L’administration Trump demande à la NASA de stopper deux missions satellitaires majeures en termes de surveillance de gaz à effet de serre. La suppression concerne les satellites fédéraux conçus pour surveiller le dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

On le sait depuis longtemps, la présidence de Donald Trump est une catastrophe pour la NASA. Les conséquences se font déjà ressentir avec la suppression des deux missions Orbiting Carbon Observatory qui collectent des données utilisées par les scientifiques, les compagnies pétrolières et les agriculteurs pour analyser le niveau de CO2 et la santé des cultures. L’une des missions sera définitivement perdue puisque le satellite brûlera dans l’atmosphère.
Deux projets de la NASA qui disparaissent sous l’administration Trump
La décision de l’administration Trump, empêtrée dans l’affaire Jeffrey Epstein, surprend d’autant plus que cet équipement spatial est à la pointe de la technologie et avait encore plusieurs années de vie devant lui. Un rapport officiel de la NASA expliquait en 2023 que « les données sont d’une qualité exceptionnelle », avec une recommandation de poursuivre les missions pendant trois ans au minimum.
David Crisp, scientifique retraité de la NASA qui a conçu les instruments et dirigé les missions jusqu’en 2022, confirme que des employés de l’agence spatiale préparent la fin de ces deux projets. Trois autres scientifiques académiques qui utilisent ces données confirment avoir été contactés à propos de l’arrêt des missions, tous sous couvert d’anonymat par crainte pour l’emploi du personnel de la NASA qui les a contactés.
Deux employés actuellement à la NASA confirment aussi que les responsables de missions ont reçu l’ordre de préparer la fin de ces projets qui perdraient leur financement dans le budget proposé par Donald Trump pour l’année fiscale 2026. Ils craignent le licenciement et parlent donc ouvertement de cette demande.
Les missions Orbiting Carbon Observatory ont déjà reçu un financement jusqu’à la fin de cette année fiscale 2025, et les projets de budget examinés par le Congrès maintiennent le financement de la NASA, sauf que l’avenir de beaucoup de missions reste incertain.
Une décision qui n’a aucun sens pour les spécialistes
La semaine dernière, la NASA a annoncé qu’elle examinerait les propositions d’entreprises privées et d’universités capables d’assumer le coût de maintenance du dispositif attaché à la Station spatiale internationale et un autre qui mesure l’ozone dans l’atmosphère. Il s’agit de missions très précieuses puisqu’elles mesurent le dioxyde de carbone dans l’atmosphère en détectant la croissance végétale terrestre via la captation de la lumière émise par la photosynthèse. Les cartes haute résolution de la croissance végétale sont utilisées par les agriculteurs pour surveiller la sécheresse mais aussi la cartographie forestière.
Le ministre de l’Agriculture et de nombreuses entreprises de conseil agricole utilisent ces données pour prédire les rendements, suivre les conditions de sécheresse et anticiper l’instabilité politique suite aux échecs de récolte et aux migrations de masse. Les données satellitaires ont amélioré la compréhension scientifique de l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Les mesures terrestres étaient autrefois pratiquées dans les années 50 mais montraient vite des limites. Les satellites couvrent la planète entière et montrent le rôle majeur des forêts boréales nordiques dans l’absorption du CO2.
Selon David Crisp, la fin de ces missions n’a aucun sens puisque leur conception, construction et lancement ont coûté 550 millions de dollars. Leur maintenance actuelle ne coûte que 15 millions de dollars par an pour couvrir le téléchargement des données et la maintenance des capteurs terrestres.
- L’administration Trump prévoit de supprimer deux missions satellites clés de la NASA chargées de surveiller le dioxyde de carbone, malgré leur utilité reconnue et leur excellent état de fonctionnement.
- Les scientifiques alertent sur une décision incohérente : les satellites, essentiels pour l’agriculture, la recherche climatique et la gestion des forêts, ne coûtent que 15 millions de dollars par an à maintenir.
- Malgré des rapports positifs et une utilisation mondiale des données, l’arrêt du financement en 2026 placerait des outils cruciaux hors service, au détriment de la compréhension du changement climatique.
Source : NPR
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