Artemis II décolle avec succès : ce qui attend la NASA maintenant

Le 1er avril 2026 à 18h35 heure locale, la NASA a lancé Artemis II depuis le Kennedy Space Center en Floride. Trois astronautes de la NASA et un astronaute canadien ont décollé à bord de la fusée SLS. C’est un voyage de dix jours autour de la Lune et la première mission habitée vers la Lune depuis décembre 1972 et Apollo 17. Plus de 53 ans se sont écoulés.

Sommaire
Artemis II NASA
© NASA
  • Artemis II a décollé le 1er avril 2026 avec quatre astronautes à bord, première mission habitée vers la Lune depuis Apollo 17 en 1972.
  • La mission doit durer dix jours autour de la Lune, avec un passage prévu à 406 840 km de la Terre le 6 avril.
  • Ce vol sert surtout à qualifier Orion et le programme Artemis avant le retour d’astronautes sur la surface lunaire.

La fusée SLS mesure 98 mètres de haut. C’est la plus puissante jamais pilotée par des humains. Ses quatre moteurs RS-25 et ses deux propulseurs à poudre ont généré 39 millions de newtons de poussée au décollage. C’est plus que la Saturn V du programme Apollo. La fusée a franchi le mur du son une minute après le décollage. Les deux propulseurs se sont séparés au bout de deux minutes à plus de 45 km d’altitude avant de retomber dans l’océan Atlantique. Ils ne seront pas récupérés.

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La décollage de la mission Artemis II est un succès pour la NASA

Quid de l’équipage complet de la mission Artemis II ? Reid Wiseman, commandant de la mission, est capitaine de la Navy et ancien pilote d’essai. Victor Glover, pilote de la mission, est lui aussi capitaine de la Navy. Christina Koch, spécialiste de mission, détient le record du plus long vol dans l’espace pour une femme avec 328 jours. En 2019, elle a participé à la première sortie spatiale 100 % féminine. Jeremy Hansen, astronaute de l’Agence spatiale canadienne, effectue son premier vol. C’est le premier astronaute qui n’est pas étasunien à partir vers la Lune.

« Nous partons pour l’humanité tout entière » a déclaré Jeremy Hansen, dix minutes avant le décollage. Reid Wiseman a enchaîné quelques minutes après le lancement : « Nous voyons un beau lever de Lune. » Les quatre astronautes sont installés dans la capsule Orion, un habitacle de 9 mètres cubes, l’équivalent d’un camping-car. « Je commence à être un peu complexé par ma taille » avait Jeremy Hansen  confié avant le vol. Il faut dire que l’astronaute fait 1,87 mètres !

Après le décollage, la capsule Orion a été placée en orbite terrestre basse. Victor Glover a pris les commandes manuelles du vaisseau pour une manœuvre de rapprochement avec l’étage supérieur de la fusée. Il s’agit d’un test de pilotage manuel à moins de 10 mètres du module. Le vaisseau Orion n’a pas de télémètre pour mesurer la distance. C’est Jeremy Hansen qui a guidé le pilote en regardant le module par la fenêtre. « Nous sommes le système principal d’évitement des dangers, ces yeux » a expliqué Victor Glover avant la mission.

Victor Glover a comparé les commandes d’Orion à celles d’un F/A-18 Super Hornet. On trouve des manches physiques et un dispositif de contrôle du curseur. Il n’y a pas d’écrans tactiles comme sur le Crew Dragon de SpaceX. « Le véhicule SpaceX a été conçu pour que vos enfants puissent quitter leurs jeux vidéo et sauter dedans » avait-il résumé. Orion est conçu pour voler en pilote automatique mais les astronautes ont la main en cas de problème. Les futures missions demanderont des amarrages avec des modules lunaires en orbite.

Un programme de grande ambition pour la NASA

Le programme Artemis a coûté près de 100 milliards de dollars à la NASA sur vingt ans. La mission Artemis II ne prévoit pas de se poser sur la Lune, c’est un vol de qualification. Les astronautes testent le support de vie, la production d’oxygène, la gestion du CO2, la température à bord et l’approvisionnement en eau. Amit Kshatriya, administrateur associé de la NASA, a été clair : « Si on n’a pas les performances attendues après l’accélération et les vibrations du lancement, on rentre. On ne s’engage pas vers la Lune si les résultats ne sont pas là. »

Artemis II NASA
© NASA

Le vaisseau Orion suit une trajectoire dite de « retour libre ». Il utilise la gravité de la Lune pour rediriger sa course vers la Terre. En cas de problème, le vaisseau revient naturellement, sans manœuvre majeure. C’est le même principe qu’Apollo 13 en 1970. Une explosion a forcé l’équipage à utiliser la gravité lunaire pour rentrer.

Le 6 avril, l’équipage atteindra une distance de 406 840 km de la Terre. C’est un record puisqu’aucun être humain n’a jamais été aussi loin de notre planète. Les astronautes verront des parties de la face cachée de la Lune que personne n’a jamais eu la chance d’observer de ses propres yeux. Les scientifiques compareront leurs observations avec les images capturées par des sondes robotiques. En 2024, la sonde chinoise Chang’e 6a rapporté des échantillons de la face cachée.

Un retour programmé pour le 10 avril prochain

C’est le 10 avril que la rentrée atmosphérique est prévue. Orion plongera dans l’atmosphère à environ 40 000 km/h et son bouclier thermique sera soumis à des températures extrêmes. C’est l’un des tests les plus critiques de la mission. L’amerrissage est prévu dans l’océan Pacifique au large de la Californie.

Bref, Artemis II ouvre une nouvelle ère. La prochaine étape, c’est Artemis IV en 2028 avec un alunissage habité. SpaceX développe un module lunaire basé sur le Starship et Blue Origin travaille sur un second atterrisseur. La course entre la NASA et la Chine pour le retour sur la Lune est lancée. Pékin vise 2030 pour son premier alunissage habité.

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