En 2040, les cartes graphiques deviendront des produits de luxe à cause d’une pénurie de cuivre

Les derniers chiffres des analyses de S&P Global ont de quoi inquiéter. La demande mondiale de cuivre atteindra 42 millions de tonnes d’ici 2040, soit une augmentation de 50 %. Le problème, c’est que la production ne peut pas suivre, puisqu’elle plafonnera autour de 33 millions de tonnes vers 2030. Le déficit sera donc de près de 10 millions de tonnes. Autrement dit, le monde va manquer de cuivre.

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© Unplash

C’est dans cette optique que beaucoup de produits risquent d’être très coûteux, notamment les cartes graphiques. Et c’est déjà le cas, ce qui pousse notamment Nvidia à ressortir d’anciens GPU du placard ou pire, à les brider à 8 Go de RAM.

Une crise du cuivre se prépare avec des prix qui vont flamber

Et le déficit qui va frapper le cuivre est une impasse. Il faut en moyenne 17 ans pour ouvrir une nouvelle mine de cuivre entre la découverte du gisement et la première extraction. Certains projets s’étalent même sur 25 ans. Face à la demande qui explose, l’industrie minière n’a tout simplement pas la fenêtre de tir nécessaire pour réagir. Et n’oublions pas les obstacles comme la baisse de la teneur en minerai dans les gisements, la hausse des coûts d’extraction, les incertitudes géopolitiques.

Pour satisfaire la demande d’ici 2030, il faudrait la création de 80 nouvelles mines et plus de 250 milliards de dollars d’investissements. Le président de Codelco, premier producteur mondial de cuivre, anticipe un déficit de 6 à 7 millions de tonnes par an sur la prochaine décennie. L’explosion de la demande en cuivre n’est pas un hasard, puisque c’est l’électrification de nos sociétés qui explique tout.

Par exemple, les véhicules électriques représenteront 55 % de l’augmentation de la demande selon Wood Mackenzie. Un modèle électrique contient entre 60 et 80 kg de cuivre contre 20 kg pour un équivalent thermique. Les infrastructures de recharge, les panneaux solaires et autres éoliennes engloutissent eux aussi d’énormes quantités de ce métal.

L’IA est le grand responsable de cette future crise

Mais comme pour la RAM, le coupable n’est autre que l’IA. Les centres de données qui font tourner les modèles génératifs sont très gourmands en cuivre. Tous les serveurs GPU, câbles d’alimentation et de connexion reposent sur ce métal. OpenAI, à qui l’on doit ChatGPT, a récemment signé des contrats de plus de 1 400 milliards de dollars pour construire de nouvelles infrastructures de calcul. Google, Meta, Amazon ou encore Microsoft investissent aussi des milliards dans leurs centres de données. Bref, une frénésie qui consomme du cuivre à grande échelle.

Bien évidemment, les consommateurs paieront les pots cassés. Les câbles électriques, les composants informatiques, les cartes graphiques, tout ce qui contient du cuivre va coûter plus cher. Et le recyclage ne suffira pas à combler le déficit. Le cuivre est déjà recyclé à plus de 80 % dans le monde, mais les quantités récupérées ne représentent qu’environ un tiers de la consommation totale. Si l’on se base sur le scénario le plus optimiste, le recyclage ne pourrait même pas couvrir un tiers de l’offre en 2040 selon S&P Global.

Alors quel espoir ? Peut-être que de nouvelles technologies réduiront notre dépendance au cuivre. Par exemple, la photonique silicium qui utilise la lumière au lieu du cuivre pour les connexions. Mais malheureusement, si cette technologie venait à arriver, ce ne serait pas avant longtemps.

  • Le monde va manquer de cuivre d’ici 2040 avec un déficit estimé à près de 10 millions de tonnes.
  • L’électrification et l’IA font exploser la demande tandis que l’ouverture de nouvelles mines prend trop de temps.
  • Les prix des cartes graphiques et produits électroniques vont fortement augmenter.

Source : S&P Global

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