Où se trouve l’eau sur Mars ? Cette théorie relance un débat controversé

Mars est une planète qui fascine. Parmi les mystères, la présence d’eau. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), l’hypothèse d’importantes réserves d’eau liquide sous la surface de la planète rouge est remise en question.

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© Envato

Tout le monde vise Mars, même la Russie demande l’aide d’Elon Musk pour s’y rendre. Bruce Jakosky, chercheur à l’Université du Colorado Boulder et ancien investigateur principal de la mission MAVEN, a une interprétation nouvelle des données sismiques collectées par la mission InSight de la NASA : « Nous nous attendons à trouver de l’eau ou de la glace dans la croûte martienne, » explique-t-il. « Mais la détecter et déterminer sa quantité reste un défi considérable, bien qu’essentiel pour comprendre l’histoire hydrologique de Mars. »

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Le débat autour de l’eau sur Mars est controversé chez les scientifiques

Alors que le rover chinois Zhurong est sur la piste d’eau sur Mars, Bruce Jakosky remet en cause les conclusions de l’équipe de Vaughan Wright de l’Institution Scripps d’Océanographie en 2024. L’étude expliquait que la croûte moyenne martienne, entre 10 et 12 km de profondeur, se composerait de roches ignées fracturées et saturées d’eau. Selon leurs estimations, ces réserves représenteraient l’équivalent d’une couche de 1 à 2 kilomètres d’épaisseur si elles étaient réparties uniformément sur toute la surface planétaire.

Lancée en 2018, la sonde InSight avait comme mission d’étudier l’activité interne de Mars, notamment sa température, ses ondes sismiques et la dynamique de son noyau alors que les scientifiques ont une nouvelle piste pour détecter la vie martienne. L’équipe de Vaughan Wright avait analysé ces données pour modéliser les types de roche et les niveaux de saturation en eau qui pourraient expliquer l’activité sismique détectée.

La métrique clé examinée dans les deux études est la saturation en eau liquide qui représente la fraction des espaces poreux dans la roche remplis d’eau liquide. Vaughan Wright avait conclu que la situation était proche de 1 sous InSight, expliquant que presque tous les espaces poreux contenaient de l’eau liquide.

Mais Bruce Jakosky apporte une nuance importante : ces espaces poreux pourraient aussi contenir de la glace solide ou être vides, tout en expliquant les données sismiques et gravimétriques recueillies par InSight. Selon cette nouvelle analyse, la quantité d’eau pourrait varier de zéro à 2 kilomètres d’équivalent global. À titre de comparaison, la couche équivalente globale de la Terre est d’environ 3,6 km et se constitue principalement d’océans avec une faible proportion dans la croûte terrestre.

« De futures mesures spatiales pourraient permettre de déterminer plus précisément l’abondance d’eau dans la croûte martienne grâce à une caractérisation plus fine des propriétés crustales, » conclut Bruce Jakosky.

Pourquoi Mars, que la Russie souhaite atteindre en 30 jours, est aride alors qu’autrefois, elle était pleine d’eau comme en témoignent les chenaux d’inondation massifs, les anciennes vallées fluviales et les minéraux formés uniquement en présence d’eau liquide ? La question se pose chez les experts.

Source : Proceedings of the National Academy of Sciences

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