La Belgique veut quitter le programme européen SCAF. Theo Francken, ministre belge de la Défense, proposera de mettre fin au rôle d’observateur du pays au gouvernement fédéral. Au début du mois de juin, la France et l’Allemagne ont abandonné leur chasseur commun.

Le 1er juillet, Theo Francken s’est exprimé en commission Défense. Le ministre juge « sage de mettre un terme à notre rôle d’observateur« . « Cela n’a plus de valeur ajoutée pour le moment », a-t-il ajouté. Il soumettra une proposition au gouvernement fédéral.
La Belgique tourne à son tour le dos au SCAF
Theo Francken souligne aussi que la Belgique n’a jamais été informée officiellement de l’abandon du SCAF par ses partenaires. Le ministre n’en est pas à sa première critique du programme. En février 2026, il a déjà déclaré que le SCAF était mort.
L’abandon du SCAF est récent. Le 6 juin, Friedrich Merz a informé Emmanuel Macron que les deux pays ne construiraient pas d’avion de sixième génération ensemble. Berlin a acté l’arrêt du chasseur commun deux jours plus tard. Cette rupture a laissé plusieurs piliers du programme en vie, comme le cloud de combat. Un prochain conseil des ministres franco-allemand précisera le partage des piliers qui survivent.

La Belgique a peu investi dans le SCAF. En 2024, elle a eu son statut d’observateur. Le gouvernement de l’époque a réservé 70 millions d’euros pour préparer son industrie de défense. Aucun budget n’a encore été consacré au projet, à part une somme modeste versée à une entreprise de Charleroi.
Le pays n’a donc pas grand-chose à perdre, après l’abandon du programme européen faute d’accord. La Belgique a fait un autre choix pour sa flotte, avec 45 F-35 commandés en deux vagues à Lockheed Martin. Ce choix a crispé Dassault Aviation, opposé à une entrée belge tant que Bruxelles achetait des avions étasuniens.
Le pays regarde du côté des États-Unis pour s’armer
Theo Francken regarde maintenant vers un autre programme. La Belgique pourrait rejoindre le programme CCA de l’armée de l’air des États-Unis. Le CCA développe des drones autonomes qui volent près des chasseurs comme le F-35 pour les protéger. Ces drones jouent le rôle d’ailier et accompagnent les avions pilotés.
Au mois d’avril, les Pays-Bas furent le premier pays européen à le rejoindre. Selon Theo Francken, la Belgique pourrait participer dès le début, « vu l’état d’avancement du programme ». Bruxelles exploite déjà ses F-35, ce qui facilite un rapprochement avec le CCA.
En 2017, Emmanuel Macron et Angela Merkel, alors chancelière allemande, ont lancé le SCAF. Le programme de 100 milliards d’euros visait à remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Le projet a échoué sur une question de commandement.
Dassault Aviation voulait diriger seul la conception du chasseur. Airbus, qui représentait l’Allemagne et l’Espagne, refusait un rôle secondaire. Ce désaccord a fait échouer la médiation entre les deux industriels au printemps. L’Espagne poursuit le cloud de combat que dirige Airbus.
La France doit désormais trouver un chasseur de 6e génération
La France avance seule. Après l’abandon, elle étudie un programme à 100 milliards d’euros qu’elle porterait sans l’Allemagne. Le pays a déjà englouti 1,8 milliard d’euros en dix ans sans qu’un seul appareil ne vole.

Pendant ce temps, le Rafale assurera la transition avec le nouveau standard F5. Les Émirats arabes unis ont refusé de financer le Rafale F5, ce qui complique le financement pour Paris. Dassault Aviation compte 533 Rafale commandés par neuf pays. L’avionneur affiche aussi un carnet de commandes de 46,6 milliards d’euros. L’État cherche aussi des partenaires pour partager le coût.
Le retrait belge est surtout symbolique. La Belgique n’était qu’observateur, sans engagement financier lourd. Son départ confirme que l’abandon du SCAF touche toute l’Europe. Berlin cherche aussi d’autres partenaires européens, dont le suédois Saab. La France cherche encore comment financer son futur Rafale F5.
Source : L’Avenir
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