Ce sont un milliard de PC qui tournent encore sous Windows 10 dans le monde et la moitié ne pourra jamais passer à Windows 11. C’est le directeur des opérations de Dell qui a présenté ces chiffres lors de la réunion pour les résultats trimestriels. Microsoft fait toujours face au rejet de son système d’exploitation disponible depuis octobre 2021.

Windows 10 a beau avoir terminé son support, même si celui-ci était étendu grâce au programme ESU, la sauce ne prend pas. Microsoft a bien du mal à convaincre les utilisateurs et Jeff Clarke, directeur des opérations de Dell, nous le prouve.
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Windows 11 est boudé par un demi-milliard de PC dans le monde
Selon lui, ce sont environ 500 millions de PC qui ont la configuration requise pour installer Windows 11. Pourtant, les utilisateurs restent délibérément sous Windows 10, qui est toujours aussi populaire. 500 autres millions sont dans l’impossibilité de passer à cette nouvelle version du système d’exploitation qui ne cesse de s’enrichir de nouveautés puisqu’ils ne répondent pas aux exigences techniques.
Pour le dirigeant, c’est une opportunité commerciale d’orienter les clients vers de nouveaux PC qui tournent sous Windows 11 avec l’IA. Une technologie pourtant rejetée par les utilisateurs, ce qui provoque la colère de Microsoft. Car pour rappel, Pavan Davuluri, responsable de la division Windows chez Microsoft, a expliqué que le système d’exploitation serait bientôt remplacé par un agent IA.
Les données de StatCounter montrent que la transition est lente. En juillet 2024, Windows 10 dominait encore avec 66 % de parts de marché contre seulement 30 % pour Windows 11, dont la version 26H1 se prépare. La tendance s’est inversée en 2025 quand Windows 11 a franchi la barre symbolique des 50 % en juillet pour atteindre 55,17 % en octobre.
Windows 10 est toujours aussi populaire malgré la fin du support
Pendant ce temps, Windows 10 a reculé à 41,74 % alors que la fin de son support convainc les utilisateurs de se tourner vers des alternatives comme des distributions Linux. Une progression toutefois bien plus lente que les transitions précédentes entre versions de Windows, notamment le passage de Windows 8 à Windows 10 qui s’effectuait beaucoup plus rapidement.
Pourtant, Microsoft avait prévu que Windows 11 serait majoritaire en 2026. L’échéance a ensuite été avancée suite à la fin du support de Windows 10. Depuis cette date, le système d’exploitation n’a plus le droit aux mises à jour de sécurité gratuites, alors les PC se retrouvent vulnérables face aux cyberattaques. Désormais, la firme de Redmond estime que plus de 700 millions de PC tournent sous Windows 11 dans le monde.
Si Windows 11 peine à convaincre, c’est notamment à cause des exigences matérielles. Le système d’exploitation demande la présence d’une puce TPM 2.0, un composant de sécurité intégré au processeur ou sous forme de module séparé sur la carte mère.
De fait, ce prérequis exclut tous les PC équipés de processeurs Intel avant la 8e génération et les AMD Ryzen de première génération. Résultat, des millions de PC parfaitement fonctionnels qui ont été vendus jusqu’en 2018 voire 2019 se retrouvent écartés.

Microsoft justifie cette exigence par des impératifs de sécurité. Le TPM 2.0 permet le chiffrement matériel des données via BitLocker, renforce l’authentification biométrique Windows Hello et protège le processus de démarrage contre les attaques type bootkit. Microsoft a récemment fait volte-face en autorisant d’installer Windows 11 sur les PC qui n’ont pas de TPM 2.0, mais l’entreprise prévient que ces machines n’ont aucune garantie de compatibilité ou de stabilité.
Pourquoi Windows 11 a du mal à convaincre les utilisateurs ?
Toutefois, l’analyste Kieren Jessop du cabinet Canalys estime que la progression de Windows 11 se fait comme les prévisions. La hausse mensuelle est entre 0,5 et 1,5 % au niveau mondial. C’est dans les marchés développés que l’on voit le plus gros taux d’adoption. La fin du support de Windows 10 a accéléré le mouvement.
Bref, les disparités géographiques et fortes fractures économiques expliquent notamment pourquoi Windows 11 a toujours du mal à être adopté. Les statistiques nous montrent même qu’une certaine proportion d’utilisateurs tournent toujours sur des versions plus anciennes comme Windows 7 qui a eu droit à un récent regain d’intérêt.
Microsoft est donc dans une situation paradoxale, Windows 11 progresse mais Windows 10 refuse de disparaître. Les 500 millions de PC incompatibles dont parle Dell ne migreront jamais vers la dernière version de l’OS, sauf en cas de remplacement complet du matériel.
Pour Dell et les autres fabricants de PC, cette situation est donc une opportunité commerciale. On parle du renouvellement contraint d’une partie du parc mondial qui pourrait stimuler les ventes après plusieurs années de stagnation. Jeff Clarke se montre toutefois prudent en parlant d’un marché « relativement plat » en 2026. La transition vers Windows 11 est donc un marathon et pas un sprint. Le parc est fragmenté entre plusieurs générations de l’OS qui coexistent encore.
- Selon Dell, un milliard de PC tournent encore sous Windows 10, dont 500 millions ne pourront jamais passer à Windows 11 à cause de leur matériel.
- Les exigences matérielles de Windows 11, notamment la puce TPM 2.0, excluent des millions de PC pourtant récents vendus jusqu’en 2018 ou 2019.
- Pour Dell et les autres constructeurs, ces 500 millions de machines incompatibles représentent une opportunité de renouvellement forcé du parc vers des PC Windows 11.
Source : Fool.com
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