Orange transformera ses 20 000 antennes en bouclier anti-drones pour défendre l’Europe

Orange a frappé un grand coup. Le mardi 17 mars 2026, l’opérateur a annoncé le lancement d’Orange Drone Guardian. Il s’agit d’un service de détection anti-drones qui repose sur ses propres antennes télécoms. Un bouclier anti-drones, en somme, accessible via abonnement et sans équipement à installer chez soi.

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Orange Drone Guardian
© Orange

On parle de près de 20 000 pylônes répartis sur tout le territoire français. Le principe est simple comme bonjour pour signaler les drones. Orange a déjà un réseau colossal d’antennes via sa filiale TOTEM. Ces 19 700 diffusent le signal mobile, en temps normal.

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Orange lance son abonnement pour repérer les drones suspects

Orange Drone Guardian les transforme aussi en supports pour capter les drones. Des capteurs analysent les balises émises par les drones, une sorte de plaque d’immatriculation aérienne. Ils repèrent leur identité, leur altitude et même la position du télépilote. La portée de détection se situe entre 6 et 20 km selon les conditions.

Il faut dire que la menace est bien là. Les survols de drones suspects au-dessus d’installations sensibles se multiplient en France. En décembre 2025, plusieurs drones ont survolé la base de sous-marins nucléaires de Brest. Une enquête judiciaire a été ouverte.

En février 2026, un drone « probablement russe » selon Stockholm a été neutralisé par l’armée suédoise près du porte-avions Charles de Gaulle en escale à Malmö. Les aéroports, les centrales nucléaires, les ports et les sites militaires sont aussi ciblés. Et jusqu’ici, les solutions anti-drones étaient réservées aux très gros budgets.

C’est précisément ce que change Orange Drone Guardian. Le service fonctionne en mode « as a Service ». En gros, les clients paient un abonnement mensuel et Orange s’occupe de tout. Pas de matériel à installer, pas de maintenance à gérer, pas d’investissement de départ. Facile.

Les données collectées par les capteurs remontent vers un centre de supervision à Rennes. Des experts les analysent en direct, 24 heures sur 24. Le traitement se fait sur Cloud Avenue SecNum, la plateforme cloud souveraine d’Orange certifiée par l’ANSSI. Tout reste en France, on est carré à ce niveau.

Orange sur le marché de la défense qui prend de l’ampleur.

Nassima Auvray, directrice Défense et Sécurité d’Orange Business, a déclaré être « fière de partager cette annonce […] qui illustre notre capacité d’innovation et notre engagement. ». Cette direction n’existe que depuis juin 2025. Orange Drone Guardian est son premier produit.

L’opérateur se positionne donc sur le marché de la défense. Un secteur très lucratif qui explose avec le réarmement européen. Wassila Zitoune-Dumontet, directrice générale d’Orange Business France, a confirmé que le carnet de commandes est déjà rempli. L’ambition est de 7 % de croissance annuelle sur ce segment.

Le service ne se limite pas à la détection de drones. Il l’identifie, le classifie et détermine s’il représente une menace. Ce tri est essentiel car tous les drones repérés ne sont pas toujours hostiles. Quelqu’un qui fait des prises aériennes pour sa chaîne YouTube, ce n’est pas le même risque qu’un engin de surveillance non identifié au-dessus d’une centrale.

Le logiciel de Command and Control intégré à la solution gère cette analyse automatiquement. Il fonctionne même en milieu urbain où le trafic radio complique la détection.

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Orange prépare d’autres produits défensifs

Orange pense même à l’avenir. La solution est conçue pour évoluer avec la 5G. À terme, le réseau mobile lui-même pourra détecter les drones par « radio sensing », sans capteur physique en plus. C’est une technique basée sur les signaux 5G qui rebondissent sur les objets volants pour les repérer. L’IA complétera notamment cet arsenal de défense pour modéliser les scénarios de menace.

Sauf que voilà, Orange Drone Guardian est une solution de détection, pas de neutralisation. L’opérateur n’abat aucun drone. Il donne l’information aux clients qui transmettent ensuite aux forces de l’ordre ou à leurs équipes de sécurité. En France, la neutralisation de drones reste une prérogative militaire ou policière. Il faut le garder en tête avant de souscrire. Le service est défensif, pas offensif.

Bref, Orange transforme un réseau de télécoms en une forme de surveillance aérienne. C’est une première en Europe et l’opérateur a un avantage structurel que personne ne copiera facilement. Il faut quand même plusieurs années pour bâtir 20 000 pylônes. Orange les a déjà sous la main, autant en profiter.

  • Orange lance Drone Guardian, un service par abonnement pour détecter les drones suspects à partir de son réseau d’antennes télécoms.
  • La solution repère l’identité, l’altitude et la position du télépilote avec une portée de 6 à 20 km, sans équipement à installer chez le client.
  • Drone Guardian est un outil de détection et d’analyse, mais il ne neutralise pas les drones.

Source : Orange

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