C’est une première en 5 ans, Nvidia n’a annoncé aucune nouvelle carte graphique lors de son keynote du CES 2026. Sans surprise, le constructeur a consacré l’intégralité de sa présentation à l’IA et aux supercalculateurs. Les joueurs sont donc laissés sur le carreau.

Pire encore puisque lors d’une session de questions-réponses, Jensen Huang n’exclut pas que l’entreprise envisage de relancer la production de la RTX 3060, une carte graphique vieille de 5 ans. Quand le leader mondial des GPU en vient à ressusciter ses anciens modèles, c’est que la situation du marché gaming a atteint un niveau critique, alors que les PS6 et Steam Machines pourraient être repoussées suite à la crise de la RAM.
Nvidia envisage de ressortir la RTX 3060 du placard
La question a été posée par Paul Alcorn, rédacteur chez Tom’s Hardware US. Désormais, le prix des cartes graphiques atteint des sommets, puisque l’on parle de RTX 5090 qui se négocie jusqu’à 4 000 dollars chez certains revendeurs. Résultat, les joueurs n’ont plus les moyens financiers de suivre.
Ne serait-il pas judicieux de relancer la production sur d’anciens nœuds de fabrication ? Après tout, les capacités sont plus disponibles. Jensen Huang admet que cette approche est « réalisable », et que c’est même « une bonne idée ». Le PDG de Nvidia, qui estime que l’IA remplacera tous les métiers, n’a pas balayé cette suggestion d’un revers de main, ce qui en dit long sur l’impasse dans laquelle se trouve l’entreprise.
Comme expliqué précédemment, la crise de la RAM frappe de plein fouet l’industrie technologique, dont les cartes graphiques. Les prix de la DDR5 s’envolent et les SSD suivent la même trajectoire. Les fabricants peinent donc à s’approvisionner en composants et selon certains rapports, Nvidia envisagerait de réduire sa production de GPU gaming de 40 % en 2026 pour faire face aux pénuries.
La gamme RTX 50 Super serait retardée, voire annulée. Quant à la prochaine génération RTX 60, elle pourrait ne pas voir le jour avant le second semestre 2027. Les joueurs qui espéraient mettre la main sur des cartes graphiques abordables voient leurs espoirs douchés.

Rappelons que la RTX 3060 reste la carte graphique la plus utilisée sur Steam, alors que, pour le système d’exploitation, c’est Windows 11. Pourtant, sa production s’est arrêtée progressivement il y a plus d’un an. Son retour potentiel n’est cependant pas une solution miracle, puisque son architecture, en partie, l’empêche de bénéficier des fonctionnalités matérielles récentes comme le multi-frame generation, les neural shaders, ou encore le rendu neuronal avancé. Ces capacités sont réservées aux puces Blackwell et il n’est pas possible de les ajouter via une mise à jour logicielle.
Jensen Huang a évoqué la possibilité théorique d’intégrer certaines fonctionnalités récentes comme le DLSS 4.5 aux anciennes architectures. Mais le dirigeant de Nvidia a tempéré cette possibilité en expliquant que cela demande un énorme investissement en recherche et développement. Les tests montrent d’ailleurs que l’activation du DLSS 4.5 sur des GPU des séries RTX 20, RTX 30 et RTX 40 entraîne des baisses de performance de plus de 20 % par rapport à l’implémentation native sur Blackwell. L’architecture FP16 de ces anciennes générations n’est pas capable de rivaliser avec le FP8 des puces actuelles.
L’IA est l’avenir de Nvidia, les joueurs n’ont plus leur place
Le plus inquiétant, c’est peut-être la vision à long terme de Jensen Huang. A propos de l’avenir des graphismes dans les jeux vidéo, le PDG est catégorique : « Le futur, c’est le rendu neuronal. C’est le DLSS. C’est comme ça que les graphismes fonctionneront ». Désormais, Nvidia mise tout sur l’IA pour générer des images. Les pixels ne sont plus calculés comme autrefois et c’est cette technologie qui s’en occupera. On parle de performances spectaculaires jusqu’à 500 images par seconde sur le papier. De facto, les propriétaires de matériel plus ancien sont exclus.
Nvidiaparle plus précisément de trois utilisations principales des RTX Neural Shaders : La compression neuronale des textures, les matériaux neuronaux et le cache de radiance neuronale. Jensen Huang annonce que les shaders actuels seraient progressivement remplacés par des shaders neuronaux pour modifier le pipeline de rendu graphique. Pour les joueurs, cela signifie une plus grande dépendance aux Tensor Cores et aux mises à jour logicielles de Nvidia. Si les développeurs adoptent massivement ces technologies, une fragmentation du marché entre générations de GPU est inévitable.
Le message envoyé par Nvidia au CES 2026 est limpide. L’entreprise ne se considère plus comme un fabricant de cartes graphiques gaming, mais comme une entreprise d’infrastructures de centres de données. Désormais, les joueurs ne sont plus la cible stratégique d’autrefois. Le marché de l’IA génère des marges bien plus confortables et les ressources de production se sont réorientées en conséquence. Alors ressortir la RTX 3060 des cartons n’est pas un geste commercial généreux envers les joueurs au petit budget. C’est un aveu d’échec de Nvidiaqui n’a rien d’autre à leur proposer.
- Au CES 2026, NVIDIA n’a annoncé aucune nouvelle carte graphique et a consacré son keynote à l’IA et aux supercalculateurs, laissant les joueurs sur le carreau.
- Jensen Huang n’exclut pas de relancer la production de la RTX 3060, alors que certaines RTX 5090 se négocient jusqu’à 4 000 dollars et que la crise de la RAM frappe le marché.
- Selon certains rapports, NVIDIA envisagerait de réduire sa production de GPU gaming de 40 % en 2026 et de repousser RTX 50 Super et RTX 60, tout en misant sur le rendu neuronal via DLSS et RTX Neural Shaders.
Source : Tom’s Hardware US
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