Le mouvement QuitGPT rassemble plus de 200 000 personnes qui ont promis de supprimer ChatGPT et de résilier leur abonnement. Ce boycott a été lancé fin janvier 2026 et vise directement les liens financiers entre les dirigeants d’OpenAI et l’administration Trump.

Il s’accompagne de la colère provoquée par la venue de la publicité dans ChatGPT et par l’utilisation de GPT-4 par les services d’immigration américains. Tout a commencé par une vidéo virale. Scott Galloway, professeur de marketing à l’université de New York et animateur du podcast The Prof G Pod, a lancé début février une campagne appelée « Resist and Unsubscribe ».
Pourquoi un boycott de ChatGPT a été lancé dans le monde ?
Sa thèse est simple : les PDG de la tech étasunienne soutiennent financièrement Donald Trump. Pour les atteindre, il faut viser leur portefeuille. Résilier un abonnement ChatGPT à 240 dollars par an se traduit, selon ses calculs, par environ 10 000 dollars de capitalisation boursière en moins pour OpenAI. Sachant que la start-up est déjà dans le rouge financièrement, ça pourrait faire mal.
La campagne QuitGPT a été organisée par des dizaines de jeunes activistes répartis à travers les États-Unis puis s’est greffée sur cet élan. Selon le MIT Technology Review, le mouvement rassemble des militants pro-démocratie, des organisateurs climatiques, des travailleurs du secteur tech et des cyber-libertariens. Une publication Instagram autour de la campagne a dépassé les 36 millions de vues et 1,3 million de mentions « j’aime ».
Le détonateur : les rapports de financement de campagne. Greg Brockman, président d’OpenAI, et sa femme ont donné chacun 12,5 millions de dollars au super PAC MAGA Inc., le comité de financement pro-Trump. Ces 25 millions représentent à eux seuls près d’un quart des 102 millions de dollars levés par MAGA Inc. au second semestre 2025.
Sam Altman, le patron d’OpenAI, a versé un million de dollars au fonds d’investiture de Donald Trump qui s’attaque pourtant à la NASA dans une posture anti-science. Selon le site QuitGPT, OpenAI a donné 26 fois plus à Trump que n’importe quelle autre grande entreprise du secteur.
L’agence ICE qui mène les opérations d’expulsion d’immigrés aux États-Unis avec une brutalité choquante utilise un outil de tri de CV alimenté par GPT-4. Cette information vient d’un inventaire des outils d’IA publié par le ministère de la Sécurité intérieure en janvier 2026.
Pour les organisateurs du boycott, chaque dollar d’abonnement à ChatGPT finance indirectement la machine d’expulsion. L’agence ICE est devenue un point de tension majeur depuis que ses agents ont tué deux personnes à Minneapolis en janvier.
La publicité dans ChatGPT passe très mal auprès des internautes
La publicité a mis de l’huile sur le feu. Le 9 février 2026, OpenAI a lancé les premiers tests publicitaires dans ChatGPT pour les utilisateurs des offres gratuites et « Go » à 8 dollars par mois. Les abonnements Plus, Pro, Business et Enterprise restent sans publicité. OpenAI affirme que les annonces n’influencent pas les réponses du chatbot et que les conversations ne sont pas partagées avec les annonceurs.
Mais pour les utilisateurs qui ont connu un ChatGPT sans publicité depuis 2022, ce virage commercial passe mal. Le lendemain du lancement des tests, Anthropic a diffusé une publicité pendant le Super Bowl pour se moquer de cette décision et promettre que Claude resterait sans publicité.
Because it was mocking the Keep4o people. pic.twitter.com/GgnFv0gio0
— Mark Kretschmann (@mark_k) January 31, 2026
OpenAI avait préparé le terrain. Sam Altman a qualifié la publicité dans une IA de « très inquiétante » en mai 2024 et l’avait décrite comme un « dernier recours ». En avril 2025, des recommandations de produits personnalisées sont apparues dans la recherche web de ChatGPT. En novembre 2025, un développeur avait repéré du code publicitaire dans une version bêta de l’application Android. Le virage était prévisible : OpenAI prévoit de perdre 14 milliards de dollars en 2026, selon les projections internes rapportées par la presse spécialisée.
Les plaintes techniques alimentent aussi le mécontentement. Sur Reddit, des utilisateurs déplorent les performances du dernier modèle GPT-5.2 en programmation, les réponses jugées trop longues, trop polies et trop complaisantes. Certains ont organisé une « fête de résiliation massive » à San Francisco, un clin d’œil sarcastique aux « funérailles de GPT-4o » proposées par un employé d’OpenAI. D’autres partagent des captures d’écran de leur résiliation avec, dans le champ libre du formulaire, des messages comme « Ne soutenez pas le régime fasciste ».
De nombreuses voix s’élèvent contre la proximité d’OpenAI avec ICE
Le mouvement dépasse OpenAI. Plus de 450 travailleurs du secteur tech, employés de Google, Salesforce, Meta, OpenAI et Amazon, ont signé une lettre ouverte. Ils demandent à leurs patrons de contacter la Maison-Blanche, d’exiger le retrait d’ICE des villes et de résilier les contrats avec l’agence. Sam Altman a écrit dans un message interne sur Slack qu’ICE « allait trop loin ». Tim Cook d’Apple a publié un mémo interne pour appeler à une « désescalade ».
La question est de savoir si ce boycott peut ébranler OpenAI. ChatGPT comptait 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine en décembre 2025, selon The Information. Sur ce total, seuls 5 % environ paient un abonnement. Scott Galloway estime entre 100 000 et 200 000 le nombre de résiliations déjà effectuées, ce qui représenterait entre 150 et 200 millions de dollars de capitalisation boursière perdue. « Mon objectif, c’est un milliard », a-t-il déclaré sur PBS.
Pour les organisateurs de QuitGPT, l’objectif n’est pas seulement de faire plier OpenAI. « On fait assez de bruit pour que toutes les entreprises du secteur se demandent si elles vont pouvoir continuer à soutenir Trump et ICE sans conséquences », a déclaré un organisateur anonyme au MIT Technology Review.
Le mouvement recommande de se tourner vers des alternatives comme Claude, Gemini ou des solutions locales. Reste à savoir si la masse critique sera atteinte pour transformer le bruit en vrai impact financier.
- QuitGPT revendique plus de 200 000 personnes prêtes à supprimer ChatGPT et à résilier leur abonnement.
- Le boycott vise les liens financiers entre des dirigeants d’OpenAI et l’administration Trump, notamment via des dons de Greg Brockman et de Sam Altman.
- Le mouvement dénonce aussi l’usage de GPT-4 par l’agence ICE via un outil de tri de CV mentionné dans un inventaire du ministère de la Sécurité intérieure publié en janvier 2026.
Source : QuitGPT
Réagissez à cet article !