« Onde de choc » : Tesla provoque la mort d’une jeune femme et doit payer 243 millions de dollars

Tesla a été condamné à verser plus de 243 millions de dollars par un tribunal de Miami à cause d’un accident mortel qui implique son système Autopilot. Une décision historique qui pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites contre l’entreprise d’Elon Musk.

Tesla Elon Musk
© Alexander Migl

Tesla est dans une très mauvaise passe en termes de vente et cette condamnation n’arrange rien. Le jury fédéral estime que Tesla a une grande responsabilité dans un accident mortel qui a eu lieu en Floride malgré la négligence du conducteur. La condamnation survient alors qu’Elon Musk cherche à convaincre les Américains que ses véhicules autonomes sont suffisamment sûrs malgré les débuts catastrophiques des robotaxis à Austin.

L’Autopilot de Tesla provoque la mort d’une jeune femme

L’affaire a eu lieu en 2019 sur une route rurale de Key Largo. George McGee était distrait par son téléphone portable et a alors percuté un Chevrolet Tahoe où se trouvait un jeune couple, le tout à 100 km/h. Naibel Benavides Leon, âgé d’à peine 22 ans, est décédé et son petit ami Dillon Angulo a subi de graves blessures.

Il s’agit d’un tournant car peu d’affaires comme celle-ci contre Tesla arrivent à un procès. La plupart sont classées ou réglées à l’amiable par l’entreprise pour éviter une mauvaise presse. « Cela va ouvrir les vannes », prédit Miguel Custodio, avocat spécialisé dans les accidents automobiles non impliqué dans cette affaire. « Cela va encourager beaucoup de gens à saisir la justice. »

Le procès montre les méthodes très troublantes de Tesla dont le business est en danger suite à la nouvelle loi budgétaire de Donald Trump. Les avocats des victimes expliquent que l’entreprise a caché et perdu des éléments comme les données, les vidéos enregistrées quelques secondes avant l’accident. Les plaignants ont finalement récupéré ces preuves en engageant un expert, et la firme automobile explique qu’elle a commis une erreur de bonne foi. Le jury a décidé d’accorder 200 millions de dollars de dommages punitifs et 43 millions compensatoires. La somme totale s’élève donc à 243 millions de dollars.

« Une onde de choc dans l’industrie »

« C’est un montant important qui va créer une onde de choc dans l’industrie », commente Dan Ives, analyste financier chez Wedbush Securities. Tesla conteste évidemment cette décision dans un communiqué : « Le verdict d’aujourd’hui est faux et ne fait que retarder la sécurité automobile et compromettre nos efforts et celles de toute l’industrie pour développer des technologies qui sauvent des vies », déclare l’entreprise.

L’avocat principal des plaignants, Brett Schreiber, pointe du doigt le terme « Autopilot » utilisé par Tesla, qui prépare un nouveau Model Y. Il accuse le constructeur de tromper les consommateurs car la technologie ne fait qu’assister le conducteur pour changer de voie et freiner. « Les mots ont de l’importance », souligne Brett Schreiber. « Et si quelqu’un joue avec les mots, il joue avec l’information, il est fautif. »

Selon lui, les autres constructeurs utilisent des termes peu clairs comme « assistance conducteur » qui provoquent confusion et confiance trop excessive dans cette technologie. Brett Schreiber maintient que Tesla est responsable, même si George McGee a grillé des feux clignotants et un stop avant l’impact. L’avocat accuse l’entreprise d’encourager ces comportements imprudents en ne désactivant pas automatiquement l’Autopilot dès les premiers signes de distraction et en autorisant son utilisation sur des routes qui ne sont pas adaptées.

George McGee explique à la barre : « J’ai trop fait confiance à la technologie, je croyais que si la voiture voyait quelque chose devant elle, elle m’avertirait, freinerait. » Tesla compte faire appel de cette décision.

  • Un tribunal de Miami condamne Tesla à verser 243 millions de dollars après un accident mortel impliquant l’Autopilot, un verdict inédit qui pourrait encourager d’autres plaintes.
  • L’entreprise est accusée d’avoir dissimulé des preuves et de tromper les consommateurs avec le terme « Autopilot », alors que la fonction n’est qu’une assistance à la conduite.
  • Ce revers judiciaire survient dans un contexte commercial difficile pour Tesla, et la marque conteste la décision, affirmant qu’elle freine l’innovation en matière de sécurité automobile.

Source : NY Post

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