Produire de l’oxygène sur la Lune devient une réalité, un pas de plus vers une colonie lunaire

Sierra Space, entreprise spécialisée dans les technologies spatiales et de défense, franchit une étape importante : extraire de l’oxygène à partir des régolithes qui constituent le sol lunaire. Il s’agit d’une avancée dans un contexte plus large d’exploration lunaire.

Lune
© Envato

Depuis la fin des missions Apollo, le retour sur la Lune est un objectif majeur alors que des maisons imprimées en 3D conçues à partir d’un béton sans eau sont à l’étude. En 2017, la NASA a lancé le programme Artemis pour renvoyer un humain là-bas mais aussi y établir une base permanente.

Un futur habitable pour la Lune ? Des scientifiques prouvent qu’il est possible d’y produire de l’oxygène

SpaceX, la société d’un Elon Musk à l’image entachée auprès des clients de Tesla, participe au projet en fournissant l’atterrisseur nécessaire au transport de l’équipage et du matériel. La Chine et d’autres pays participent aussi à la course spatiale, tout comme l’ESA qui développe son propre atterrisseur.

Mais l’enjeu majeur reste la production d’oxygène pour la future base lunaire mais aussi les missions vers Mars qui demandent un bon moment pour s’y rendre. La capacité à générer cette ressource sur place réduira la charge utile des missions cargo entre la Terre et la Lune.

En septembre 2024, Sierra Space a annoncé ses premiers succès dans ce domaine. L’entreprise a utilisé le Carbothermal Oxygen Production Reactor, un réacteur spécial, pour extraire l’oxygène des régolithes dans des conditions similaires à celles de la Lune. Tom Vice, dirigeant de la société, déclare : “Le programme Apollo nous a emmenés sur la Lune pour l’étudier. Artemis nous y amène de nouveau mais pour s’y établir. Notre entreprise se concentre sur la conception d’une infrastructure pour permettre à l’humain d’y rester en continu. Il s’agit d’un avenir durable qui débute par le développement d’une technologie de base et d’un mécanisme de création d’oxygène en utilisant les ressources sur place.”

Pour ce faire, les tests ont impliqué de chauffer des matériaux similaires au sol lunaire à 1 650 degrés avec des réactifs pour produire des bulles d’oxygène. Mais il reste un problème : la gravité lunaire qui est six fois plus faible que celle de la Terre. La différence pourrait modifier le comportement des bulles d’oxygène, très visqueuses, qui pourraient ne pas se détacher pour être collectées. Les tests en conditions réelles auront lieu en 2028, au plus tôt. Il y a également le soutien des institutions scientifiques pour régler le problème comme l’Université Johns Hopkins et le MIT.

Mais ce n’est pas tout puisque Sierra Space explore le potentiel des régolithes pour extraire les métaux. Des recherches auront lieu en 2025 pour, possiblement, obtenir du fer, du titane et du lithium. Les matériaux pourraient servir à fabriquer des briques ou du verre sur la Lune.

Quant à la mission Artemis 3, elle enverra la première équipe d’astronautes dotée d’une nouvelle combinaison spatiale sur le sol lunaire à la mi-2027. Et en 2026, Artemis 2 testera le vaisseau Orion avec son premier équipage.

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