« Une distraction » : Elon Musk abandonne Mars, un échec pour SpaceX après les belles promesses

Il y a un an, Elon Musk n’envisageait pas la Lune comme objectif. « On va directement sur Mars, la Lune est une distraction », écrivait-il en janvier 2025 sur X. Sauf qu’un an plus tard, le patron de SpaceX fait marche arrière.

Elon Musk mars spacex
© Envato

Désormais, l’entreprise spatiale se concentre sur la construction d’une ville autonome sur la Lune. Mars passe donc au second plan et le virage est total. Elon Musk ne cesse de faire des revirements en ce début d’année 2026. Récemment, Tesla a tout simplement décidé de miser sur les robots Optimus, quitte à délaisser la mobilité électrique, son cœur de métier.

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L’aveu d’échec d’Elon Musk, Mars n’est plus la priorité de SpaceX

Et maintenant, c’est Mars qui passe à la trappe comme l’explique Elon Musk sans aucune ambiguïté. « Nous pouvons possiblement y parvenir en moins de dix ans, alors que Mars prendrait plus de vingt ans », écrit-il.

Mais alors pourquoi un tel revirement ? Pour atteindre Mars, il faut attendre l’alignement des planètes, sauf que le phénomène n’a lieu que tous les 26 mois. Le voyage est aussi très long, alors que pour la Lune, la fenêtre de tir s’ouvre tous les dix jours. Pour le trajet, c’est à peine 48 heures. Une différence qui permet de mener bien plus de missions, de tester les technologies plus vite et de corriger les erreurs en quelques semaines au lieu d’attendre plusieurs années.

Deux jours avant le tweet d’Elon Musk, le Wall Street Journal avait vendu la mèche. C’est le 6 février que le quotidien étasunien expliquait que SpaceX avait informé ses investisseurs d’un changement de priorité. La Lune d’abord, Mars ensuite. Selon Reuters, SpaceX vise désormais un atterrissage lunaire sans équipage en mars 2027. Quant au vol vers Mars que le milliardaire a pourtant promis pour la fin d’année 2026, ça passe à la trappe alors que l’homme d’affaires souhaitait y envoyer son robot Optimus.

Ce revirement ne sort pas de nulle part. Depuis la création de SpaceX en 2002, Elon Musk n’a cessé de faire des promesses autour de Mars sans jamais s’y tenir. En 2016, il déclarait qu’un premier vol habité vers la planète rouge aurait lieu dès 2024. Ensuite, en 2020, il parlait d’humains sur Mars en 2026. Puis en mars 2025, il parlait de missions non habitées sous peu et de vols habités dès 2029. Sauf que voilà, Elon Musk adore faire des promesses dans le vent et aucun de ses calendriers n’a été tenu.

Pire encore, le vaisseau Starship qui est censé être utilisé comme navette vers Mars n’a toujours pas atteint l’orbite terrestre basse de manière fiable. Le transfert de carburant en orbite, qui est pourtant indispensable à toute mission au-delà de la Terre, n’a jamais été démontré.

N’oublions pas qu’en parallèle, la pression politique s’intensifie. Donald Trump a signé un décret en décembre 2025 pour accélérer le programme Artémis et renvoyer des astronautes étasuniens sur la Lune d’ici 2028. Même objectif pour la Chine qui vise 2030. La course entre les deux superpuissances ne laisse plus de place à la procrastination. L’ancien secrétaire aux Transports, Sean Duffy, qui a brièvement dirigé la NASA, avait même menacé de confier le contrat d’atterrisseur lunaire d’Artémis III à Blue Origin au lieu de SpaceX.

La compétition pour la conquête lunaire est lancée

La raison : le fait que l’entreprise d’Elon Musk ne cesse de repousser les délais et la compétition très forte avec la Chine. Blue Origin est une entreprise de Jeff Bezos (Amazon), elle, n’hésite pas à mettre la pression. C’est dès janvier 2026 que la société a annoncé la fin de ses vols de tourisme spatial pour se consacrer totalement au développement de son atterrisseur lunaire.

Toujours avec SpaceX, l’entreprise spatiale a finalisé l’acquisition de xAI, le laboratoire d’IA d’Elon Musk le 2 février dernier. L’accord est de 1 250 milliards de dollars et il s’agit de la plus grande fusion de l’histoire. SpaceX est valorisée à 1 000 milliards et xAI à 250 milliards. On s’attend à une entrée en Bourse pour l’été 2026 avec une possible levée de fonds de 50 milliards de dollars. Dans ce contexte, promettre une ville lunaire réalisable dans 10 ans est bien plus rassurant pour les investisseurs qu’un projet martien à 20 ans dont les résultats restent incertains.

Mais attention, Elon Musk n’abandonne pas Mars pour autant même si le concept de « ville lunaire autonome » reste flou. Le milliardaire n’a rien précisé et il n’y a pas de plan ou de maquette. S’agit-il d’un projet dans le cadre du programme Artémis de la NASA ou d’un projet indépendant ? SpaceX a un contrat de près de 4 milliards de dollars pour construire l’atterrisseur lunaire du programme Artémis, mais la version du Starship prévue pour cette mission n’a pas dépassé le stade de prototype.

Il est fort possible que la NASA soit soulagée par cette annonce d’Elon Musk. L’agence spatiale étasunienne dépend de SpaceX pour le programme Artémis. Mais l’homme d’affaires a donné un détail qui en dit long. « La NASA, ce n’est que 5 % du chiffre d’affaires de SpaceX en 2026. » Le gros des revenus vient de Starlink, le réseau internet par satellite.

  • Elon Musk annonce que SpaceX met la Lune en priorité avec l’objectif d’une « ville lunaire autonome » et Mars passe au second plan.
  • Selon le Wall Street Journal et Reuters, SpaceX a informé ses investisseurs et vise désormais un atterrissage lunaire sans équipage en mars 2027.
  • Elon Musk justifie le virage par la logistique, la fenêtre de tir lunaire s’ouvre tous les dix jours avec un trajet d’environ 48 heures contre un alignement vers Mars tous les 26 mois.

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