Fin de Windows 10 : Microsoft pousse 400 millions de PC à la poubelle, un désastre écologique

Ce sont 400 millions de PC qui n’auront plus droit aux mises à jour suite à la fin du support de Windows 10, programmée pour le 15 octobre prochain. Les mises à jour de sécurité ne seront plus proposées et ces machines seront à la fois vulnérables au piratage et incompatibles avec de nouvelles applications.

Windows 10
© Image IA d’illustration générée avec GPT-5

Et cette fin de Windows 10 provoque la colère de beaucoup dont une coalition qui demande que les mises à jour soient étendues jusqu’en 2030. Toutefois, la firme de Redmond accorde un sursis aux utilisateurs européens de Windows 10 Family, soit environ 220 millions de PC. La licence pourra être prolongée d’un an, mais demandera toutefois un compte Microsoft tout en étant connecté à Internet. En cas de déconnexion de plus de 60 jours, il faudra de nouveau s’inscrire.

La fin de Windows 10 est injuste pour les 400 millions d’utilisateurs

Julie Caillard, de l’association Halte à l’obsolescence programmée, déplore le manque de communication à ce propos, comme le rapporte L’Humanité. « Il y aurait une opportunité pour les consommateurs européens de se connecter avec un compte Microsoft pour prolonger la licence d’un an. Mais ce n’est pas clair et on ne comprend pas pourquoi ce n’est pas communiqué auprès du grand public. Au contraire, l’entreprise continue de promouvoir de nouveaux PC. » C’est cette association qui se retourne contre Microsoft et demande les mises à jour jusqu’en 2030.

Comme expliqué précédemment, une pétition a même été lancée par l’association dans laquelle la fin du support est qualifiée de « hold-up qui menace la sécurité, le climat et le pouvoir d’achat ». Pour rappel, en août 2025, ce sont 45,6 % des 1,4 milliard de PC sous Windows qui tournaient encore avec cette version dont les ultimes mises à jour sont lancées. Lors de l’abandon de Windows 8, seuls 3 % des PC étaient concernés.

Mais désormais, on parle de 403 millions de PC incompatibles avec Windows 11 qui perdront leurs mises à jour, dont au moins 180 millions dans des entreprises et autres services publics. Et le coût est également énorme puisque l’on parle de plus de 10 milliards d’euros, comme l’explique Halte à l’obsolescence programmée. Il faudra soit acheter un nouveau PC compatible avec Windows 11, soit payer 26 euros hors taxes pour l’édition familiale et 52 euros pour les entreprises. Le tarif va même doubler tous les ans jusqu’en 2028.

Pourtant, Microsoft a battu son record de bénéfices sur l’année fiscale 2024 avec 100 milliards de dollars. Corinne Henin, spécialiste en cybersécurité, explique que « Windows 11 siphonne plus de données que Windows 10 » pour entraîner l’IA.

Est-ce que Microsoft donne un coup de pouce à ses partenaires ?

L’experte note aussi que Microsoft a des partenariats avec des fabricants de puces TPM comme Intel, un composant obligatoire pour passer à Windows 11. La firme de Redmond pousse donc à l’achat de PC équipés par des partenaires. Et ce n’est pas tout, puisqu’il est possible que l’entreprise abandonne les équipes dédiées aux mises à jour de Windows 10, alors que 9 000 postes ont été supprimés dans le monde très récemment.

En France, ce sont 22 % des PC qui sont menacés, comme ceux d’hôpitaux, d’écoles, de mairies, de bibliothèques et d’associations. Antoine Guillou, adjoint à la mairie de Paris, déclare : « Sur les 40 000 ordinateurs de la ville de Paris, 14 000 postes ne sont pas compatibles avec Windows 11, c’est plus d’un tiers du parc. »

Paris remplacera 4 000 des PC et paiera la licence pour les 10 000 qui restent. « L’addition est immédiate et salée, ce n’est qu’un sursis. Lorsqu’une collectivité négocie avec les GAFAM, c’est un peu David contre Goliath, même quand on est Paris », déplore l’élu.

Selon Le Canard enchaîné, la Direction générale de la police nationale remplacera 18 746 des PC, la Préfecture de police de Paris le fera pour 4 846 de ses PC, la facture totale est de 15 millions d’euros. Les entreprises du service public paieront 2,5 millions d’euros à Microsoft pour prolonger d’un an les mises à jour de 48 000 postes.

Une catastrophe pour la cybersécurité mais aussi l’écologie

Comme expliqué précédemment, Windows 10 exposera à de grands risques de cybersécurité à la fin de son support. Rappelons que cette année, beaucoup d’institutions françaises ont été frappées par des attaques, comme l’Université de Rennes et les hôpitaux normands et des Hauts-de-France.

Yusuf  Mehdi, vice-président exécutif de Microsoft, justifie la décision d’abandon du système d’exploitation : « Abandonner les versions anciennes pour adopter les plus récentes, cela fait partie d’un signe naturel essentiel pour bénéficier des dernières avancées. Que ce soit en matière de sécurité, de performance ou d’innovation. »

L’impact écologique s’annonce aussi catastrophique. L’association étatsunienne Pirg estime que l’abandon de Windows 10 provoquera 725 tonnes de déchets électroniques. Rappelons que 90 % de l’empreinte carbone d’un PC portable vient de sa fabrication, qui demande une extraction minière intensive et donc beaucoup d’eau et d’énergie.

Halte à l’obsolescence programmée a calculé que ce remplacement massif représente environ 32 000 tours Eiffel en matière première extraite. On parle aussi de 70 millions de tonnes de gaz à effet de serre générés. Bref, une catastrophe pour notre planète à laquelle Microsoft participe ouvertement et sans s’en cacher.

  • Le support de Windows 10 s’arrête le 15 octobre et environ 400 millions de PC perdront les mises à jour, avec des risques de sécurité et d’incompatibilités logicielles.
  • En Europe, Windows 10 Family peut être prolongé d’un an avec un compte Microsoft et une connexion Internet régulière, avec réinscription exigée après 60 jours hors ligne.
  • Collectivités et services publics font face à des coûts importants tandis qu’une coalition réclame des mises à jour jusqu’en 2030, avec un impact écologique pointé du doigt.

Source : L’Humanité

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