NASA : sa mythique bibliothèque spatiale ferme, symbole du démantèlement engagé sous Trump

Le 2 janvier 2026 restera gravé dans le marbre comme une date noire pour l’histoire de l’exploration spatiale américaine. Ce jour-là, la bibliothèque du Goddard Space Flight Center dans le Maryland a définitivement fermé ses portes sur ordre de Donald Trump.

NASA
© Unsplash

Quelques cent mille ouvrages, revues scientifiques et documents d’archives, dont une grande partie n’existe nulle part ailleurs et n’a jamais été numérisée, sont menacés d’une destruction pure et simple. Selon le syndicat qui représente les employés du site, seuls 10 à 15 % de cette collection seront conservés par la NASA. Le reste finira dans des entrepôts gouvernementaux ou, pire encore, dans des bennes à ordures.

Des documents précieux de la NASA risquent de disparaître

Donald Trump est en guerre contre la NASA et cette bibliothèque n’avait rien d’un entrepôt d’archives oubliées. Elle fut inaugurée en 1959 et occupait une position centrale sur le vaste campus de Greenbelt où la NASA a développé ses instruments les plus emblématiques, parmi lesquels les télescopes Hubble et James Webb.

Pour les chercheurs et ingénieurs, c’était l’endroit pour consulter des documents qui remontaient au début de l’ère spatiale, avec notamment des archives soviétiques qui ont été récupérées pendant la guerre froide et des notes sur les premières fusées à ergols liquides. Des informations irremplaçables qui permettaient de comprendre comment fonctionnaient les instruments d’antan pour les utiliser correctement et mieux exploiter les données collectées.

Donald Trump
© Daniel Torok

L’administration de Trump justifie cette fermeture par des économies budgétaires. Le site coûterait environ 10 millions de dollars par an à entretenir. La facture de maintenance différée atteindrait 63,8 millions de dollars. Jacob Richmond, porte-parole du centre, reconnaît sans détour que les documents jugés inutiles seront « jetés à la poubelle ».

Bref, la bureaucratie est ici un alibi pour liquider le patrimoine scientifique de toute une nation. Surtout quand on sait que Jacob Richmond précise que cette méthode est « une procédure établie pour disposer des propriétés fédérales ».

Un vaste démantèlement de la recherche spatial

Le plan de démantèlement est bien plus vaste, puisque d’ici mars 2026, 13 bâtiments et plus de 100 laboratoires du campus Goddard seront vidés puis fermés. Les effectifs du site ont déjà fondu : plus de 10 000 employés ont été ramenés à environ 6 600 depuis janvier 2025. On parle du départ d’un tiers des cerveaux qui faisait la renommée de la recherche spatiale américaine.

Le sénateur démocrate du Maryland, Chris Van Hollen, ne mâche pas ses mots. Selon lui, Donald Trump a passé 2025 à « attaquer le centre Goddard et ses effectifs ». Il estime même que le président des États-Unis menace la capacité du pays à « explorer l’espace et approfondir leur compréhension de la Terre ». Le syndicat des ingénieurs et techniciens du site (GESTA) dénonce des fermetures « précipitées et désorganisées », sans plan clair pour le futur.

On parle même d’équipements électroniques de test indispensables à la validation de futurs engins qui auraient été détruits, toujours au nom de cette procédure de « disposition des propriétés fédérales ». Monica Gorman, analyste de recherche au centre, évoque une situation « extraordinairement chaotique, au point d’être cruelle pour les personnes qui travaillent dans ces bâtiments ».

Pour remplacer ses 65 ans de documents, la NASA a lancé sa plateforme Ask a Librarian. Les scientifiques qui travaillent sur les missions spatiales rempliront une demande numérique et patienteront jusqu’à ce qu’on leur expédie une copie ou qu’on leur organise un emprunt auprès d’une autre bibliothèque fédérale. Pour les équipes, pas d’autre choix que d’attendre, alors que jusqu’à présent, elles avaient immédiatement accès à la documentation dont elles avaient besoin.

L’administration Trump essaie de minimiser la polémique

Jared Isaacman, nouvel administrateur de la NASA, très proche d’Elon Musk et Donald Trump, tente de minimiser la polémique. Il assure que les chercheurs garderont toujours accès aux contenus numériques et aux prêts entre bibliothèques fédérales. Selon lui, c’est une opération de « consolidation » et pas de « fermeture ». Il précise également qu’il s’agit d’une « transformation » qui est lancée depuis 2022. Pourtant, le plan de base voulait que de nouveaux bâtiments soient construits pour remplacer les anciens. Il n’en sera rien.

Depuis 2022, sept autres bibliothèques de la NASA ont déjà été fermées à travers le pays, dont trois rien qu’en 2025. Il n’en reste plus que trois sur le territoire américain, incluant Cleveland, Mountain View et Pasadena. Les archives de la bibliothèque du siège de la NASA à Washington ont été transférées à Goddard à sa fermeture et aujourd’hui, toutes se retrouvent menacées de disparition.

  • Le 2 janvier 2026, la bibliothèque du Goddard Space Flight Center a définitivement fermé.
  • Des centaines de milliers d’ouvrages et d’archives non numérisés risquent d’être détruits, et seuls 10 à 15 % seraient conservés par la NASA selon le syndicat.
  • La NASA renvoie vers sa plateforme Ask a Librarian, tandis que 13 bâtiments et plus de 100 laboratoires du campus doivent être vidés d’ici mars 2026.

Source : NPR

Réagissez à cet article !