Avec Starlink Mobile, SpaceX veut faire de votre smartphone un terminal satellite global

SpaceX ne parle plus seulement de fusées. La présidente et directrice des opérations, Gwen Shotwell et le patron de Starlink, Mike Nichols, patron de Starlink, ont dévoilé le projet Starlink Mobile lors du Mobile World Congress 2026 (MWC 2026).

Sommaire
Starlink Mobile
© Image IA d’illustration générée avec ChatGPT-5.2

Le concept est simple, connecter des smartphones au réseau satellite sans toucher au matériel. On parle de 32 pays couverts, 35 opérateurs partenaires et 1,7 milliard de personnes concernées. Pour rappel, le programme direct-to-cell a démarré en 2024. À cette époque, 20 % du territoire étasunien et près de 90 % de la surface terrestre n’avaient pas de couverture mobile. En dix-huit mois, SpaceX a déployé 650 satellites dédiés au mobile sur cinq continents.

C’est cette génération qui alimente le service T-Satellite de T-Mobile aux États-Unis via le spectre PCS de l’opérateur. Le service a débuté avec les SMS, puis a évolué vers les données, la voix et la vidéo. Starlink a d’ailleurs fait ses débuts sur iPhone avec iOS 18.3 via T-Mobile, même si la fonctionnalité se limite aux SMS.

Sur scène au MWC 2026, une vidéo a montré un dirigeant de Starlink en pleine zone blanche dans la Sierra californienne. L’homme a passé un appel vidéo fluide avec un interlocuteur à Seattle connecté au réseau terrestre.

Bref, le satellite n’est plus une roue de secours. La couverture actuelle dépasse 30 millions de km². SpaceX s’apprête à annoncer un nouveau partenaire au Mexique. Et en Europe, Starlink commence à exploiter son spectre 2 GHz pour les services d’urgence. Rappelons queStarlink est gratuit pour les utilisateurs d’iPhone aux États-Unis via T-Mobile.

Sauf que voilà, la vraie rupture est attendue avec la deuxième génération de satellites V2. Ces engins exploiteront le spectre en bande S acquis auprès d’EchoStar pour une portée internationale. Le lancement commercial est prévu à la mi-2027 aux États-Unis.

SpaceX promet une compatibilité avec la majorité des smartphones en circulation. Les nouveaux satellites embarquent du silicium sur mesure et des antennes à réseau phasé capables de gérer des milliers de faisceaux. Le débit serait multiplié par vingt. Pour faire simple, on se rapprocherait d’un réseau 5G terrestre quand le smartphone est en extérieur.

Il faut dire que SpaceX ne cherche pas à concurrencer les opérateurs. Mike Nichols l’a dit sur scène très clairement. Le satellite ne remplacera pas les réseaux terrestres mais sera un complément. Les réseaux mobiles gardent l’avantage en ville. Le satellite prend le relais dans les zones rurales, les reliefs complexes ou les situations d’urgence. Et SpaceX ne fabriquera pas son propre smartphone malgré les rumeurs, Elon Musk a démenti le projet en février.

Starlink Mobile

Cette approche séduit les opérateurs européens. Deutsche Telekom veut devenir le premier acteur du continent à lancer la V2 pour couvrir ses régions difficiles d’accès. Et ce n’est pas tout puisquela SNCF étudie aussi l’internet satellite de Starlink pour ses TGV. Plusieurs contrats sont en négociation, mais pas en France. Aucun opérateur français n’a signé avec SpaceX pour le direct-to-cell, que ce soit Free, Orange, SFR ou Bouygues Telecom.

Gwen Shotwell a aussi parlé de l’Ukraine. SpaceX a signé avec Kyivstar, plus gros opérateur du pays, pour fournir du satellite direct-to-smartphone. En deux mois, environ trois millions d’abonnés se sont connectés. Le conflit sert de terrain d’essai grandeur nature, même si Starlink a eu des soucis techniques avec certaines compagnies aériennes ces derniers mois.

Le modèle économique reste flou. SpaceX n’a pas communiqué de tarifs pour les opérateurs partenaires. Rappelons qu’aux États-Unis, T-Mobile propose le satellite sans surcoût sur certains forfaits. En Europe,Starlink propose son kit satellite à prix réduit pour attirer les clients, mais le direct-to-cell fonctionne sans aucun équipement. Pas de parabole, pas de routeur, pas de kit, juste un smartphone dans la poche.

Reste à savoir si les opérateurs français finiront par signer. Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom n’ont rien annoncé alors queStarlink a lancé son offre à 29 euros par mois en France pour l’internet fixe. Soyons clair, déléguer une partie de la couverture mobile à une entreprise étasunienne ne fait pas l’unanimité. Surtout que l’Europe cherche à s’émanciper des technologies des États-Unis.

  • Starlink Mobile a été présenté au MWC 2026, avec l’objectif de connecter un smartphone au réseau satellite sans modifier le matériel.
  • SpaceX affirme déjà couvrir 32 pays via 35 opérateurs partenaires, grâce à 650 satellites direct-to-cell déployés depuis 2024.
  • La deuxième génération de satellites V2 est attendue pour un lancement commercial à la mi-2027, mais aucun opérateur français n’a signé pour le direct-to-cell.

Réagissez à cet article !