« Ça va détruire des emplois  » : Stellantis réclame à l’Europe de repousser la fin des voitures thermiques en 2045

Le nouveau patron de Stellantis depuis décembre dernier n’est autre qu’Antonio Filosa. Le dirigeant réclame à Bruxelles un délai supplémentaire de dix ans pour la fin de la vente des voitures thermiques en Europe. Pour lui, il faut repousser l’échéance de 2035 à 2045. Une demande qui arrive alors que le contexte est tendu pour l’industrie automobile européenne.

Fin ventes voitures thermiques
© Envato

En fin d’année 2024, l’Europe a confirmé la fin des voitures thermiques pour 2035. Sauf que voilà, le dirigeant de Stellantis a expliqué lors d’un passage télévisé que cet objectif est irréaliste, mais surtout dangereux pour tout le secteur automobile.

Un délai supplémentaire de dix est demandé par Stellantis

“De notre point de vue, partagé par la majorité des constructeurs, il faut demander à la Commission européenne de revenir sur cette réglementation. Parce que ce n’est pas atteignable, ce changement est urgent, il doit être considérable. Ce n’est pas bon pour l’industrie, ni pour les consommateurs, ni pour le marché. Ça va détruire des emplois, a déclaré Antonio Filosa. Cette position étonne peu, puisqu’il y a quelques mois, le dirigeant de Stellantis jugeait « impossible » la fin de la vente des voitures thermiques en 2035.

La comparaison avec la Chine parle d’elle-même. Le pays a eu une décennie de préparation méthodique de la transition vers l’électrique. On trouve beaucoup d’infrastructures et une forte capacité de production avec des leaders comme BYD. L’Europe impose quant à elle un calendrier très serré aux constructeurs locaux. “Nous demandons le même temps que la Chine lorsqu’elle a préparé son passage à l’électrique”, déclare Antonio Filosa.

Selon lui, dix ans de plus permettront de produire des véhicules propres à des prix accessibles au grand public comme la future Twingo électrique à moins de 20 000 euros, ou encore la Dacia électrique à moins de 15 000 euros. Comme le rappelle TF1, le nombre de voitures neuves vendues sous les 15 000 euros en France est passé de 47 à un seul en moins de six ans. Un obstacle financier qui est un point critique selon le patron de Stellantis. L’effondrement de l’offre abordable menace l’accès à la mobilité pour les ménages les plus modestes qui n’ont pas le budget pour s’acheter un véhicule électrique, souvent au-delà des 30 000 euros.

Les véhicules électriques sont encore trop coûteux

Antonio Filosa défend aussi une neutralité technologique au lieu d’une interdiction pure et dure du thermique. Selon lui, il faut que ces deux solutions coexistent pour stimuler l’innovation et offrir plus de choix aux consommateurs. Il s’agirait d’une approche moins violente pour que les savoir-faire existants soient préservés sans sacrifier les objectifs environnementaux de Bruxelles.

Pour rappel, Stellantis emploie 39 000 personnes en France sur 12 usines, soit 15 % de ses effectifs mondiaux. Dans l’Hexagone, on trouve même plus d’un tiers de l’équipe recherche et développement. Tous les ans, le groupe dépense 2 milliards d’euros en investissements industriels. La situation est compliquée mais Antonio Filosa reste optimiste et souhaite en recruter 1 400 personnes en CDI d’ici 2026.

  • Antonio Filosa, patron de Stellantis depuis décembre, demande à Bruxelles de repousser la fin des ventes de voitures thermiques de 2035 à 2045, qu’il juge irréaliste et dangereuse pour l’emploi.
  • Il estime que dix années supplémentaires sont nécessaires pour proposer des véhicules électriques vraiment abordables au grand public.
  • Il plaide pour une neutralité technologique qui laisse coexister thermique et électrique afin de préserver les savoir-faire et le choix des consommateurs.

Source : TF1

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