« On peut jouer à ce jeu aussi » : la police détourne Waze pour piéger les automobilistes

La police d’Alexandria dans le New Hampshire a trouvé une méthode pour le moins originale quand il s’agit de ralentir les automobilistes. Les agents signalent des dizaines de radars sur Waze. Le compte officiel Facebook officiel de la police d’Alexandria NH Police le confirme, capture d’écran à l’appui.

Sommaire
Police Waze
© Unsplash

« Cher Waze, on sait aussi jouer à ce jeu, même nous », déclare la police. Pour les autorités, les faux signalements forcent les conducteurs à lever le pied. D’abord un premier radar, puis un autre, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’automobiliste soit à la bonne vitesse sur les longues routes.

Quand des policiers signalent de faux radars en masse

Il faut dire que le signalement des forces de l’ordre est l’une des fonctionnalités les plus populaires de Waze. L’application permet aux conducteurs de prévenir les autres utilisateurs de la présence de contrôles mobiles. En France, la fonction de signalement des radars est interdite par la loi depuis 2012. Les contrevenants risquent 1 500 euros d’amende et un retrait de six points sur le permis. Waze contourne la législation avec « zone de contrôle » ou « zone de vigilance » au lieu de “radar”. Mais aux États-Unis, ça n’existe pas. Ce qui rend le signalement des radars totalement libre.

Le post Facebook de la police d’Alexandria est devenu viral. Les réactions sont partagées. Certains internautes saluent l’initiative et la trouvent maligne. D’autres estiment que la police ferait mieux de s’occuper de vrais contrôles au lieu d’inonder Waze de faux signalements. Les agents se sont défendus. Selon eux, la manipulation ne leur a pris que quelques minutes, le temps de leur patrouille. « À votre avis, combien de temps ça nous a pris pendant qu’on patrouillait en ville ? », ont-ils répondu.

Sauf que voilà, cette stratégie a ses limites. Waze a un système de modération automatique contre le spam. Quand un compte envoie des signalements trop proches les uns des autres, l’algorithme les filtre. L’utilisateur voit ses propres signalements sur son écran, mais ces alertes ne sont pas transmises aux autres conducteurs.

Des radars signalés qui ne sont peut-être jamais apparus

Autant dire que les faux radars de la police d’Alexandria ne sont peut-être jamais apparus sur les écrans des autres utilisateurs de Waze. L’application ne communique pas sur les détails de son système anti-spam. Mais les utilisateurs réguliers savent que les signalements groupés sont souvent ignorés.

Rappelons que ce n’est pas la première fois que des forces de l’ordre essaient de retourner Waze contre les automobilistes. En Angleterre, la police du Surrey a signalé des patrouilles fantômes sur l’application pour forcer les conducteurs à ralentir.

La stratégie est la même. Créer une illusion de présence policière pour provoquer une baisse de la vitesse. Waze repose sur le partage communautaire des informations de route. L’application, qui permet aussi de signaler les accidents par la voix grâce à l’IA Gemini, a été rachetée par Google en 2013. La firme de Mountain View intègre progressivement les fonctionnalités communautaires de Waze dans Google Maps, ce qui pousse certains automobilistes à abandonner Waze pour Google Maps.

La police contre Waze, un duel qui a lieu depuis un moment

Bref, la question de fond est plus large. Les forces de l’ordre et les applications de navigation sont en lutte depuis des années. D’un côté, Waze aide les conducteurs à anticiper les contrôles et à adapter leur vitesse. De l’autre, la police estime que cette transparence nuit à l’efficacité des contrôles routiers.

En France, le débat a pris une tournure politique après les attentats de 2015. Les autorités avaient demandé aux utilisateurs de suspendre les signalements de contrôles pour ne pas faciliter la fuite de suspects. Coyote a accepté, Waze n’a jamais répondu. La législation française a ensuite tranché et a interdit le signalement précis des radars.

Waze
© Unsplash

Waze, qui permet de suivre son itinéraire directement sur l’affichage tête haute du véhicule, reste dans le flou sur ce que sa modération filtre ou non. L’initiative de la police d’Alexandria reste anecdotique. Le New Hampshire est un petit État rural avec peu de trafic.

Mais elle montre une réalité. Les forces de l’ordre du monde entier cherchent à utiliser les outils numériques contre les conducteurs au lieu de les combattre. Waze continue de s’enrichir avec de nouvelles alertes pour les ralentisseurs, les péages et les virages serrés. L’application reste l’outil le plus complet pour éviter les mauvaises surprises sur la route, même si la police apprend elle à s’en servir.

  • La police d’Alexandria (New Hampshire) signale des dizaines de faux radars sur Waze, et le revendique sur Facebook.
  • L’objectif est de faire ralentir les automobilistes en multipliant les alertes sur une même route.
  • Waze peut filtrer ces signalements via son anti-spam, donc ils n’ont peut-être jamais été visibles par les autres conducteurs.

Réagissez à cet article !