L’armée des États-Unis a testé une nouvelle doctrine au Maroc. Des robots autonomes ont été envoyés en première ligne devant les soldats lors de l’exercice African Lion 26. L’objectif est clair, exposer les machines et pas les humains quand le danger est là.

- Au Maroc, l’armée américaine a testé des véhicules autonomes pilotés par IA envoyés devant les soldats à l’African Lion 26, pour exposer les machines au lieu des humains.
- Une académie de drones a ouvert à Agadir et a formé une vingtaine de militaires marocains, ghanéens, nigérians et américains à la planification comme au pilotage.
- Plus de 30 industriels américains en ont profité pour tester leurs systèmes autonomes, leurs dispositifs anti-drones et leurs outils d’IA de sélection de cibles sur le terrain.
Du 30 avril au 2 mai 2026, des véhicules pilotés par IA ont mené reconnaissance, attaque et défense sur le terrain de Cap Draa, près de Tan-Tan. Le 1er bataillon du 503e régiment d’infanterie de la 173e brigade aéroportée a participé à cet entraînement. Les véhicules tactiques autonomes pilotés par l’IA ont été testés dans des scénarios d’attaque, de défense et de commandement de mission.
Les robots prennent désormais les risques à la place des soldats
« Cet entraînement nous permet d’expérimenter des technologies qui peuvent réduire les risques pour les soldats tout en augmentant notre rayon d’action opérationnel », a déclaré Ethan Burdette, premier lieutenant et officier en charge de l’entraînement.
« Nous apprenons à intégrer des systèmes autonomes dans des scénarios concrets, pas juste en théorie », a-t-il ajouté. L’exercice s’est concentré sur la compression de la chaîne de destruction, du capteur jusqu’à l’arme.
Mais ce n’est pas tout puisque les drones ont aussi été au centre du dispositif. Le sergent Jacob Lopez, membre du 4e bataillon du 319e régiment d’artillerie aéroportée, a lancé un système aérien sans pilote durant l’exercice. La soldate de première classe Cheyenne Fulkerson, spécialiste du contrôle de tir, s’est entraînée au pilotage de drones de reconnaissance.
Pour rappel, la guerre en Ukraine montre tous les jours à quel point la suprématie aérienne dépend des drones. Les armées européennes en tirent aussi des leçons. La France commercialise même son canon CAESAR qui s’est écoulé à 800 exemplaires pour lutter face aux contre-batteries et aux drones.


L’exercice s’est appuyé sur une coopération entre soldats et robots pensée pour le terrain. Les robots avancent en éclaireurs, identifient les positions ennemies, sécurisent le terrain et neutralisent les pièges. Derrière, les troupes humaines progressent à couvert.
Le commandement a des retours presque instantanés et ajuste la manœuvre sans attendre. Cette suprématie technologique pose toutefois question pour les alliés, alors que Washington a déjà bloqué la vente du Rafale à l’Égypte à cause des composants ITAR dans les missiles Scalp.
La 173e brigade a aussi testé des plateformes robotisées, des capteurs intelligents, des systèmes d’obstacles à distance et des capacités anti-drones. L’objectif est de valider de nouvelles techniques de défense en profondeur.
Un centre d’entraînement pour les pilotes de drones
Une académie de drones a aussi été lancée pour la première fois à Agadir, à plus de 600 kilomètres de Cap Draa. On parle de soldats du Maroc, du Ghana, du Nigeria et des États-Unis qui ont participé à ce premier programme multinational. Ce sont 20 élèves de quatre nations qui ont été formés sur deux cursus en même temps. Un parcours de huit jours pour les planificateurs et un parcours de dix jours pour les opérateurs, très exactement.
Les instructeurs proviennent du 7e commandement d’entraînement de l’armée des États-Unis. Le sergent Derrick Guyton, formateur principal sur les drones, a expliqué que les planificateurs ont étudié« l’analyse des écarts de capacités, la gestion de l’espace aérien, la lutte anti-drone et la guerre électronique ». Cette montée en puissance des drones arrive au moment où le SCAF déchire l’Europe face aux États-Unis qui injectent 9 milliards de dollars dans leur propre programme d’avion de combat.

African Lion 26 est le plus grand exercice annuel du commandement des États-Unis pour l’Afrique. L’opération s’est déroulée du 20 avril au 8 mai 2026 et a couvert le Ghana, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie. On parle de 5 600 militaires et civils de plus de 40 nations qui ont participé.
Il y avait également plus de 30 fabricants d’armes étasuniens qui ont profité de l’exercice pour tester leurs produits. Aussi bien des systèmes autonomes de commandement et de contrôle que des dispositifs anti-drones et des plateformes avancées de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.
Les robots et les drones épauleront les soldats
Les manœuvres ont aussi validé l’utilisation d’outils d’IA dans la sélection des cibles. Pendant ce temps, la France peine à faire avancer le Rafale F5 face aux contraintes budgétaires et au refus des Émirats arabes unis de financer le programme. En face, les États-Unis progressent.
Bref, le futur de la guerre se dessine. Les robots et les drones n’arrivent pas pour remplacer les soldats, mais pour prendre des risques à leurs place. Reste à voir si cette doctrine pourra s’imposer face à la complexité des terrains de combat.
Source : U.S. Army
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