La construction de 17 centres de données IA est annulée, les autorités distribuaient des permis de construire à tout le monde sans même lire les candidatures

Ce sont dix-sept autorisations pour des centres de données IA qui sont suspendues après un scandale administratif au Texas. Le portail dédié à l’enregistrement des dossiers de construction les validait automatiquement. Pourtant, le gouverneur du Texas a acté un gel quelque temps avant.

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Centre de données IA
© Envato

Désormais, le portail est coupé et une vérification humaine est demandée. Parmi les centres de données IA qui ont reçu une validation automatique, on trouve ceux d’OpenAI et Amazon. Avant ce fiasco, Greg Abbott, gouverneur du Texas, a ordonné à la Texas Commission on Environmental Quality de stopper les permis liés aux centres de données.

17 projets de centres de données acceptés automatiquement

L’objectif est que les autorités aient le temps d’étudier leur consommation d’électricité et d’eau et les effets sur le réseau. Il faut dire que la pression est énorme puisque le réseau du Texas a reçu des demandes de raccordement qui dépassent les 474 gigawatts. Près de 90 % des nouvelles demandes concernent des centres de données.

Sauf que voilà, le portail mis en place appelé STEERS n’a pas suivi la décision de gel. L’outil de la Texas Commission on Environmental Quality a accordé automatiquement certaines autorisations après le dépôt du dossier sans aucune relecture humaine. Résultat, des projets d’OpenAI, d’Amazon et d’autres grandes entreprises ont continué à être validés même après le gel.

C’est dans les registres publics que les organismes Public Citizen et FracTracker ont découvert le problème. Leur première analyse a recensé 35 démarches administratives après le gel. Neuf autres actions et trois procédures en cours ont été ajoutées, ce qui a largement dépassé le problème de base des dix-sept dossiers finalement suspendus.

Les dix-sept autorisations dont nous parlons concernaient des travaux sur les eaux pluviales du terrain. Il s’agissait de documents pour le défrichage, l’excavation et les gros travaux de terrassement. Les dix-sept autorisations concernaient environ 13,5 kilomètres carrés de terrain avec un projet à lui seul de 283 hectares.

Un gel qui n’a pas été appliqué malgré sa mise en place

Si le gel existait bien sur le papier, la partie administrative continuait donc comme si de rien n’était. Depuis, la Texas Commission on Environmental Quality a suspendu les dix-sept autorisations et coupé le portail STEERS. Les nouveaux dossiers passent par un agent humain qui vérifie leur rapport avec un centre de données. En gros, la lecture humaine reprend la main après l’automatisation qui a capoté.

Le problème est d’autant plus grave que la Texas Commission on Environmental Quality et le bureau de Greg Abbott ont d’abord dit qu’aucun permis de centre de données n’a été accordé après le gel. Sauf que voilà, le registre montrait totalement le contraire.

Les américains ne veulent pas de ces centres de données

Pour rappel, le Texas prépare aussi un audit de 250 à 300 énormes projets électriques. On parle de près de 200 gigawatts de demandes futures, soit plus de deux fois le record de consommation du réseau texan.

L’explosion des centres de données IA provoque un rejet politique très fort aux États-Unis, aussi bien chez les démocrates que les républicains qui sont d’habitude très divisés. En juillet dernier, New York a imposé un moratoire d’un an sur les nouveaux centres de données de 50 mégawatts ou plus.

Ce mois-ci, Amazon a renoncé à quatre centres de données dans le comté de Loudoun en Virginie après une grosse opposition locale. Les élus ont décroché un tout autre avenir pour le terrain avec une possibilité de logements à la place du centre de données d’Amazon.

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