E.Leclerc prépare une offensive sur le commerce de proximité. Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a fixé l’objectif à 600 magasins de proximité d’ici 2030. L’enseigne n’en compte que 140 aujourd’hui. On parle de 90 ouvertures par an pour atteindre ce but.

Le plus petit E.Leclerc de France a ouvert ses portes à Castelnaud-la-Chapelle, un village de Dordogne. Il s’agit d’un magasin de 100 m² avec 2 000 à 3 000 références. Le tout est géré par deux salariés de l’hypermarché de Sarlat qui l’approvisionnent une fois par semaine. Pierre Delbourg, adhérent en charge du projet, vise 10 000 euros de chiffre d’affaires au mètre carré. Les premiers jours ont enregistré des centaines de passages. Il faut dire que le village n’avait plus aucun commerce alimentaire et que les habitants prenaient la voiture pour faire leurs courses.
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E. Leclerc change de stratégie et s’implante dans les petites villes
Le format n’est pas nouveau. E.Leclerc Express existe depuis une quinzaine d’années mais avec des débuts hésitants. La stratégie a changé. E.Leclerc s’attaque à la fois aux centres-villes, aux zones rurales et aux quartiers mal desservis. En octobre dernier, un magasin de 400 m² a ouvert rue de Picpus dans le 12e arrondissement de Paris. En clair, l’enseigne ne se limite plus aux zones péri-urbaines où elle règne avec ses hypermarchés.
Et pour cause, E.Leclerc arrive bon dernier sur le créneau de la proximité. Worldpanel by Numerator évalue sa part de marché à 3,4 % en 2025. Carrefour et Casino tiennent ce segment depuis des décennies avec leurs enseignes de quartier.
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique, reconnaît le retard. « Notre ambition est d’être multicanal. L’adhérent pilote en amont toute l’offre qu’il estime nécessaire à sa croissance » a-t-il déclaré. L’objectif est de grimper à 5 % de parts de marché sur la proximité si le le délai est respecté.
Mais est-ce que les prix seront aussi bas que promis ?
En 2026, 45 projets sont en préparation. On parle d’une quinzaine de E.Leclerc Express de plus de 700 m² et de 25 magasins plus petits. Le rachat de 14 magasins Colruyt en France nourrira aussi cette expansion. Tous ces points de vente font autour de 1 000 m², soit pile la taille qui correspond à la proximité. Les adhérents pourront adapter l’assortiment à leur zone et implanter jusqu’à 12 000 références dans les plus grandes surfaces.
Sauf que voilà, maintenir des prix bas dans des petites surfaces est un casse-tête. Cédric Ducrocq, expert en distribution, estime que « c’est impossible de maintenir les prix de l’hyper en proximité avec les charges inhérentes à ce type de magasin ». Les coûts au mètre carré sont plus élevés, la rotation des stocks est plus faible et la logistique coûte plus cher.
E.Leclerc promet malgré tout d’afficher les mêmes prix que dans ses hypermarchés. En gros, les grandes surfaces pourraient compenser les pertes des petits formats. La promesse de prix bas est le pilier de la marque. Si E.Leclerc la trahit sur la proximité, tout le modèle s’effondre.
D’autres projets comme des magasins spécialisés
Le plan de Michel-Edouard Leclerc ne se limite pas à la proximité. L’enseigne prévoit aussi 234 ouvertures de grandes surfaces spécialisées sur cinq ans dans le voyage, le jouet, le bricolage, l’automobile et la culture. En 2025, E.Leclerc a franchi le cap des 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Résultat, la stratégie change totalement et les hypermarchés ne sont plus le seul moteur de croissance. Le commerce de proximité pourrait rapporter entre 800 millions et 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en plus d’ici 2030. Mais ça, c’est si les objectifs sont tenus.
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