissent rapidement.

  • Les nouveaux radars covoiturage du périphérique parisien ont distribué plus de 4 000 amendes en trois semaines.
  • Ils peuvent flasher à tort des parents avec un bébé à bord, car l’enfant en siège auto n’est pas détecté.
  • L’amende est de 135 euros, et la contestation est possible mais longue, ce qui pousse certains à payer.

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