Un radar d’un nouveau genre est apparu à Lyon. Sa particularité ? Pas de flash, pas de lumière qui prévient. Et surtout, il ne contrôle pas que la vitesse. Même les conducteurs les plus prudents au compteur risquent de recevoir une amende dans leur boîte aux lettres.

Les automobilistes qui empruntent les quais du Rhône à Lyon ont une mauvaise surprise. Un nouveau radar a été installé quai du Docteur Gailleton, dans le 2e arrondissement en Presqu’île. Il remplace un ancien dispositif qui était en place depuis des années au même endroit, à hauteur de l’aire de covoiturage dans le sens nord-sud. La zone est limitée à 50 km/h.
La préfecture du Rhône a confirmé au Progrès qu’il s’agit d’une « modernisation de l’équipement de terrain en place ». Sauf que cette modernisation change tout pour les conducteurs.
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Ce radar sans flash ne sanctionne pas que la vitesse excessive
La première particularité de ce radar, c’est son flash. Il n’en a pas, tout simplement. Enfin si, mais il est invisible. L’appareil utilise un flash infrarouge que l’œil humain ne peut pas détecter. En clair, vous êtes flashé, votre plaque est photographiée, mais vous ne voyez absolument rien.
Il n’y a donc pas de lumière blanche ou d’éclair dans le rétroviseur comme d’habitude. La seule façon de savoir que vous avez été pris, c’est quand l’amende arrive par courrier. C’est ce que les services de l’État appellent la « verbalisation incognito ». On ne fait pas plus clair.

Mais le plus gros changement, c’est que ce radar ne se contente plus de contrôler la vitesse. C’est un radar tourelle de type Mesta Fusion 2, en hauteur à plusieurs mètres du sol. Il surveille à la fois les excès de vitesse et le franchissement des feux rouges. Pour faire simple, même un conducteur qui respecte scrupuleusement les 50 km/h peut se faire flasher s’il grille un feu. Et sur cet axe très fréquenté que beaucoup de Lyonnais empruntent pour rejoindre le tunnel sous Fourvière, les feux rouges grillés, c’est fréquent.
Et ce n’est que le début. Les radars tourelles Mesta Fusion 2 sont capables de détecter bien plus que la vitesse et les feux rouges. La législation autorise ces appareils à sanctionner jusqu’à une dizaine d’infractions différentes. Voici la liste de ce que ces radars peuvent verbaliser :
- Excès de vitesse dans les deux sens de circulation
- Franchissement de feu rouge
- Franchissement de passage à niveau fermé
- Franchissement ou chevauchement de ligne continue
- Non-respect des distances de sécurité
- Circulation sur la bande d’arrêt d’urgence
- Circulation sur les voies réservées (bus, taxis, covoiturage)
- Non-port de la ceinture de sécurité
- Utilisation du téléphone au volant
- Non-port du casque pour les deux-roues
Pour le radar du quai Gailleton, seules les deux premières infractions sont actives. C’est-à-dire la vitesse et les feux rouges. Mais le gouvernement a prévu 46 millions d’euros pour moderniser le parc de radars en France. Le déploiement des nouvelles infractions se fera progressivement jusqu’en 2030. Ces radars de nouvelle génération utilisent la vidéo haute résolution et l’IA pour analyser les images en direct. En Angleterre, un dispositif similaire a relevé plus de 300 infractions en 72 heures sur une seule route, dont 117 pour l’utilisation du téléphone au volant.
La facture peut vite être salée avec ce nouveau radar
Pour les sanctions, la facture peut grimper très vite. Un feu rouge grillé, c’est 135 euros d’amende et 4 points en moins sur le permis. Un excès de vitesse de moins de 20 km/h en ville, c’est 135 euros et 1 point. Et le problème avec ces radars tourelles, c’est qu’ils détectent plusieurs infractions en même temps. Si vous passez au rouge à 55 km/h dans une zone à 50, c’est deux PV d’un coup. Sur le papier, quand toutes les infractions seront actives, un seul passage devant le radar pourra coûter jusqu’à 405 euros d’amende et 8 points de retrait.
N’oublions pas que ces radars tourelles sont de vrais monstres technologiques. La caméra de 36 millions de pixels capture des images nettes même dans de mauvaises conditions de luminosité. L’appareil a une portée de plus de 100 mètres et peut contrôler jusqu’à 126 véhicules en même temps, sur 5 files de circulation et dans les deux sens. Bref, vous êtes sous surveillance et pas que dans votre habitacle.
La France compte déployer encore plus de radars
Le parc de radars en France compte environ 4 000 appareils. Le gouvernement prévoit de passer à 4 160 d’ici la fin du déploiement. Les radars tourelles sont de plus en plus nombreux. Surtout en agglomération, près des écoles et sur les carrefours à risque.
Leur avantage pour les autorités. Ils remplacent un ancien radar qui ne faisait que contrôler la vitesse par un modèle nouvelle génération capable de surveiller tout un carrefour. Pour les automobilistes, la règle est simple, rouler à la bonne vitesse ne suffit plus. Il faut aussi respecter les feux, garder ses distances, attacher sa ceinture et poser son téléphone. Et comme le flash est invisible, impossible de savoir si le radar vous a pris en photo.
- Un radar tourelle Mesta Fusion 2 a été installé quai du Docteur Gailleton à Lyon à la place de l’ancien radar.
- Ce radar utilise un flash infrarouge invisible et il verbalise actuellement les excès de vitesse et les feux rouges.
- Ce type de radar peut à terme sanctionner d’autres infractions avec le déploiement progressif des nouvelles fonctions jusqu’en 2030.
Source : Actu Lyon
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