Une conversation privée prouve qu’Elon Musk ment sur la conduite autonome depuis le début

Une fois n’est pas coutume, Elon Musk a encore menti selon des échanges privés de 2021 partagés par Electrek. Dedans, le dirigeant de Tesla admet qu’une technologie qui combine vision et un radar haute résolution ferait bien mieux que seule la vision. Sauf que cette déclaration contredit totalement ses prises de parole publiques contre l’usage du radar et du lidar.

Elon Musk
© NORAD and USNORTHCOM Public Affairs (Wikipédia)

Elon Musk ment, ça n’a rien d’une surprise. Son passé parle pour lui, et le milliardaire ne cesse d’exagérer la conduite autonome. Dans ces messages privés, le PDG de Tesla juge que la vision seule est plus sûre qu’un montage avec un radar classique. Mais le dirigeant du constructeur automobile admet qu’une vision épaulée par un radar haute définition serait supérieure.

Elon Musk a menti sur la conduite autonome selon ces messages privés

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© Electrek

Elon Musk explique aussi qu’un tel dispositif n’existe pas, sauf que Tesla a déposé en 2022 des documents sur un « HD radar » auprès de la FCC. En 2023, des dossiers déclassifiés ont confirmé la présence d’un nouveau module radar dans le Hardware 4. Le timing a de quoi interroger alors que Tesla prend d’autres décisions incompréhensibles comme le refus de lancer le Model Y L en Europe et aux États-Unis.

Les messages divulgués remontent au moment où Tesla a retiré le radar de ses voitures. À partir de mai 2021, les Model 3 et Model Y en Amérique du Nord sont passés à Tesla Vision, puis les Model S et Model X ont suivi l’année d’après. Tesla expliquait pourtant depuis 2016 que ses véhicules embarqueraient tout le nécessaire pour la conduite autonome avec un unique radar frontal. En 2022, des dépôts auprès de la FCC montrent le retour d’un radar de nouvelle génération. En 2023, des véhicules équipés du Hardware 4 ont été démontés et montrent la présence du composant qui n’est pas activé au niveau du logiciel.

La comparaison avec l’approche multi-capteur de Waymo est au cœur des débats alors que l’ancien dirigeant de l’entreprise estime que Tesla ne fait pas de conduite autonome à proprement parler. Waymo a une suite de capteurs avec caméras, LiDAR et 6 radars sur sa 6e génération. Ses voitures autonomes opèrent sans conducteur à Phoenix, San Francisco et Los Angeles. On trouve 1500 véhicules en flotte commerciale et de nouveaux permis d’essai ont été délivrés notamment à New York avec un opérateur de sécurité au volant comme l’exige la loi.

Les robotaxis de Tesla ont beaucoup de mal à rouler de manière autonome

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Tesla

Pourtant, Elon Musk ne cesse de dire que les LiDAR et les radars réduisent la sécurité. Pire encore, le milliardaire, qualifié de « narcissique » par sa fille, estime même que les véhicules électriques Waymo sont incapables de rouler. Et c’est là toute l’ironie de la situation puisque pour Tesla : le lancement des robotaxis à Austin en juin 2025 est loin de s’être bien passé. D’abord, il y a un employé de Tesla au siège avant pour superviser les trajets et le nombre d’utilisateurs est limité par invitation. Tesla a aussi confirmé auprès des autorités que sa technologie est une assistance à la conduite de niveau 2. Il ne s’agit pas de véhicules totalement autonomes. Et c’est encore pire lorsque les conditions météorologiques sont difficiles puisque ces modèles ont du mal à rouler selon de récents échanges avec la NHTSA.

Les partisans de la fusion de capteurs rappellent que chaque technologie a ses faiblesses et que les utiliser ensemble réduit les angles morts statistiques. Pour Elon Musk, cette fusion crée des conflits et diminue la sécurité. Sauf que dans les messages dévoilés par Electrek, le milliardaire concède noir sur blanc qu’un radar haute définition a de l’intérêt. En 2025, Tesla n’a toujours pas dépassé le niveau 2 d’assistance alors que BYD ne cesse de faire mieux.

L’entreprise mène toujours ses démonstrations sous supervision à Austin et souhaite s’étendre notamment à San Francisco. Quant à l’Europe, la venue des robotaxis est déjà programmée. Reste à savoir si une personne sera présente dans l’habitacle pour superviser les trajets. Waymo, Baidu et d’autres entreprises déploient des services sans conducteur dans des périmètres définis avec caméras, radars et LiDAR. Les messages d’Elon Musk montrent donc une totale contradiction chez lui.

  • Des échanges privés de 2021 dévoilés par Electrek montrent qu’Elon Musk reconnaissait en interne qu’une vision couplée à un radar haute résolution serait supérieure à la seule vision. Pourtant, publiquement, il rejetait l’usage du radar et du lidar.
  • Tesla a supprimé le radar de ses voitures en 2021, avant de réintroduire discrètement un module « HD radar » dans le Hardware 4 en 2023, contredisant le discours officiel.
  • Contrairement à Waymo (caméras, lidar et plusieurs radars, flotte commerciale sans conducteur), Tesla reste limité au niveau 2 d’assistance, avec des robotaxis supervisés à Austin. Les messages exposent donc une contradiction flagrante dans la communication de Musk.

Source : Electrek

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