Pourquoi Tesla attaque en justice cette marque française de sodas ? Voici tout ce qu’il faut savoir

Un vendeur de sodas à Ajaccio bloque Tesla sur le nom « Cybercab ». Le constructeur a déposé une plainte en cinq points devant l’USPTO, l’office étasunien des marques. Il accuse la société Unibev de fraude et de squattage de marque. Sauf que voilà, le Français a déposé le nom avant Tesla. Pas de bol !

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Tesla Cybercab

Elon Musk aurait dû l’anticiper. Tesla se retrouve en guerre contre Unibev, une PME française qui distribue des boissons. Le motif est la marque « Cybercab », le nom du futur taxi autonome de Tesla. On parle d’un véhicule sans volant ou pédales dont les débuts à Austin n’ont pas été fameux. La production a débuté à l’usine texane le 17 février. Le problème, c’est que ce nom ne lui appartient pas.

Tesla attaque une société corse de sodas, voici la raison

Le document fait 170 pages et Tesla l’a déposé le 18 février 2026 devant le TTAB, la chambre d’appel de l’USPTO. Le constructeur estime qu’il y a 5 chefs d’accusation avec fraude, mauvaise foi, dilution de marque, risque de confusion avec la gamme « Cyber » et fausse association avec Tesla. Le tout pour récupérer un nom qu’Elon Musk a prononcé sur scène en octobre 2024 sans avoir pris la peine de le déposer. Ce qui a de quoi faire sourire de la part du milliardaire aux fausses promesses.

C’est là que l’affaire est gênante. Unibev qui est dirigée par Jean-Louis Lentali a déposé la marque « Cybercab » en France au printemps 2024. Soit plusieurs mois avant la conférence « We, Robot » du 10 octobre 2024. La PME a ensuite étendu le dépôt aux États-Unis à la fin du mois d’octobre. Tesla n’a déposé sa propre demande qu’en novembre. Trop tard. L’USPTO a suspendu la demande de Tesla le 14 novembre 2025 pour cause d’antériorité.

Tesla a un argument de poids. Sa gamme « Cyber » existe déjà. Le Cybertruck, dont les ventes sont catastrophiques, est un produit qui existe. L’USPTO a d’ailleurs refusé des dépôts comme « Cybercamper », « Cybertrailer » et « Cybervan » pour confusion avec Tesla. Le constructeur estime aussi qu’Unibev a menti à l’USPTO. La PME explique que personne n’utilisait le terme « Cybercab » pour des véhicules sauf que voilà, le nom circulait dans la presse depuis des mois.

Unibev squatte souvent les marques de Tesla

Il faut dire qu’Unibev ne fait pas dans la discrétion. La PME a déjà déposé trois marques « Teslaquilla » aux États-Unis. Tesla a dû renommer sa tequila en « Tesla Tequila » pour contourner le blocage. Unibev détient aussi les marques « Cybertaxi » et « Cyberquad ». Jean-Louis Lentali suit Elon Musk et sa famille sur les réseaux sociaux. L’argument de la bonne foi est difficile à défendre.

Pour rappel, l’USPTO a aussi refusé à Tesla la marque « Robotaxi » en mai 2025. Le terme a été jugé trop générique. Tesla se retrouve dans une impasse. Le nom de son produit phare pour le futur en plus d’Optimus appartient à un vendeur de sodas en Corse. “Robotaxi” est trop banal pour être protégé. Comment une entreprise de cette taille a oublié d’effectuer une demande toute bête ?

Cybercab Tesla

Le calendrier complique la situation. Tesla a sorti son premier véritable Cybercab le 17 février. La production en série est prévue pour avril 2026. Sauf que produire un véhicule dont le nom fait l’objet d’un procès est un risque commercial énorme. Le constructeur, qui a enterré ses Model S et Model X pour se concentrer sur les robotaxis et les robots Optimus, ne peut pas se permettre un retard.

Bref, Unibev a 60 jours pour répondre. Si la PME ne le fait pas, l’USPTO peut annuler la marque. Si elle se défend, la procédure risque de durer des mois. L’issue la plus probable reste un accord financier. Unibev cherche un rachat des droits. Déposer un nom. Attendre. Négocier un chèque. Une stratégie qu’a l’air de mener la société corse.

Tesla n’a même pas pris la peine de déposer le nom « Cybercab »

Unibev n’en est pas à sa première fois. La société embête Tesla de manière répétée sur des noms de produits. Mais le vrai responsable, c’est Tesla. Elon Musk a annoncé le Cybercab devant le monde entier sans sécuriser la marque. L’erreur est incompréhensible. D’autant que le constructeur traverse une crise en Europe avec des ventes en chute libre et un boycott qui fait des dégâts.

Cybercab Tesla

Et pour cause, les robotaxis de Tesla posent déjà des problèmes avant même l’arrivée du Cybercab. Les données de la NHTSA montrent 14 accidents en huit mois pour la flotte de taxis autonomes à Austin. Le taux de crash est quatre fois supérieur à la moyenne. Tesla refuse de publier les détails de chaque accident. Un problème de marque en plus de tout ça ne fait qu’alourdir le tableau.

L’affaire montre un problème de fond chez Tesla. Le constructeur annonce vite, promet gros et réfléchit après. Le Cybertruck en est l’exemple parfait, avec un prix qui ne cesse de baisser face aux ventes décevantes. L’entreprise promettait 800 km d’autonomie et résultat, c’est 515 km. Et ne parlons pas des sept rappels en un an à peine.

  • Unibev, une société d’Ajaccio, a déposé « Cybercab » avant Tesla, et bloque la marque aux États-Unis.
  • Tesla a saisi le TTAB de l’USPTO le 18 février 2026 avec une plainte en cinq points pour récupérer « Cybercab ».
  • Le litige arrive en pleine production, Tesla a sorti un premier Cybercab de présérie le 17 février et vise une production en série en avril 2026.

Source : Electrek

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