Les quatre astronautes d’Artemis II reviennent sur Terre après dix jours autour de la Lune. L’amerrissage de la capsule Orion est prévu dans la nuit du 10 au 11 avril 2026 à 2h07 heure française au large de San Diego dans l’océan Pacifique. Il s’agit de l’étape la plus risquée de toute la mission.

- L’amerrissage d’Orion est prévu dans la nuit du 10 au 11 avril 2026 à 2h07 heure française au large de San Diego.
- La rentrée atmosphérique est l’étape la plus risquée de toute la mission.
- Le premier alunissage habité du programme Artemis est désormais repoussé à 2028 avec Artemis IV.
Orion fonce vers la Terre à 40 000 km/h. La capsule atteindra 2 800 degrés dans l’atmosphère et décélérera jusqu’à 520 km/h en quelques minutes. On parle de conditions extrêmes qui mettent le bouclier thermique à rude épreuve.
Comment suivre le retour d’Artemis II en direct ?
Et pour cause, il y a un risque que cette rentrée endommage une partie du bouclier. Ce problème avait déjà été identifié lors du vol non habité d’Artemis I en 2022. La NASA a pris le risque d’envoyer quatre astronautes vers la Lune pour la première fois depuis 1972 malgré cette inquiétude.
1/2
— Dr Marco Langbroek 🇬🇱 🇩🇰 (@Marco_Langbroek) April 8, 2026
This morning I managed to image #Artemis II 'Integrity' on its return journey from the #Moon, using the 41.5-cm MISO telescope of @AETUDelft (Delft University of Technology).
At a sky elevation of only 8.7 degrees and in twilight, so positively surprised by the outcome! pic.twitter.com/rKcqe2XNtL
La liaison avec Houston sera aussi coupée pendant plusieurs minutes au moment le plus critique. Les astronautes seront livrés à eux-mêmes quand la capsule traversera la couche de plasma qui bloque les communications radio.
Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen ont décollé le 1er avril depuis le Centre spatial Kennedy en Floride. Le lancement fut un succès et la fusée SLS a propulsé Orion vers la Lune sans incident. Au troisième jour, les moteurs se sont allumés pour l’injection translunaire.
Lors du cinquième, l’équipage a survolé la face cachée de la Lune et les communications avec la Terre ont été coupées pendant 40 minutes. C’est la première fois depuis Apollo 17 en décembre 1972 que des êtres humains s’aventurent aussi loin de la Terre. Plus de 53 ans sans vol habité au-delà de l’orbite basse.
Pour suivre le retour d’Artemis II en direct, voici comment faire :
- Le site de suivi en direct AROW sur nasa.gov/trackartemis qui affiche la position exacte d’Orion, sa vitesse et le temps de mission écoulé
- La retransmission vidéo en direct sur la chaîne YouTube de la NASA et sur le service de streaming NASA+
- L’application mobile NASA qui envoie des notifications et propose un suivi en réalité augmentée
Plusieurs astronomes amateurs ont déjà capté des images d’Orion qui se rapproche de la Terre. Le Meteoroid Environment Office de la NASA a partagé ses clichés et le scientifique néerlandais Marco Langbroek a photographié la capsule en approche.
Le retour sur la Lune ne se fera pas demain
Sauf que voilà, même si Artemis II est un succès, le retour sur la Lune est encore loin. La NASA a restructuré le programme Artemis et repoussé l’alunissage en mars 2026. L’administrateur de la NASA Jared Isaacman a estimé que passer d’un survol lunaire à un alunissage était un risque trop grand.

En clair, Artemis III ne posera pas le pied sur la Lune. La mission servira de répétition en orbite terrestre basse pour tester les combinaisons et les modules de transfert. Le premier alunissage habité est repoussé à 2028 avec Artemis IV.
Le Starship HLS de SpaceX servira de module lunaire mais n’a pas encore dépassé le stade du prototype pour sa version lunaire. Pourtant, on parle d’un contrat de près de 4 milliards de dollars. Le Blue Moon de Blue Origin de Jeff Bezos est aussi en lice. La NASA a annulé la station Gateway en orbite lunaire pour se concentrer sur une base au sol au pôle Sud.
L’Europe semble écartée de la conquête lunaire
Cette décision a fragilisé la position de l’Europe dans le programme puisque les trois sièges européens négociés dans le cadre de Gateway n’ont plus de base juridique. L’astronaute français Thomas Pesquet a déclaré sur France Inter que « ça pourrait être bien parti » pour qu’il marche sur la Lune. Mais le directeur de l’ESA Josef Aschbacher a reconnu que l’Europe allait « négocier » avec la NASA pour garder ses places.

La pression géopolitique est énorme. La Chine prépare sa propre mission lunaire habitée Chang’e-8 pour 2030. Pékin construit une base lunaire en partenariat avec la Russie. La NASA a peur de se faire doubler et chaque mois de retard compte. Artemis II prouve que le programme fonctionne. Résultat, cette nuit, des millions de personnes suivront le retour des quatre astronautes sur Terre.
Réagissez à cet article !